Ch@t : Parkinson

Ch@t du 18 février 2014 de 15h à 16h : le Pr Jean-Michel Gracies, neurologue, service de médecine physique et de réadaptation et le Dr Jean-Marc Gurruchaga, neurologue ont répondu à vos questions.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

Rédigé le , mis à jour le

Certains neurones de la substance noire du cerveau sont tellement sollicités au cours de la vie qu'ils finiraient parfois par se détruire, déclenchant la maladie de Parkinson.

Les réponses du Dr Jean-Marc Gurruchaga, neurologue

La consommation de café reduit l'incidence de la maladie de Parkinson selon plusieurs études épidémiologiques. En revanche, je n'ai pas de notion sur d'éventuels effets thérapeutiques directs de la caféine sur la motricité. Certaines équipes ont utilisé la caféine pour traiter la somnolence diurne associée à la maladie.

Le sujet a été abordé pendant l'émission. 5 à 10 % environ des patients relèvent d'une forme familiale réelle (début souvent plus précoce, nombreux autres cas dans la famille). Dans la majorité des cas, la maladie est toutefois sporadique. Il existe en revanche des "facteurs de susceptibilité génétique" qui peuvent s'exprimer dans certaines conditions environnementales et favoriser l'émergence de la maladie lorsqu'on est exposé à un toxique particulier (ex : agriculteur exposé aux pesticides).

Début habituel par akinésie (réduction du mouvement), hypertonie, tremblement de repos au niveau d'un segment de membre (bras ou jambe. Variante possible = douleur inexpliquée (par exemple épaule) ne répondant pas aux traitements rhumato : évocatrices si perte du ballant du bras du même côté et si petite rigidité sur examen médical. Début également possible par dépression et fatigabilité globale mais symptômes non spécifiques (nombreuses autres causes possibles) et donc non suffisants pour diagnostic. Autre mode de début = dystonie focale à l'effort (membre inf, membre sup) : plus rare et plutôt sujets jeunes. Egalement plus fréquents chez parkinsoniens pré cliniques : perte odorat troubles du comportement en sommeil paradoxal (là encore pas suffisants pour diagnostic).

Vieille hypothèse sur effets bénéfiques des traitements anti-oxydants sur la mort des neurones dopaminergiques au cours de la maladie de Parkinson. En fait aucune validation scientifique. Le problème majeur est que ce type de produit anti-oxydants n'atteint jamais le système nerveux et les neurones dopaminergiques car il est inactivé dès le passage dans le tube digestif (problème de ciblage très courant pour les pathologies du système nerveux central).

Le tremblement peut rester un symptome très prédominant et imparfaitement contrôlé par les traitements anti-parkinsoniens alors que les blocages et l'hypertonie sont parfaitement corrigés. Si absence totale d'akinésie associée il faut toutefois toujours s'interroger sur l'éventualité d'une autre pathologie, notamment tremblement essentiel (où tremblement surtout au maintien postural et lors de l'action mais composante de repos également possible si tremblement sévère). Si doute diagnostic faire scintigraphie cérébrale type DAT scan (recherche perte neurones dopaminergiques par marquage transporteur de la dopamine).

Aucun argument sur augmentation risque incidence maladie de Parkinson sous traitement IRS (type Paroxétine) à ma connaissance. Ces traitements peuvent juste avoir un effet symptomatique possible (et d'ailleurs contesté) chez des patients parkinsoniens avérés. Risque syndrome parkinsonien médicamenteux si prise associée de neuroleptiques mais effet uniquement lié à blocage des récepteurs dopaminergiques sans mort neurones dopaminergiques caractéristique de la maladie.

Troubles sommeil fréquents dans la maladie de Parkinson favorisé par le traitement dopaminergique donc essayez de limiter les doses au minimun, efficacité pour controle moteur. Etude du sommeil nocturne également interessant (recherche troubles du comportement en sommeil paradoxal, apnées sommeil etc...). Correction troubles du sommeil nocturne peut souvent améliorer somnolence diiurne mais pas toujours. Traitement spécifique parfois interessant mais nécessite consultation spécialise (modafinil, etc...).

Infos disponibles auprès des associations de patients. Il y a 24 centres experts (hospitaliers) identifiés dans le cadre du plan Parkinson : de memoire, Lille Amiens, Reims, Rouen, Caen, Rennes, Nantes, Pitié-Salpétrière, Créteil, Poitiers, Lyon, Marseille, Aix, Grenoble, Clermont-Ferrand, Montpellier etc

Le traitement nicotine non indiqué pour tous patients car traitement pour l'instant non validé + fréquents problèmes de tolérance (hypotension insomnie anxiété majoration initiale du tremblement, etc). Traitement à ne pas entreprendre sans accompagnement médical + attendre résultats des essais cliniques actuellement en cours +++ pour traitement alternatifs modopar® reponse variable selon âge et terrain associé. Si nécessité prises très fréquentes discussion possible traitement continu (pompe à apomorphine, duodopa, ou stimulation cérébrale profonde si absence de contre-indication).

