Des bêtabloquants contre la maladie d'Alzheimer ?

Une récente étude de l'Académie Américaine de Neurologie (AAN) suggère que la prise de traitements antihypertenseurs influe significativement sur l'évolution des différentes formes de démence. Les bêtabloquants seraient associés aux effets les plus importants.

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Des bêtabloquants contre la maladie d'Alzheimer ?
Des bêtabloquants contre la maladie d'Alzheimer ?

En analysant les résultats d'autopsie de 774 hommes impliqués dans une étude au long cours, des chercheurs de l'AAN ont observé une relation directe entre la prise d'antihypertenseurs et le nombre d'anomalies cérébrales constatées.

Au sens médical du terme, et selon la définition de l'OMS, la démence désigne "un syndrome d'altération des fonctions cognitives (capacité d'effectuer des opérations de pensée) supérieures à celles que l'on pourrait attendre du vieillissement normal". Les principales fonctions progressivement altérées sont la mémoire, le raisonnement, l’orientation, la compréhension, le calcul, la capacité d’apprentissage, le langage et le jugement.

On compte 35,6 millions de personnes atteintes de démence dans le monde et il apparaît chaque année 7,7 millions de nouveaux cas. La maladie d’Alzheimer représenterait 60 à 70% des cas de démence.

Sur l'ensemble des personnes étudiées, 610 souffraient d'hypertension. Parmi elles, 350 suivaient un traitement, soit à base de seuls bêtabloquants (15%), de bêtabloquants associés à d'autres médicaments (18%), ou d'antihypertenseurs d'une autre catégorie (67%).

Selon l'analyse réalisée par l'équipe du Dr Lon White, les cerveaux de l'ensemble des patients traités pour hypertension présentaient tous un taux de lésions plus faible que ceux des groupes témoins. Le tiers d'hommes ayant suivi un traitement incorporant des bêtabloquants constitue le sous-groupe présentant les cerveaux les plus sains.

Les lésions observées regroupaient des nécroses locales de tissus, liées à une mauvaise irrigation du cerveau, mais aussi et surtout celles directement associées à la maladie d'Alzheimer.

Si cette analyse couvre un nombre de cas par trop insuffisant pour tirer des conclusions définitives, elle ouvre des pistes de recherches que l'AAN juge enthousiasmantes et prometteuses.

De précédentes études avaient permis d'identifier l'hypertension artérielle comme un important facteur de risque pour l'apparition de la démence. Dans leur prolongement, la découverte de l'équipe de l'AAN pourrait permettre une meilleure compréhension des mécanismes en jeu dans l'apparition et l'évolution de la maladie.

L'étude de l'équipe du Dr White, en cours d'analyse pas ses pairs, fera l'objet d'une présentation détaillée à l'occasion des 65èmes rencontres de l'Académie Américaine de Neurologie, à San Diego, du 16 au 23 mars 2013.

Source : "Can Blood Pressure Drugs Reduce the Risk of Dementia?", Amercian Academy of Neurology, January 7, 2013.

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