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La santé des médecins : Comment allez-vous docteur ?

Une étude menée auprès de 1900 généralistes analyse la santé de nos médecins traitants. Et ce n'est pas parce qu'on est médecin qu'on va forcément mieux que les autres...

Rédigé le , mis à jour le

La santé des médecins : Comment allez-vous docteur ?
La santé des médecins : Comment allez-vous docteur ?

Ceux qui nous soignent sont-ils en bonne santé ? Pour répondre à cette question la Direction de la Recherche, des Etudes de l'Evaluation et des Statistiques (DREES) interroge régulièrement un panel de 1900 médecins généralistes issus de 5 régions différentes (Basse-Normandie ; Bretagne ; Bourgogne ; Provence-Alpes-Côte-d’Azur ; Pays de la Loire). Hier (29 juin 2010), la DREES a publié l'étude issue des questions posées à son panel à l’automne… 2008.

Et qu’en conclue-t-on ? Que huit médecins généralistes sur dix se déclarent en bonne santé, ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque dans le même temps, un médecin sur trois dit souffrir de problèmes médicaux chroniques. Un petit écart statistique qui tient peut-être au fait que les médecins, connaissant bien les problèmes dont ils souffrent s’en inquiètent également moins. Globalement, les généralistes vont donc plutôt un peu mieux que la population générale (par exemple 81 % des médecins hommes se disent en bonne ou très bonne santé, contre 77 % des hommes en général). Mais lorsqu’on les compare à d’autres personnes de la même catégorie socio-professionnelle leur situation est nettement défavorable : les cadres et professions intellectuelles sont satisfaits de leur santé à 89 %.

Le bon exemple pour les patients

Néanmoins, les généralistes montrent l’exemple à leurs patients. On note chez eux moins de surcharge pondérale, moins de fumeurs (18 % contre 23 % dans la population générale), moins de buveurs excessifs. Bon point également pour leur participation aux campagnes de dépistage. Huit femmes médecins de plus de 50 ans sur dix ont déclaré participer aux dépistages des cancers du sein et du col de l’utérus. En revanche la participation aux campagnes de dépistage du cancer du côlon emporte nettement moins l’adhésion… seulement un médecin sur trois de plus de 50 ans s’y est soumis.

Petit moral

Bref, physiquement nos médecins traitants tiennent le coup. Mais le moral n’est pas bien bon. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise mais une confirmation. Un généraliste homme sur dix, deux généralistes femmes sur dix sont en détresse psychologique. 20 % des généralistes interrogés ont affirmé avoir pris des psychotropes au cours des 12 derniers mois, et cerise sur le gâteau, dans 60 % des cas, il s’agissait d’auto-prescription… donc d’auto-diagnostic, des pratiques peu recommandables pour ce genre de pathologie. Il faut dire que 84 % des généralistes avouent être leur propre médecin traitant, confirmant ainsi l’adage qui veut que les cordonniers sont les plus mal chaussés.