Conduite sous l'emprise de stupéfiants : de nouveaux tests de dépistage

Une nouvelle technique de tests salivaires de détection de drogue est expérimentée sur les conducteurs à partir du 1er décembre 2014 dans dix départements français. Ces tests de seconde génération permettent de confirmer un résultats positif, en évitant la prise de sang.

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Conduite sous l'emprise de stupéfiants : de nouveaux tests de dépistage
Conduite sous l'emprise de stupéfiants : de nouveaux tests de dépistage

Fin août, le délégué interministériel à la Sécurité routière, Jean-Robert Lopez, annonçait vouloir "expérimenter prochainement" de nouveaux tests salivaires destinés au dépistage des automobilistes conduisant sous l'emprise de stupéfiants. Une expérimentation qui a débuté le 1er décembre.

Selon les statistiques de l'Observatoire interministériel de la sécurité routière (ONISR) plus de 21% des conducteurs impliqués dans des accidents mortels de la route serait sous l'emprise de stupéfiants. Dans le détail, un cyclomotoriste sur trois impliqué dans de tels accidents serait positif aux stupéfiants, de même qu'un motocycliste sur cinq et un conducteur de voiture sur sept. Dans 4% des cas, l'usage des stupéfiants serait le facteur principal d'un accident.

En 2013, 48.000 des 144.000 dépistages effectués sur les routes se sont révélés positifs.

L'essai, prévu pour durer six mois, va être réalisé dans dix départements : Alpes-Maritimes, Dordogne, Gironde, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Moselle, Nord, Haute-Savoie, Paris, Yvelines.

"Actuellement, la recherche de stupéfiants chez les conducteurs relève d'un protocole long et coûteux" avec un test salivaire puis un prélèvement sanguin effectué par un médecin et transmis ensuite à un laboratoire pour analyse, explique la MILDECA dans un communiqué.Un avantage qui permet aussi de réduire le nombre de test faux positifs.

La nouvelle technique vise à se passer du prélèvement sanguin en le remplaçant par un deuxième test salivaire effectué par les forces de l'ordre. L'objectif est de rendre la procédure plus simple, moins coûteuse, "et d'éviter au conducteurs et aux forces de l'ordre de passer la nuit aux Urgences", comme l'a précisé en août à l'AFP Danièle Jourdain Menninger, présidente de la MILDECA. Un test, qui comme le précédent, est effectif pour 4 drogues : le canabis, l'héroïne, la cocaïne et l'ecstasy.

Aujourd'hui, 144.000 dépistages de stupéfiants sont effectués chaque année en France (contre 10,8 millions de tests d'alcoolémie).

Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole. Le nouveau dispositif pourrait être généralisé dans toute la France à partir du 1er juin si l'expérimentation apparaît concluante.

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