Marine Le Pen : suppression progressive du numerus clausus

La santé reste un thème peu abordé dans les programmes des candidats à l'élection présidentielle. Pourtant elle reste un des principaux sujets de préoccupation des Français. Nous avons posé sept questions, identiques, aux six candidats en tête des sondages. Avenir de l'hôpital, remboursement des médicaments, dépendance, inégalité des soins, bulletin de santé du président de la République... Des questions qui apparaissent rarement dans les meetings et les interviews.

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Marine Le Pen : suppression progressive du numerus clausus
Marine Le Pen : suppression progressive du numerus clausus
Sommaire

Sept questions à Marine Le Pen

Sept questions à Marine Le Pen, candidate du Front national :

Marine Le Pen 2012
  • Comment allez-vous ? Comment faites-vous pour garder la forme pendant cette campagne présidentielle ?

Marine Le Pen : "Comme vous avez pu le constater, je vais très bien, malgré l'effort digne d'un marathonien que demande la campagne présidentielle. J'ai l'habitude de dire que je suis en titane. Pour garder ma forme, je m'impose une discipline physique en préservant un maximum d'heures de sommeil, en surveillant mon alimentation et en concentrant mon énergie sur les choses essentielles.

"J'ai aussi une discipline mentale en ne me laissant jamais déborder par les problèmes immédiats, et en prenant régulièrement des moments de recul afin de rester sur la ligne que je me suis fixée dans mon combat pour les Français."

  • Quelle sera votre première réforme santé si vous êtes élue ?

Marine Le Pen : "De transférer immédiatement au Parlement le contrôle budgétaire complet de la protection sociale française. En effet, il est inadmissible qu'un budget supérieur au budget de l'Etat ne puisse être démocratiquement contrôlé par les représentants des Français, et soit laissé à la seule gestion manifestement catastrophique du patronat de Mme Parisot et des syndicats. Les conséquences de ce manque de contrôle ont abouti actuellement à un rationnement et une inégalité inadmissibles des prestations en matière de santé, mais aussi familiales ou de retraite."

  •  Reviendrez-vous sur la tarification à l'activité à l'hôpital ?

Marine Le Pen : "La tarification à l'activité à l'hôpital a eu au moins le mérite de privilégier la qualité des soins par rapport à leur quantité. Mais cette réforme a été mal anticipée, mal appliquée et à ce jour elle étrangle les hôpitaux. Il conviendra donc d'en garder l'esprit et de prévoir un mode de financement complémentaire permettant une adéquation entre soins de qualité également pour tous et équilibre financier."

  • Les affections de longue durée (ALD) concernent 15 % des assurés et représentent 60 % des remboursements et ces chiffres sont en constante augmentation. Comptez-vous supprimer la prise en charge à 100 % d'autres maladies chroniques comme cela a été fait en juin 2011 pour l'hypertension artérielle ?

Marine Le Pen : "En  fait, les affections de longue durée représentent près de 70 % du budget remboursé par la sécurité sociale. La liste des 30 maladies ouvrant droit aux ALD, est fixée par des bonnes règles médicales depuis plusieurs dizaines d'années : il n'est pas question d'y toucher. En revanche, et cela fait partie de notre programme depuis plus de 15 ans, il conviendra, pour faire de très certaines mais justes économies, de contrôler régulièrement et toujours avec bienveillance, les personnes prises en charge à ce titre, afin d'estimer si leur état est ou est toujours bien en adéquation avec les critères d’exonération du ticket modérateur. La suppression de la prise en charge l'hypertension artérielle par M. Bertrand est d'une rare ineptie en termes de santé et de médecine préventive."

  • En 2040, on estime que trois Français sur 100 souffriront d'une maladie cérébrale dégénérative type Alzheimer : comment comptez-vous prendre en charge leur dépendance ?

Marine Le Pen : "La prise en charge la dépendance en général et des malades porteurs de maladies dégénératives type Alzheimer en particulier, relève bien sûr de la solidarité nationale : je  prendrai donc parmi les premières mesures celle de la création d'une cinquième branche qui permettra de clarifier à quel titre sont pris en charge d'une part les soins, d’autre part l'hébergement, l'hôtellerie et les aidants, et enfin les revenus au titre des retraites.

"Cela sera précédé d'une gestion séparée de la branche santé, famille, retraite et de la définition du rôle des collectivités territoriales : tout cela est destiné à éviter la multiplicité des intervenants dans la prise en charge et surtout un reste à charge trop important pour la plupart de nos concitoyens.