Aggravation symptomatique classique en période aiguë d'une affection infectieuse ou inflammatoire mais pas d'argument pour un retentissement à long terme. En revanche incidence associée des traitements anti-infectieux si chronique, des séquelles motrices éventuelles induites par la pathologie infectieuse, de l'alération de l'état général (déconditionnement à l'effort et fonte musculaire si alitement prolongé, etc). Dans ce cas récupération motrice parfois très longue (mais possible !).

Troubles de parole souvent difficiles à prendre en charge par traitements classiques. Importance rééducation orthophonique notamment méthode LSVT. Traitements spécifiques parfois possibles dans centres spécialisés (si dystonie laryngé associée, etc). Traitement hypersialorrhée également bénéfique (anticholinergiques si non contre-indiqué, toxine botulique dans glandes salivaires, etc).

Même réponse que pour infection microbienne. Chirurgie orthopédique = événement aigu. Aucune raison que cela altère à long terme l'évolution de la maladie de Parkinson sauf si séquelle motrice liée à la chirurgie. En revanche délai de retour à l'équilibre souvent plus long chez patients parkinsoniens (rééducation +++).

Si doute sur tremblement autre origine (tremblement essentiel) intérêt scintigraphie cérébrale DAT scan mais hypersialorrhée associée évocatrice maladie de Parkinson. Faire d'abord le point avec medecin traitant ou neurologue traitant qui ont surement un point de vue précis sur le diagnostic. Danger sevrage en dopa surtout si brutal. Ne pas essayer sans avis médical.

Chirurgie encore tres récente. Prise en charge post-opératoire des patients stimulés = longue et compliquée. Il faut refaire le point avec les neurologues impliqués dans les réglages mais situation très fréquente et pas spécialement inquiétante à ce stade.

 

 

 

 

Les réponses du Pr Jean-Michel Gracies, neurologue

Mixer les liquides ! C'est-à-dire acheter une poudre gélifiante (NUTILIS de NUTRICIA par exemple) en pharmacie pour gélifier l'eau. Ça marchera très bien.

Tremblement, jambe qui traîne, fatigue, dépression, douleurs multiples.

90% des formes sont environnementales et non génétiques.

Guérison je ne sais pas mas l'effet placebo a été prouvé, impliquer effectivement de la production endogène temporaire de dopamine et de morphine. Pas de "guérison" à proprement parler.

Faites le consulter chez nous sur Créteil ! En 2014, les deux meilleurs traitements du tremblement essentiel sont la toxine botulique et le renforcement moteur. Pas la dopamine.

Non, c'est plutôt l'inverse.

Oui, "tremblement essentiel" ou tremblements d'origine médicamenteuse.

Les effets secondaires peuvent être importants (somnolence, nausées, hypotension) et la stabilisation ou l'amélioration des symptômes peut être obtenue par des programmes de travail physique.

Il faut tenter d'utiliser les doses les plus faibles possibles de lévodopa®. Pas d'âge limite pour la pompe. Pas d’incidence sur la vue.

Non. Aucune évidence dans ce sens et nous avons même l'impression contraire à condition que l'intensité du travail physique et sa régularité soient respectées sur de longues périodes.

Le travail physique intense et prolongé est une voie thérapeutique d'avenir qui sera testée en études contrôlées prospectives de long terme prochainement.

Le vélo, la natation, la course à pieds, le Tai Chi et la danse.

Mieux que rien. Vélo et natation sont mieux. Sauf si vous triplez le poids des boules.

Consultez le Dr Nicolas BAYLE dans notre service de neurorééducation.

Vélo excellent, pas d’études sur la natation mais pas de raison de penser à des effets négatifs au contraire.

Si c'est une vraie maladie de Parkinson la chirurgie par stimulation cérébrale profonde est un excellent traitement. L'exercice physique aussi, s'il est intense et quotidien.

Oui !! Il faut essayer de la diminuer doucement, par étapes, pour voir si la séance d'activité physique du matin ne remplace pas l'effet du modopar®.

Contactez le Professeur d'activité physiques adaptées Mina BOUTOU, dans notre service de neurorééducation à Créteil.

C'est fort possible. La rasagiline peut avoir des effets secondaires cardiaques, psychologiques (stress) et digestifs, surtout à partir de deux ans de prise continue.

Il faut pratiquer du vélo à haute intensité, qui ne met pas le rachis en hyperextension.

La plupart des patients meurent d'autres choses aujourd'hui. Le grand risque est la déglutition. Mixer (crèmes, eau gélifiée etc) les aliments dès que la personne s'étouffe pendant ou après les repas.

Probablement pas négatif. Mais je vous conseille de venir vous faire traiter en exercices spécifiques par Mme Thara SANTIAGO, kinésithérapeute hautement spécialisée à notre hôpital de jour de neurorééducation sur l'hôpital Albert Chenevier.

Contactez le Professeur d'Activités Physiques adaptées Mina BOUTOU dans notre équipe.

 

 

 

 

En savoir plus

Lenteur des mouvements, raideur, tremblements… aucun traitement ne permet aujourd'hui de guérir la maladie de Parkinson mais plusieurs médicaments peuvent atténuer ces symptômes. La rééducation par la kinésithérapie est un complément essentiel du traitement de la maladie de Parkinson. Dans les cas les plus graves, une chirurgie peut être envisageable.

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