Neurolupus : quand le lupus touche le cerveau

Quand on évoque le lupus, on pense souvent à l'atteinte de la peau ou des articulations. Mais cette maladie peut aussi toucher le cerveau et provoquer hallucinations et dépressions.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le
Neurolupus : quand le lupus touche le cerveau
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Eruptions cutanées, douleurs articulaires, fatigue, insuffisance rénale... Les manifestations du lupus peuvent être très variées. Il s'agit d'un dérèglement du système immunitaire. Le lupus touche environ 33.000 personnes en France, essentiellement des femmes jeunes en âge de procréer.

Il existe une forme très sournoise de lupus : le neurolupus. La maladie s'attaque alors à certaines parties du cerveau. Elle provoque des hallucinations et des dépressions.

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Normalement, le système immunitaire nous protège contre les germes. Mais en cas de lupus, il se dérègle et attaque les cellules de notre corps. Presque tous les organes peuvent être touchés, y compris certaines parties du cerveau. On parle alors de neurolupus, qui peut provoquer tout type d'atteinte neurologique, tel des paralysies, des fourmillements, des convulsions, mais aussi psychiatriques, comme de l'anxiété diffuse ou un accès de psychose.

Le neurolupus ne se guérit pas mais il est possible de traiter les symptômes. Les patients doivent notamment prendre des médicaments pour réguler leur humeur et stabiliser la maladie. À ces traitements s'ajoute un suivi médical régulier.

Lors de bilans réalisés à l'hôpital, les médecins vérifient que le système nerveux du patient fonctionne normalement. Ils examinent aussi les articulations, souvent sensibles chez les personnes atteintes de lupus. La maladie évolue en effet par poussées. Entre les crises, les patients vont bien. Comme pour le lupus, l'origine du neurolupus est encore floue.

La prise en charge est la même que celle du lupus érythémateux disséminé : corticoïdes pour les poussées,  immunosuppresseurs dans les formes sévères, (cyclophosphamide, azathioprine, mycophénolate mofétil) pour réguler le système immunitaire.  Les anti-inflammatoires et les antipaludéens, traitement contre le paludisme, comme la chloroquine et l'hydrochloroquine, ont montré aussi leur efficacité dans les formes modérées, notamment localisées à la peau et/ou aux articulations. Mais ces médicaments ont des effets toxiques sur le corps, c'est pourquoi leur utilisation est limitée. Depuis quelques années, de nombreux progrès ont été faits et de nouveaux traitements (voir encadré) sont expérimentés. Une biothérapie est utilisée : le bélimumab ou le rituximab. Les médecins espèrent notamment permettre aux femmes touchées par la maladie de poursuivre une grossesse quasi normalement. Pour le moment, elles arrivent rarement à terme.