VIH : le bébé que l'on croyait ''guéri'' par des antirétroviraux testé séropositif

La petite Américaine née séropositive, mais qu'un traitement intense et précoce aux antirétroviraux avait apparemment "guérie", a vu le virus réapparaitre.

Rédigé le

VIH : le bébé que l'on croyait ''guéri'' par des antirétroviraux testé séropositif
VIH : le bébé que l'on croyait ''guéri'' par des antirétroviraux testé séropositif

L'espoir des chercheurs a été tué dans l'œuf. La jeune enfant chez qui un intense traitement aux antirétroviraux avait semblé vaincre le virus du sida est finalement toujours séropositive. Une triste nouvelle pour l'enfant et sa famille, mais aussi pour les chercheurs qui pensaient qu'un traitement ultra-précoce des nouveau-nés séropositifs pourrait permettre de les guérir (voir notre article de décembre 2013).

Au début de l'année 2010, une équipe de médecins de Baltimore (Etats-Unis) avait en effet pris en charge une petite fille née séropositive, contaminée par sa mère qui ne suivait pas de traitement. La petite fille avait alors reçu des antirétroviraux moins de trente heures après sa venue au monde. Une prise en charge bien plus précoce que celle qui est habituellement pratiquée chez les nouveau-nés à haut risque d'être contaminés. 

Rémission plutôt que guérison

L'enfant avait ensuite été traitée jusqu'à 18 mois, avant que les médecins ne perdent sa trace pendant dix mois. Durant cette période, la petite Américaine n'avait reçu aucun traitement antirétroviral. Quand les médecins l'avaient examinée à l'issue de cette période, aucun des tests sanguins effectués par la suite n'avait détecté la présence du VIH. La charge virale était alors insuffisante pour être détectable par les analyses, ce qui suffit à parler de rémission mais ne signifie pas que l'organisme soit exempt de tout virus du sida. Les chercheurs parlaient alors de rémission.

Mais un test de routine effectué au début du mois de juillet 2014 a révélé que la fillette avait de nouveau un niveau détectable du VIH dans le sang, associé à une quantité moindre de lymphocytes et à la présence d'anticorps liés au VIH.

"Le cas de cet enfant du Mississippi montre que le traitement précoce aux antirétroviraux n'a pas complètement éradiqué le réservoir de cellules touchées par le VIH. Mais il pourrait avoir considérablement limité son développement et permis d'éviter qu'elle prenne des antirétroviraux pendant une longue période", a expliqué le docteur Anthony Fauci, directeur de l'Institut national de l'allergie et des maladies infectieuses (National Institute of Allergy and Infectious Diseases - NIAID). Ce dernier a indiqué dans un communiqué daté du 7 juillet 2014 que la petite fille était de nouveau soumise à des antirétroviraux et se portait bien.

"Le fait que cet enfant ait été en rémission durant quatre ans est déjà formidable mais malheureusement l'issue de cette période ne me surprend qu'à moitié", commente le Dr Robert Cohen, pédiatre et infectiologue à l'hôpital de Créteil. Le fait que la charge virale ait été indétectable ne signifie pas la disparition totale du virus dans les cellules. Il aurait fallu attendre de nombreuses années pour déclarer la patiente guérie et non en simple rémission, explique le médecin.

Le pédiatre rappelle que dans les pays où le VIH est dépisté et traité, l'infection des nouveau-nés par les mères séropositives est devenue exceptionnelle. Le traitement des futures mères par les antirétroviraux rend en effet leur charge virale insuffisante pour contaminer le bébé in-utéro ou lors de l'accouchement. 

Sponsorisé par Ligatus