Poussières du Sahara : comment se protéger ?

Le Siroco traverse actuellement la France. Ce vent du Sahara est chargé en poussières et particules fines, l’association Santé Respiratoire France nous livre des conseils pour bien se protéger.

Mathis Thomas
Mathis Thomas
Rédigé le , mis à jour le
Poussières du Sahara : comment se protéger ?
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Un voile orangeâtre s’est déposé dans le ciel français. Depuis ce mardi 15 mars, une fine couche de sable venue du Sahara a atteint plusieurs régions, laissant craindre un pic de pollution aux particules fines. Quels sont les risques sur la santé ? Et comment bien se protéger ? Frédéric Le Guillou, pneumo-allergologue et président de l’association Santé Respiratoire France répond à nos questions.

Bon sens pratique

Contrairement à l’Espagne, où les autorités sanitaires alertent sur une qualité de l’air "extrêmement défavorable”, la situation en France demeure moins inquiétante. Mais la propagation de ces particules de poussière est surveillée de près. “Il faut faire preuve de bon sens, comme lors de chaque épisode de pollution atmosphérique”, souligne Frédéric Le Guillou. “Ces particules peuvent être inhalées et menacer la santé des personnes à risque, comme lors de pics de pollution. Les mêmes règles s’appliquent.” 

Santé Respiratoire France propose plusieurs recommandations à appliquer chez soi ou à l'extérieur, pour se protéger et éviter les infections respiratoires.  

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Prudence et port du masque

Il ne faut pas hésiter à s’informer auprès des associations agréées ou de l'ATMO de sa région”, rappelle le Dr Le Guillou. “Ces agences de surveillance de l’air, comme Airparif en région parisienne, actualisent régulièrement leurs indications sur la qualité atmosphérique et suivent les évolutions du taux de particules fines dans l’air.

Si les principaux indicateurs indiquent que cet épisode de pollution atmosphérique devrait se tarir dès jeudi 17 mars, la prudence reste de mise. “Durant cette période exceptionnelle, il convient de limiter au maximum les activités sportives et physiques en extérieur”, indique le président de l'association Santé Respiratoire France. “De plus, il faut éviter d’aérer les pièces intérieures."  

Enfin, pour éviter d’inhaler les poussières désertiques, le port du masque doit être de nouveau de rigueur. “Les particules fines dites PM10 peuvent facilement pénétrer dans l’organisme”, prévient le spécialiste. “Avec la fin des restrictions sanitaires, le port du masque n'est plus obligatoire. Or, un masque FFP1 ou FFP2 peut bloquer ces grosses particules, dangereuses pour les bronches, et ainsi éviter des complications respiratoires.

Risque pour les personnes asthmatiques

Les individus atteints de maladies respiratoires chroniques sont particulièrement à risque lors de ce type d’épisode de pollution atmosphérique, prévient Santé Respiratoire France. “Pour les patients qui n’ont pas de pathologie particulière, il y a, au pire, un risque de toux et d’irritation des voies respiratoires.” 

Mais pour les patients atteints d’asthme, de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) ou de fibrose pulmonaire, “les poussières menacent directement leur santé. Ces particules fines peuvent entrer en profondeur dans les voies respiratoires et entraîner une aggravation de la maladie”.

Lors de ces pics de pollution, le ministère de la Santé conseille de “prendre conseil auprès d’un professionnel de santé, en cas de gêne respiratoire ou cardiaque”. Pour les personnes vulnérables, il convient également de se rapprocher de son médecin "pour savoir si son traitement médical doit être adapté”. 

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