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Coronavirus : le virus qui nous rend malades de la tête aux pieds

Poumons, nez, cerveau, cœur… Les organes affectés par le coronavirus sont nombreux. Si les virus provoquent généralement un large éventail de symptômes, la perte d’odorat ou la formation de caillots semblent spécifiques du SARS-CoV-2.

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Coronavirus : le virus qui nous rend malades de la tête aux pieds
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / Marko Aliaksandr

Les effets du Covid-19, d’abord considéré comme une forme de pneumonie, ne se limitent finalement pas aux poumons. Si la fièvre, les frissons, la toux et les maux de tête sont les signes les plus répandus, la liste des symptômes et des organes touchés s’allonge à mesure que les connaissances médicales s’étoffent.

Poumons : la gêne respiratoire

Le coronavirus étant un virus respiratoire, il est effectivement fréquent qu’il s’en prenne aux cellules des voies respiratoires. Dans les bronches, le virus attaque les cellules productrices de mucus, essentielles pour protéger le tissu pulmonaire, et les cils cellulaires, en charge de balayer les débris et virus hors de nos poumons. Il affecte aussi les pneumocytes, cellules des alvéoles pulmonaires, et empêche donc les échanges d’air, ce qui cause la gêne respiratoire rapportée par de nombreux patients.

Dans les cas les plus graves, le SARS-CoV-2 peut entraîner un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Ce syndrome survient lorsque le poumon ne parvient plus à assurer son travail d’oxygénation du corps.

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Nez, gorge et yeux : des zones d’inflammation

Au niveau du nez, le coronavirus s’attaque aux filets nerveux olfactifs et aux fosses nasales. Les symptômes associés sont un écoulement nasal, une sensation de nez bouché, des maux de gorge mais aussi une perte de l’odorat (anosmie) et éventuellement du goût (ageusie).

Le SARS-CoV-2 attaque également les yeux et provoque une conjonctivite, c’est-à-dire une inflammation de la membrane muqueuse transparente qui tapisse l’œil.

Système digestif : diarrhées, vomissements, nausées…

Des symptômes digestifs ont également été décrits dans 5 à 25% de cas : des diarrhées, des nausées, des vomissements et des douleurs abdominales. Les cellules de l’intestin pourraient donc elles aussi être affectées par le virus, qui a déjà été retrouvé dans les selles des patients.

Cerveau et moelle épinière : des inflammations neurologiques

Autre zone touchée par le virus : le système nerveux central, qui comporte le cerveau et la moelle épinière. Cette atteinte explique les troubles de la conscience et de la vigilance, la somnolence, l’apathie, l’épilepsie voire les accidents vasculaires cérébraux (AVC) enregistrés chez certains patients souffrant de la maladie.

Le système nerveux périphérique peut aussi être attaqué : des médecins ont en effet rapporté plusieurs cas de syndrome de Guillain-Barré apparemment liés au Covid-19. Cette pathologie neurologique inflammatoire qui attaque les nerfs périphériques et qui entraîne des périphéries semble survenir le plus souvent après une infection virale.

Système sanguin : inflammation et formation de caillots

Après le cerveau, le cœur. Le coronavirus semble en effet aussi pouvoir toucher le système sanguin. Des cas de myocardite (inflammation du tissu musculaire du cœur), de troubles du rythme cardiaque, de péricardite (inflammation de la membrane qui recouvre le cœur) et d’inflammations des parois de vaisseaux sanguins ont en effet été rapportés chez certains patients souffrant du Covid-19.

Plus récemment, une autre complication a été relevée : la formation de caillots sanguins, liée à l’inflammation de la paroi des vaisseaux. Ces caillots semblent bloquer des petites artères et empêcher la bonne oxygénation des organes.
Dans certains cas, ces caillots sont à l’origine d’une embolie pulmonaire, une obstruction d’une ou plusieurs artères irriguant le poumon.

Peau : engelures, rougeurs et urticaires

Autre conséquence d’une altération de la circulation : des lésions cutanées. Les dermatologues ont en effet alerté sur des engelures au niveau de la peau des extrémités (mains et pieds), des rougeurs et des urticaires associés ou non à des difficultés respiratoires.

Foie et reins : altération hépatique et insuffisance rénale

Les atteintes des vaisseaux sanguins pourraient aussi expliquer les atteintes observées au niveau du foie et des reins, à savoir des altérations des fonctions hépatiques et des insuffisances rénales aiguës parfois associées à des complications urinaires.

Etats inflammatoires chez les enfants

Chez les enfants également, les médecins soupçonnent le Covid-19 d'être responsable d’états inflammatoires "multi-systémiques" rares, évoquant une forme atypique de la maladie de Kawasaki ou un syndrome du choc toxique, qui s'attaque aux parois des artères et peut provoquer une défaillance d'organes.

Emballement immunitaire chez les adultes

Chez les adultes, enfin, dans ses formes les plus sévères, le Covid-19 peut déclencher des "tempêtes de cytokine". Cet emballement de la réponse immunitaire associé à un état d’hyper-inflammation survient lorsque le système de défense de l’organisme est sollicité à l’excès. Il peut entraîner une dégradation rapide de l’état des patients, jusqu’à leur décès.

Des symptômes graves plus fréquents qu'avec d’autres virus

Cet éventail de symptômes est-il unique ? Pas forcément. Il n'est pas rare qu'un virus provoque autant de manifestations car "la plupart des virus peuvent endommager les tissus là où ils se reproduisent ou provoquer des dommages collatéraux du système immunitaire qui combat l'infection", explique à l’AFP Jeremy Rossman, expert en virologie à l'Université britannique du Kent.

Mais certains symptômes du SARS-CoV-2, comme la perte d'odorat ou les atteintes du système sanguin, semblent cependant bien spécifiques à cette épidémie. Ainsi, "quand un malade du Covid-19 est très atteint, il peut avoir des problèmes de caillots sanguins, qui semblent bien plus fréquents qu'avec d'autres virus", décrypte pour l'AFP Babak Javid, spécialiste des maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire de Cambridge, qui conclut : "comparé à la grippe, vous avez plus de chances de devenir très malade et de mourir".

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