François Bayrou : un bouclier santé pour les revenus les plus faibles
La santé reste un thème peu abordé dans les programmes des candidats à l'élection présidentielle. Pourtant elle reste un des principaux sujets de préoccupation des Français. Nous avons posé sept questions, identiques, aux six candidats en tête des sondages. Avenir de l'hôpital, remboursement des médicaments, dépendance, inégalité des soins, bulletin de santé du président de la République... Des questions qui apparaissent rarement dans les meetings et les interviews.
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Sept questions à François Bayrou
François Bayrou
Sept questions à François Bayrou, candidat du MoDem :
François Bayrou : "Je vais bien, merci. Je me dope aux kiwis pour garder la forme !"
François Bayrou : "Une de mes premières mesures sera de mettre en place une Autorité indépendante, sur le modèle de l'Autorité de sûreté nucléaire, chargée de l'alerte et constituée d'experts totalement indépendants.
"Dès 2007, j'avais inscrit dans mon programme cette proposition qui était passée inaperçue et qui est pourtant essentielle à mes yeux. Avec le sang contaminé, l'amiante, maintenant le Mediator et les prothèses mammaires PIP, disent l'urgence de se doter d'une telle structure. Sa mission sera unique : déclencher l'alerte à temps avec des éléments tangibles. Aujourd'hui, si vous saisissez l'Afssaps, ce sont les mêmes personnes qui sont à la fois juge et partie ! Cette autorité permettrait de découpler les deux et pourrait être saisie aussi bien par les patients que par les médecins, et par les pharmaciens."
François Bayrou : "Je n'ai pas voté la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoires) que j’ai trouvée mal conçue et mal préparée. Elle s'est inscrite dans une logique trop exclusivement gestionnaire, sans répondre en priorité aux besoins des Français. Il faut profondément la modifier pour passer d'une logique purement gestionnaire et administrative à une construction en réseau sur le territoire qui donne la priorité aux patients et aux médecins.
"Nous devons rendre confiance aux médecins hospitaliers et de ville en reconnaissant la primauté de l'acte médical sur les contraintes administratives. Je crois enfin que nous devons aller vers une rémunération à deux composantes, d'un côté le paiement à l'acte et de l'autre la rémunération pour respect d'objectifs de santé publique."
François Bayrou : "La seule logique comptable nous conduit à un système de santé à deux vitesses où, d'un côté il y a ceux qui disposent de moyens pour payer plus, et de l'autre ceux qui sont obligés de sacrifier en partie leur santé. Supprimer les prises en charges à 100 % d'un revers de main appartient à cette logique qui n'est pas mienne."
François Bayrou : "Pour les personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer, comme pour toutes les personnes en situation de dépendance, je suis favorable - dans le respect de l'équilibre des comptes - à la mise en place d'un dispositif de prise en charge du "cinquième risque", qui doit évidemment faire appel à la solidarité nationale pour que les plus modestes puissent aussi être couverts. Le financement de la dépendance doit donc être vu globalement en s'appuyant sur la solidarité nationale et la mutualisation du risque.
"Ce plan "Face à la dépendance" s'appuiera sur le travail des médecins, des associations, de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie. Il fera jouer recherche médicale et pharmacologique, amélioration de la prise en charge dans les maisons de retraite et les hôpitaux, construction d'une offre plus abordable pour les familles, appui aux aidants et mise en œuvre de la solidarité nationale."
François Bayrou : "L'accès aux soins est aujourd'hui fragilisé par deux aspects : la montée inquiétante de la précarité ainsi que l'inégalité d'accès aux soins. Pour le premier des deux, je propose un Bouclier santé pour toutes celles et ceux qui n'ont plus les minimas sociaux mais qui disposent de revenus très faibles les obligeant parfois à sacrifier leur santé, parce qu’ils ne peuvent pas payer une mutuelle. Ce Bouclier, j'en ai la conviction, peut être financé en gérant autrement l'argent consacré aujourd'hui à l'aide complémentaire santé.
"Pour le deuxième aspect, je souhaite remédier aux déserts médicaux en définissant un nouveau numerus clausus médical avec des places supplémentaires, assorties d'un engagement de service de quelques années dans une région déficitaire. Cela permettrait à des jeunes qui ont la vocation médicale, d'exercer là où on en a le plus besoin. Une autre idée assez proche a été évoquée qui mérite sans doute d'être explorée : une redéfinition de l’internat classant national en grandes régions avec engagement de service d'une durée de l'ordre de 5 ans."
François Bayrou : "Oui ! C’est une question de vérité et de transparence. L'information sur mon état de santé sera publique et régulière, et comprendra tous les examens médicaux qui me seront prescrits par mon médecin."
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Son programme santé
François Bayrou, candidat du MoDem à l'élection présidentielle, propose de "créer un bouclier santé pour les plus fragiles", les personnes dont les revenus sont juste au-dessus des minima sociaux et qui ne bénéficient pas des remboursements à 100 % de la CMU, en s'inspirant du modèle de mutuelle universelle en vigueur dans le régime particulier d'Alsace-Moselle.
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