Traumatisme crânien : Jules Bianchi souffre d'une lésion axonale

Le pilote de Formule 1, Jules Bianchi, a été victime d'une lésion axonale, un cas de figure que l'on retrouve dans plus de 50% de traumatismes crâniens graves.

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Photo : Jules Bianchi en 2012, sur le circuit des Nürburgring World series (cc-by-sa Henry Mineur) - Vidéo : entretien avec le Dr Georges Abi Lahoud, neurochirurgien

La matière blanche est composée essentiellement des faisceaux de fibres nerveuses (axones des cellules nerveuses), entourées d'une gaine de myéline protectrice. La myéline agit comme un isolant qui facilite la transmission des signaux transmis par les fibres nerveuses. 

La matière grise contient le corps des cellules nerveuses (neurones). Ce sont les fibres nerveuses de la substance blanche qui connectent les différentes régions de la matière grise et qui conduisent l'influx nerveux entre les neurones.

Lors d'un traumatisme crânien, deux mécanismes sont simultanément mis en jeu dans les 200 millisecondes suivant l'impact.

À partir de l'impact sur le crâne se dissipe une "onde de choc" de la superficie vers la profondeur du cerveau qui engendre des contusions, auxquelles s'ajoute un effet d'inertie résultant de mouvements de la tête d'accélération et d'arrêt (décélération).

La lésion axonale diffuse (LAD) résulte de la conjugaison de ces deux effets qui provoquent des lésions de torsion et d'étirement des axones. La violence du traumatisme peut aller jusqu'à provoquer des lésions de cisaillement sur ces fibres.

Le diagnostic peut être mis en évidence avec des examens d'imagerie, notamment grâce à l'imagerie par résonance magnétique (IRM), qui permet de mieux distinguer les lésions axonales diffuses dès la phase initiale du traumatisme. L'étirement des axones peut aussi provoquer des lésions sur des micro-vaisseaux, responsables de micro-hémorragies, visibles au scanner en cas de confluence.

La sévérité de l'atteinte axonale diffuse s'exprime d'abord par la durée de la perte de connaissance (plus de 6 heures).

Une atteinte au niveau du tronc cérébral, partie du système nerveux central servant de relais entre les structures de l'encéphale et la moelle épinière, et du corps calleux, structure constituée de substance blanche réunissant les deux hémisphères cérébraux, serait plus fréquemment de mauvais pronostic pour l'évolution du traumatisé.


 

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