"Pour les plus jeunes, je les inciterai sans doute fiscalement, à contracter au plus tôt une assurance dépendance personnelle, parallèlement à leur cotisation retraite."

  • Quelles mesures comptez-vous prendre pour pallier l'inégalité d'accès aux soins et enrayer la multiplication des déserts médicaux ?

Marine Le Pen : "Concernant les déserts dits ruraux, c’est une grande politique d’aménagement du territoire qui sera menée avec réinstallation des services publics désinstallés depuis plusieurs années et politique de réindustrialisation. Concernant les déserts urbains, c’est une politique de tolérance zéro qui sera menée.

"Pour autant, la démographie médicale ne sera satisfaisante qu’après une libération totale temporaire sur 7 ans du numerus clausus des médecins, jusqu'à obtention d’un taux de renouvellement qui s'équilibre avec les besoins de la population. 3500 médecins de plus par an dans 10 ans pour 2 millions de Français de plus, c'est tout simplement ahurissant. Il en va de la possibilité d'offrir à tous nos concitoyens des soins d'égale qualité.

"Il faut bien comprendre que la pénurie artificielle de soignants et la casse des services publics est bien à l'origine de cette désertification.

"Me concernant, je refuse de prendre des mesures coercitives à l'égard des professionnels de santé qui, à l'évidence, ne sont pour rien dans une situation qui est la conséquence de 40 ans de mauvaises politiques UMPS."

  •  Si vous êtes élue, publierez-vous un bulletin de santé régulièrement ? Quel médecin le rédigera ? Quelles informations comprendra ce bulletin de santé ?

Marine Le Pen : "Je me suis déjà engagée à publier régulièrement mon bulletin de santé : nous avons bien vu les conséquences certaines des mensonges en la matière lors des maladies de Messieurs Pompidou et Mitterrand. Je ne sais pas encore qui rédigera ce bulletin de santé, mais ce que je peux vous dire,  c'est qu'il comportera tous les éléments qui puissent attester de mes capacités à gérer notre pays."

 

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Son programme santé

La réforme santé de Marine Le Pen la plus relayée par les médias a été la proposition de supprimer le remboursement des IVG, que la candidate a qualifié "de confort". Dans son programme, les mesures santé sont nombreuses, tout particulièrement pour renforcer la présence médicale en région, et rééquilibrer le budget de l'Assurance maladie. Quitte à supprimer l'aide médicale d'Etat.

Assurance maladie

  • Mise en place d'une carte Vitale biométrique contre la fraude sociale.
  • Suppression de l'aide médicale d'État.
  • Instauration d'un délai de carence d'un an de résidence continue en France et de cotisation avant de bénéficier des avantages de la Sécurité sociale.
  • Lutte contre les arrêts maladie de complaisance et les fraudes dans le système ambulancier.
  • Procédure de vente au détail des médicaments prescrits et remboursés par la Sécurité sociale.
  • Plafonnement des dépassements d'honoraires en secteur 2, après concertation avec les représentants des médecins.
  • Gel du montant du forfait hospitalier et des taxes sur les mutuelles de santé.

Hôpital

  • Réorganisation dans la concertation de la carte hospitalière et de l'organisation du travail au sein des hôpitaux : développement en particulier des maisons de santé qui pourront prendre en charge les "petites urgences" afin de désencombrer les services d'urgence.
  • Desserrement du numerus clausus dans les facultés de médecine pour permettre de pourvoir les besoins médicaux avec du personnel français formé en France.

Accès aux soins

  • Stage en milieu rural durant les études.
  • Maintien des services publics médicaux dans les régions, et même création quand la désertification médicale est trop avancée.
  • Fermeture des petites structures n'assurant pas une qualité de soin suffisante mais maintien des structures de taille moyenne : les méga-structures ne sont pas la solution miracle.

Handicapés

  • Revalorisation de 33 % au cours du prochain quinquennat de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), dont le montant maximum est actuellement de 742 euros.

Lutte contre Alzheimer

  • Les économies réalisées grâce à la suppression de l'aide médicale d'Etat seront affectées au suivi et à l'accompagnement des malades et de leurs familles. Les médicaments anti-Alzheimer, même imparfaits, ne seront pas déremboursés.

 

En savoir plus : les propositions de Marine Le Pen

Le programme santé des autres candidats :