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Hygiène : les sondes échographiques devront être désinfectées après chaque utilisation

Un rapport a récemment révélé que ces sondes ne sont nettoyées qu’une fois par jour. Sommé d’agir, le ministère de la Santé a émis de nouvelles recommandations.

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Une note sera bientôt envoyée aux professionnels de santé

Chaque année, quatre millions d’échographies vaginales ou rectales sont menées. Pour des questions d’hygiène, la sonde utilisée est recouverte d’un préservatif à usage unique. Toutefois, un rapport de la Société française d'hygiène hospitalière (SF2H) révélé en octobre par Le Parisien indique que cette sonde n’est pas désinfectée systématiquement, mais seulement une fois par jour.

Devant le tollé suscité par cette révélation, le ministère de la Santé a été sommé d’agir. C’est désormais chose faite : il vient de publier de nouvelles recommandations sur son site Internet, dans lesquelles il annonce que les sondes échographiques doivent désormais être correctement nettoyées après chaque utilisation : soit par immersion, soit à l’aide de systèmes semi-automatiques, soit avec des lingettes spéciales.

"Un objectif de traitement des sondes inférieur à ceux préconisés au niveau international"

Chez la femme, les sondes endocavitaires sont utilisées lors d’échographies vaginales de suivi de grossesse, de diagnostic de maladies de l’ovaire, de l’endomètre et de l’utérus. Chez l’homme, elles sont employées lors d’échographies rectales de surveillance de la prostate, du rectum ou de la vessie. En France, depuis 2007, la loi n’impose qu’une seule désinfection de niveau intermédiaire (DNI) par jour. Le reste du temps, la sonde est simplement nettoyée avec une lingette. "La France peut-elle rester le seul pays qui, de façon officielle, affiche un objectif de traitement des sondes de niveau inférieur à l’ensemble de ceux préconisés au niveau international et européen ?" s’interrogeait à ce propos le rapport de la SF2H révélé en octobre.

Une crainte du scandale sanitaire

Dans le même temps, plusieurs patientes affirmaient avoir été infectées par le papillomavirus lors d’une échographie vaginale. Même si, à l’heure actuelle, aucun lien de causalité n’a été établi, il était urgent d’agir, pour le Dr Pierre Parnaix, président de la SF2H et auteur principal du rapport : "Si un jour, une corrélation est faite et que nous n’avons pas le bon niveau de sécurité, nous serons dans le scandale sanitaire." La Dre Claire Deback, virologue à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif, allait même plus loin : "Si le risque est faible, il n’est pas nul pour autant. Le HPV est assez résistant en milieu extérieur, et le latex utilisé pour recouvrir les sondes d’échographie peut être trop poreux. Une contamination est donc possible, mais on ne sait pas du tout dans quelle proportion."

Désormais, les nouvelles recommandations du ministère ont valeur de règles. Une note sera bientôt envoyée aux professionnels de santé pour les en avertir, et un audit sera réalisé d’ici à 24 mois maximum pour s’assurer du respect des nouvelles normes d’hygiène. Début mars, la Société française de radiologie a pour sa part annoncé qu’elle les avait déjà adoptées. En ce qui concerne le risque lié au papillomavirus, le ministère se veut toutefois clair : "la meilleure prévention reste la vaccination".

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