Embryons sous vidéo-surveillance pour optimiser les chances de fécondation in vitro

Aujourd'hui, en France, seules 25 à 30% des tentatives de fécondation in vitro se soldent par une grossesse. Pour accroître les chances des futures mères de tomber enceinte, une nouvelle technique a été mise au point, il s'agit du time-lapse, une technique qui permet l'observation en continu du développement embryonnaire.

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Embryons sous vidéo-surveillance pour optimiser les chances de fécondation in vitro

Au cours d'une fécondation in vitro, la rencontre entre les spermatozoïdes et l'ovocyte se fait dans une boîte de culture contenant un milieu liquide nutritif et placée dans un incubateur à 37°C. Les spermatozoïdes mobiles viennent spontanément, sans aide extérieure, au contact de l'ovocyte. Mais un seul spermatozoïde fécondera celui-ci. L'embryon se forme et se développe durant deux à cinq jours, sous le regard attentif des techniciens de laboratoire. Une à deux fois par jour, les embryons se retrouvent hors de l'incubateur pour une analyse minutieuse et rapide.

"On fait sortir la boîte qui contient les différents embryons qui ont été obtenus suite à la fécondation in vitro. On choisit l'embryon qui a la meilleure morphologie, la meilleure qualité quand on l'observe microscope", explique le Dr Florence Brugnon, responsable de l'assistance médicale à la procréation au CHU d'Estaing à Clermont Ferrand (63).

Mais lors de ces examens quotidiens, l'embryon est exposé aux changements de température et à la lumière du laboratoire. Pour limiter ces allées et venues, et diminuer ainsi les facteurs de stress pour l'embryon, des chercheurs ont mis au point un microscope miniaturisé capable de filmer en permanence l'évolution du micro-organisme : le time-lapse.

Time-lapse, une méthode plus précise

Déjà utilisée en Espagne, le time-lapse se développe en France. Une dizaine d'établissements se sont équipés du matériel nécessaire. Au CHU d'Estaing de Clermont-Ferrand, médecins et chercheurs expérimentent depuis un an cette technique.

Selon le Dr Florence Brugnon, "c'est un bénéfice important. Il n'est plus nécessaire de sortir nos boîtes pour évaluer le développement de l'embryon, étant donné que le microscope reste en permanence dans l'incubateur. On peut donc laisser notre culture d'embryons dans des conditions optimales de développement. Cela nous permet également de voir en continu le développement de l'embryon".

Mieux comprendre les différentes étapes du développement des embryons

Cet outil de recherche a permis aux scientifiques de mieux comprendre les différentes étapes du développement des embryons. Et de choisir avec plus de précision ceux qui pourront être transférés dans l'utérus de la femme.

La méthode du time-lapse permet en effet de repérer en temps réel les anomalies de développement et donc de sélectionner de manière plus efficace et plus précise les embryons qui seront implantés.

L'Agence de la biomédecine suit avec intérêt les recherches menées sur cette technique. Mais elle reste prudente quant à son développement. Le repérage de ces incidents de développement ont-ils une influence réelle sur le choix de l'embryon à transférer et les chances de grossesse ?

L'utilisation de cette méthode reste aujourd'hui limitée par le coût élevé du microscope miniaturisé : 12.500 euros. Sur 800 fécondations in vitro réalisées chaque année au CHU d'Estaing de Clermont-Ferrand, 70 couples bénéficient sans le savoir de la technique du time-lapse.

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