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Associations de malades : polémique sur les dons des labos

Alors qu'elle vient de dévoiler les montants des dons des laboratoires pharmaceutiques aux associations de patients, la Haute autorité de santé (HAS) plaide pour une transparence accrue du financement de ces associations.

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Plusieurs dizaines de milliers d’euros, voire des centaines de milliers d’euros chaque année... Les laboratoires financent parfois généreusement certaines associations de malades pourtant neutres pour le grand public. L’Association française des diabétiques, l’Association de lutte contre le psoriasis, Asthmes & Allergies ou encore Aides figurent parmi les principales associations bénéficiaires des dons de l’industrie pharmaceutique.

5,8 millions d’euros versés en 2011

Depuis 2010, les entreprises fabriquant et commercialisant des produits de santé doivent déclarer à la Haute autorité de santé la liste des associations de patients qu’elles financent et le montant des aides allouées. C’est une obligation légale. Pour l’année dernière, les industriels de santé ont  déclaré avoir versé 5,8 millions d’euros à 356 associations.

Par le biais de ces versements, sous forme de dons ou de prestations, les labos font parler de certaines pathologies dans l’espoir de doper la vente de leurs médicaments maison. Des pratiques pour lesquelles ils sont souvent taxés de publicité déguisée.

La Haute autorité de santé réclame davantage de transparence et un "rééquilibrage du financement entre le secteur public et le privé" et dénonce un "problème d'indépendance".

Une polémique soulevée à tort

Le Collectif Interassociatif sur la Santé (CISS) déplore cette « polémique » soulevée « à tort » dans un communiqué. « Excédés par ces insinuations », ils rappellent que ces financements privés ont permis de « mener des actions de soutien ou de plaidoyer pour lesquelles il n’y a pas d’argent public ». Par exemple, « l’accès à certains soins de support dans le cancer du sein n’est possible que parce que les associations permettent d’en bénéficier à moindre coût », rappelle le CISS.

Des dons sans contre-parties

La directrice générale de l’Association française des hémophiles (AFH), Marion Berthon-Elber, comprend « les interrogations autour du financement des associations car les montants peuvent paraître élevés ». Mais elle regrette que cette polémique « jette une sorte de discrédit sur toutes les associations, alors que nous sommes là pour aider les patients ».

Avec 1 130 adhérents pour cette année 2012, l’association « ne peut pas vivre seulement des dons de particuliers et des cotisations d’adhérents. On ne reçoit pas suffisamment d’aide publique pour pouvoir se passer des laboratoires. »

Concernant ses financements, l’AFH revendique la transparence : « nous avons une politique très stricte ; pour équilibrer nos sources de financement, nous faisons attention à ne pas recevoir de don d’un seul laboratoire concerné par l’hémophilie mais de plusieurs. » « Nous n’avons jamais hésité à prendre position contre des laboratoires qui nous financent », rappelle la directrice générale de l’AFH, « ce sont des dons sans contre-parties, les laboratoires n’ont pas de droit de regard sur nos projets. »