Pas de hausse des ventes d'anxiolytiques depuis les attentats ?

Contrairement aux informations publiées ces derniers jours, les Français ne se seraient pas rués sur les anxiolytiques après les attentats… Leur vente serait même stable depuis un an, selon l'Ordre national des pharmaciens. Une information que dément la société Celtipharm, à l'origine des premiers résultats.

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Pas de hausse des ventes d'anxiolytiques depuis les attentats ?
Pas de hausse des ventes d'anxiolytiques depuis les attentats ?

L'information a été largement relayée ces derniers jours : les prescriptions d'anxiolytiques et de somnifères auraient explosé depuis les attentats à Paris. Pourtant, ces déclarations seraient fausses, selon l'Ordre national des pharmaciens. L'Ordre dément les conclusions de l'étude menée par la société Celtipharm, qui mettait en avant une augmentation de 18,2% des ventes de ces médicaments. "Cette hausse est le signe de l'impact anxiogène de ces évènements tragiques" avait alors déclaré la société le 15 janvier dernier.

Consommation d'anxiolytiques en France (Source : Ordre national des pharmaciens)

Les données de Celtipharm se basaient sur des relevés faits entre le 9 et le 13 janvier, comparé à celles des 6 semaines précédentes . L'Ordre s'est quant à lui plongé dans les dossiers informatisés des patients sur un an, de janvier 2014 à janvier 2015. Résultat : pas de hausse de la délivrance d'anxiolytiques et de somnifères sur la période des attentats… Dès la publication de ses conclusions, Celtipharm avait reconnu que ses données "n'étaient pas consolidées, car (réalisées) sur un temps très court".

Pourquoi de telles différences ?

Les deux méthodes de calculs ne sont pas comparables. Selon Celtipharm, qui confirme aujourd'hui ses chiffres, "les deux études sont complémentaires". Quand l'Ordre ne se penche que sur la vente d'anxiolytiques, la société elle s'intéresse aussi à celle des somnifères.

Celtipharm rappelle d'ailleurs que l'Ordre des pharmaciens ne se fie qu'au dossier informatisé des patients, diffusé uniquement avec l'accord des malades… Alors que, pour Celtipharm, leur étude "n'est en rien un sondage ou une évaluation, mais une mesure objective de 100% des ventes réalisées par les pharmacies du panel Celtipharm", soit près de 4.800 pharmacies. Leurs résultats seraient-ils donc plus fiables ? "Nous avons fait une observation à court terme, il ne faut surtout pas en tirer une conclusion à long terme" indique la société. En réponse, l'Ordre des pharmaciens rapelle que chaque année, le début du mois de janvier est caractérisé par une augmentation de la consommation d'anxiolytiques...

Une chose est sure : "Nous avons une observation d'un fait - ce n'est pas un lien de causalité quelconque démontré" avec les attentats, conclut Celtipharm.

 

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