Cellules souches embryonnaires : le premier essai clinique abandonné

Victime de la crise, l'entreprise de biotechnologie Geron a décidé d'arrêter son essai clinique sur les cellules souches pour la paralysie. Il s'agissait du premier essai sur ce type de thérapie.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

- Interview du Pr. Marc Peschanski le 12 octobre 2010, invité dans "Le Magazine de la santé", sur France 5 -


Le laboratoire de biotechnologie américain Geron a déclaré le lundi 14 novembre 2011 au soir l'arrêt de son essai clinique de phase I GNROPC1 sur les cellules souches embryonnaires pour les paralysés faute d'argent. En 2010, le Magazine de la Santé avait invité le Pr. Marc Peschanski, chercheur à l'Inserm et directeur de l'Institut I-Stem sur les cellules souches, pour parler du démarrage de l'étude.

Il s'agissait du premier essai clinique utilisant des cellules souches embryonnaires pour traiter les lésions de la moelle épinière. Les chercheurs de l'entreprise avaient auparavant réussi à rétablir des fonctions motrices sur des souris présentant des lésions au niveau de la colonne vertébrale. Sans vouloir espérer obtenir des résultats similaires chez l'homme, le traitement devait au moins limiter les risques d'une aggravation de la paralysie.

Devant recruter à la base une dizaine de patients, Geron a confirmé qu'il n'y aurait pas de nouveaux patients intégrés dans l'étude mais que les quatre qui étaient présents, seraient toujours suivis. Le traitement semblait d'ailleurs être bien toléré (un essai clinique de phase I vérifie la non-innocuité d'un médicament). En raison de la complexité du type de lésion, John Martin, professeur de médecine cardiovasculaire à l'université du College London, avait déclaré que les chances de succès de l'étude étaient quasi nulles.

Face à la crise économique qui rend l'avenir des investissements incertain, l'entreprise californienne a décidé de se recentrer sur le développement de deux traitements oncologiques en phase II.

La fondation Christopher et Dana Reeve, qui a investi de nombreuses sommes d'argent dans de potentiels traitements pouvant guérir le premier Superman de l'histoire du cinéma, n'a pas fait de déclaration.

Source : AFP
Animation : Geron corporation, Journal of neuroscience, Keirstead et Alii

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