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Greffe : apprendre à vivre avec de nouvelles mains

À la suite d'un purpura fulminans, une infection du sang, Jean-Michel Schryve avait perdu ses mains. Mais en novembre 2016, à Lyon, il a bénéficié d'une greffe des deux mains. Aujourd'hui, il est suivi en rééducation à Berck dans le Pas-de-Calais.

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La greffe des deux mains est une opération exceptionnelle, à peine une trentaine de patients dans le monde ont pu en bénéficier

En février 2017, Jean-Michel Schryve était fier de présenter ses nouvelles mains à la presse. S'il les trouvait jolies, il confiait à l'époque qu'elles l'encombraient. Il commençait à peine la rééducation. Depuis, les choses ont évolué. Jean-Michel a même assouvi une de ses envies : reprendre le volant de sa voiture.

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Mais pour Jean-Michel, le chemin n'est pas encore terminé : "Aujourd'hui, ce n'est toujours pas mes mains. Mais on avance. Je les ressentirai bientôt comme mes mains mais ce n'est pas encore tout à fait mes mains parce que je n'ai pas de ressenti", confie-t-il. Aujourd'hui, au centre de rééducation de Berck, il réapprend à se servir de ses nouvelles mains.

Pour maîtriser les gestes du quotidien, en plus des kinés, Jean-Michel est entouré d'ergothérapeutes. Aidé par des orthèses, il réapprend par exemple à saisir des objets. Sa dernière fierté : ouvrir une bouteille d'eau et boire un verre sans aucune aide. Son prochain défi : l'écriture. "J'ai constaté des progrès mais j'en veux toujours plus", admet Jean-Michel, qui travaille sans relâche.

Mais parfois, ses mains lui font mal. Alors avec son médecin, ils font régulièrement le point sur son traitement anti-douleur : "Ce sont des douleurs d'origine nerveuse qui sont liées aux sutures nerveuses. Le chirurgien a suturé les nerfs du patient avec les nerfs du donneur. La repousse nerveuse, ses sensations évoluent de la partie haute du bras vers la main et petit à petit, ce sont aussi pour nous des témoins de récupération du patient. Si ces signes sont positifs pour la récupération, ils peuvent aussi beaucoup gêner le patient", explique le Dr Frédéric Charlaté, médecin rééducateur.

Si Jean-Michel a une volonté de fer, il sait que l'avenir est encore incertain : "Je pense que mes mains ne vont pas fonctionner comme tout le monde. Peut-être que je me trompe mais je pense que non. On ne peut pas prévoir à l'avance. Tout dépend de la récupération mais je vais tout faire pour faire marcher ces mains au mieux". Au centre de rééducation de Berck, Jean-Michel a encore dix mois devant lui pour progresser et s'approprier définitivement ses mains.

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