Fausse couche : comment réagir ?
Des saignements au cours d’une grossesse, c’est l’angoisse de nombreuses femmes car cela peut être le signe d’une fausse couche. Qu’est-ce qu'une une fausse couche ? Quand y-a-t-il lieu de s’inquiéter et comment réagir ? Les réponses du Dr Anthony Chauvin, médecin urgentiste.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le
La fausse couche correspond à un arrêt spontané de la grossesse au cours des 5 premiers mois ou plus exactement avant la 22ème semaine d’aménorrhée, date de viabilité du fœtus. Au-delà de cette date, on parle d'accouchements prématurés.
On distingue 2 types de fausses couches :
En France, on estime à 20 000 environ le nombre de fausses couches chaque année, soit 10 à 15 % des grossesses. Certaines études font même état d'un tiers des grossesses se terminant par une fausse couche, le plus souvent avant même que la femme ne se sache enceinte. Le risque est deux fois plus important si la femme a dépassé l'âge de 35 ans.
Les facteurs favorisant la fausse couche
Quels sont les symptômes d’une fausse couche ?
Que faire si on pense faire une fausse couche ?
Consulter pour faire un diagnostic :
Pour savoir si l’expulsion est complète, on fait une échographie de contrôle qui montrera une vacuité de la cavité utérine ainsi qu’une prise de sang visant à doser l’hormone de la grossesse (BétaHCG). Il n'y a aucune intervention médicale, vous pourrez rentrer chez vous.
Si l'expulsion est incomplète
Votre médecin vous prescrira des comprimés de prostaglandines pour provoquer des contractions et un traitement antalgique. L’expulsion se fera au domicile. Bien entendu, si une hémorragie importante intervient, la patiente devra être hospitalisée d'urgence. Une fois la fausse couche terminée, il faudra vérifier par une échographie si l'utérus contient encore une partie de l’œuf.
Si la totalité du fœtus n'est pas rejetée dans les vingt-quatre heures, une intervention est nécessaire. Il s'agit d'une aspiration endo-utérine sous anesthésie générale, locale ou rachidienne.
Stratégie en cas de fausse couche tardive
Quand la fausse couche intervient après le premier trimestre, une hospitalisation est nécessaire car il peut y avoir des risques d'hémorragie. Le rejet a alors lieu sous anesthésie générale ou péridurale. À plus de quatre mois de grossesse, les femmes doivent se préparer à subir un véritable accouchement et ce du fait de la taille du fœtus. Cela représente une épreuve psychologique pour les patientes.
Suivi psychologique après une fausse couche tardive
Un suivi psychologique doit être proposé systématiquement et ce aussi bien à la patiente qu’à son conjoint. La fausse couche est identique à un deuil péri natal. Une étude récente a mis en évidence que 39 % des femmes ayant vécu une fausse couche précoce présentent, trois mois après, des symptômes de stress post-traumatique.
Il y a des symptômes qui peuvent faire penser à une fausse couche, qui n’en sont pas et qui représentent une urgence vitale...
Les signes qui doivent vous alerter sont des saignements noirâtres après un retard de règles, associés à des douleurs, latéralisées ou non, dans le bas-ventre pouvant irradier jusqu’à l’épaule. Il ne s’agit pas d’une fausse-couche mais probablement d’une grossesse extra-utérine. C‘est une urgence médicale absolue. La grossesse extra-utérine ou GEU c’est un œuf qui, au lieu de s’implanter dans l’utérus, reste dans la trompe et continue de s'y développer.
La trompe peut alors se rompre, provoquer une hémorragie interne et conduire au décès de la mère.