Hépatite E : un donneur sur 3.000 serait positif en Angleterre

Une étude britannique révèle qu'un donneur de sang anglais sur 3.000 est porteur de l'hépatite E. Des chiffres qui soulèvent la question d'un dépistage de l'infection avant la transfusion sanguine.

Rédigé le , mis à jour le

Hépatite E : un donneur sur 3.000 serait positif en Angleterre
Hépatite E : un donneur sur 3.000 serait positif en Angleterre

Comme chaque année, le 28 juillet 2014, a eu lieu la Journée mondiale de lutte contre les hépatites. L'occasion de mettre l'accent sur l'une de ces infections virales qui touche le foie, l'hépatite E, moins connue que ses consœurs A, B ou C. Elle concernerait pourtant 20 millions de personnes dans le monde, provoquant 56.000 décès annuels selon l'OMS. Présente sur l'ensemble du globe elle se transmet principalement par la consommation d'eau de boisson ou d'aliments contaminés, ou par la transfusion sanguine.

Dans les pays industrialisés, sa séroprévalence - c'est-à-dire le nombre de personnes ayant dans leur sang des anticorps contre ce virus, signe d'une infection passée - est de 1 à 5% dans la population générale.

Une atteinte grave chez les patients à risque

Une équipe de chercheurs britanniques, dont les travaux ont été publiés ce lundi dans The Lancet, a procédé à l'analyse systématique des dons de sang effectués en Angleterre d'octobre 2012 à septembre 2013. Les résultats montrent que 79 dons sur 225.000 étaient infectés par le virus de l'hépatite E de génotype 3, forme prédominante de l'infection dans les pays développés. Faute de test de dépistage, 43 patients ont été transfusés avec des produits sanguins issus de ce sang contaminé et le virus a été transmis à 18 d'entre eux (42%) indiquent les auteurs.

L'hépatite E régresse généralement spontanément, sans nécessiter de traitement. Mais chez certains patients à risque, elle peut évoluer en hépatite "fulminante", une insuffisance hépatique aiguë qui peut s'avérer mortelle. Ce sont principalement les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées (personnes atteintes de cancers, du sida, ou transplantées). Des populations qui sont également davantage susceptibles de nécessiter une transfusion.

Pour autant, les auteurs concluent à l'absence de " besoin urgent actuellement pour un dépistage des dons du sang". Une conclusion jugée "surprenante", par le professeur Jean-Michel Pawlotsky, spécialiste des hépatites virales à l'hôpital Henri Mondor de Paris qui s'exprimait également dans la revue The Lancet. "Un dépistage systématique des dons du sang pour l'hépatite E doit être mis en oeuvre dans les régions où le virus est endémique, dont l'Union européenne, et y compris en France", indiquait-il à l'AFP.

Dans un souci d'économie le dépistage pourrait être effectué non pas sur chaque don, mais sur des lots groupant plusieurs dons. En cas de lot positif, les donneurs pourront alors être testés afin de trouver le porteur du virus. Des laboratoires d'analyse élaborent actuellement des tests basés sur la recherche de l'ARN du virus, marqueur direct de la maladie. 

Un mode de contamination "exceptionnel"

Rappelons qu'en France, l'hépatite E ne fait pas non plus partie des infections systématiquement recherchées lors d'un don du sang. En revanche, chaque échantillon sanguin est testé et soumis à une série d'analyses et de tests de dépistage des principales maladies transmissibles par le sang : syphilis, hépatites virales B et C, VIH, HTLV (rétrovirus humain à l'origine de certaines formes de leucémies), ou encore le Chikungunya aux Antilles depuis le début de l'épidémie.

Dans notre pays, selon un rapport de l'Institut de veille sanitaire (InVS) publié en 2010, les contaminations par transfusion sanguine sont jugées "exceptionnelles", loin derrière la voie alimentaire par consommation de coquillages ou de viande contaminée crue ou insuffisamment cuite, en particulier les viandes de sanglier, de cerf ou les saucisses de foie de porc (figatelli). Selon un responsable de la communication de l'établissement français du sang, une réflexion avec les autorités sanitaires serait toutefois actuellement en cours autour de l'intérêt de ce dépistage. 

VOIR AUSSI