Comment sont fabriquées les poches de nutrition ?

Quand les enfants présentent des troubles digestifs qui nécessitent une alimentation artificielle, des poches de nutrition doivent être prévues. Des poches prescrites, fabriquées à la demande et commandées chaque matin par le médecin, qui en détermine le dosage selon les besoins de chaque patient. La fabrication de ces poches se fait dans le respect d'une procédure très stricte et très contrôlée.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le
Explications sur le processus de fabrication des poches de nutrition parentérale.
Explications sur le processus de fabrication des poches de nutrition parentérale.

La poche de nutrition est fabriquée sur place dans la pharmacie de l'hôpital. La première étape est la mise en condition. Gants, bottes, manchettes et combinaison stérile anti-poussière sont nécessaires pour éviter tout risque de contamination comme l'explique Guy Benoît, chef du service pharmacie de l'hôpital Armand Trousseau : "Les tissus transportent des particules. Et ce sont sur ces particules que sont véhiculés les germes. Nous devons donc utiliser une tenue adaptée, stérile et ne relarguant pas de particules donc limitant le risque de contamination". Le but est de franchir chaque étape en évitant au maximum le risque d'une contamination bactérienne. Il s'agit donc de limiter les manipulations manuelles.

Les poches sont fabriquées et remplies par une machine. Un automate prélève dans des flacons le volume nécessaire à la fabrication de la poche de l'enfant. Mais le danger se niche dans les détails. Remplacer une bouteille vide par exemple représente une porte ouverte aux germes. À chaque fois le pharmacien doit changer ses gants, désinfecter la bouteille avant de la manipuler.

Une fois le remplissage de la poche terminé, un échantillon permet de vérifier une dernière fois la composition chimique de la poche. "Le risque, c'est qu'il y ait eu une erreur de flacon au moment de l'installation de l'automate et que cela induise une erreur dans la composition de la poche au final", confie Guy Benoît.

Une fois la poche prête à l'emploi, la présence d'une bactérie peut encore être possible. Un dernier test doit encore être effectué, les résultats ne seront connus que 48 heures après, c'est-à-dire bien après avoir été injecté au patient.

À chaque changement de poche du patient, si le geste est simple, il est pourtant très dangereux. L'enfant risque en effet une septicémie à chaque changement de poche. Les infirmières doivent donc prendre des précautions pour éviter le moindre risque infectieux.

La moindre erreur au moment de l'administration des poches peut avoir de graves conséquences, d'où l'importance de respecter le protocole. Les accidents sont d'ailleurs exceptionnels.

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