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Une jeune fille décède lors d'un vol long-courrier Paris-Pékin

Une collégienne est décédée à bord d’un vol long courrier le 16 octobre dernier. Cette nouvelle tragique pose question : comment les équipage sont-ils formés aux soins médicaux ?

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Une jeune fille décède lors d'un vol long-courrier Paris-Pékin
Une jeune fille décède lors d'un vol long-courrier Paris-Pékin

Elle avait 14 ans. Dans la nuit du 15 au 16 octobre, une collégienne originaire de Rennes a trouvé la mort dans un vol Paris-Pékin. Elle avait embarqué avec sa classe dans le cadre d’un voyage scolaire. Victime d’un malaise, elle n’a pu être réanimée ni par le personnel navigant, ni par un médecin généraliste, présent à bord. A leur arrivée en Chine, les élèves ont été pris en charge par l’ambassade de France. Ils sont actuellement accompagnés par un psychologue. Une cellule d'écoute a été mise en place au sein du collège Saint-Gabriel, près de Rennes. Ce sombre épisode pose évidemment question : comment sont formés les hôtesses et stewards à bord ? Y a-t-il toujours un médecin dans l'avion ?

Un personnel formé aux premiers soins

Pour être certifié PNC (personnel navigant commercial), il faut impérativement passer le brevet de secourisme. Chez Air France par exemple, comme indique Vincent Feuillie, médecin-conseil de la compagnie, les hôtesses et stewards "ont une formation annuelle, et les contrôles sont réguliers. Ils savent entre autres faire des massages cardiaques ou utiliser un défibrillateur". Même son de cloche chez Hop : "Leur niveau est supérieur à celui d’une personne lambda formée aux premiers secours : ils sont entraînés à gérer les symptômes d’urgence médicale", indique la communication.

Il est par ailleurs important de noter que sur la plupart des vols, on trouve des médicaments et des équipements d’urgence. Deux types de packs médicaux existent : la trousse de secours et la trousse médicale d’urgence (TMU). Chez Air France, "il y a une trousse de secours pour 150 passagers et une TMU si l’on est à plus d’une heure de l’aéroport de destination", note le Dr Feuillie.

La première contient des traitements et du matériel en accès libre : il n’y a pas besoin d’une autorisation médicale pour l'utiliser. Pour se servir de la seconde, il est nécessaire qu’un médecin soit présent, ou qu’une autorisation soit donnée par un service médical au sol. En France, c’est le SAMU de Paris qui assure une régulation médicale. Dans cette trousse, on trouve, entre autres, "du matériel de diagnostic, des tensiomètres électriques, des glucomètres et des saturomètres", explique le Dr Feuillie. Dans des cas extrêmes, comme lors d’un AVC, un déroutement est possible.

Par ailleurs, Air France suit pour sa part certaines règles de l’administration fédérale de l’aviation (FAA). "Par exemple, avoir un défibrillateur à bord est obligatoire aux Etats-Unis, et nous avons choisi de suivre cette obligation, qui n’est toujours pas en vigueur en Europe. Il y en a sur les vols court, moyen et long-courrier" note Vincent Feullie.

Un médecin présent sur 80% des vols long-courriers

Néanmoins, "l’environnement dans les avions commerciaux n’est pas propice à la prestation de soins médicaux de qualité, notamment en cas d’urgence médicale", estime l’Association médicale mondiale (AMM). Le manque de matériel, le stress de l’instant ou le fait d’être confiné, entre autres, compliquent grandement la tâche du personnel. D’après le Dr Feuillie cependant, un médecin est présent sur "à peu près 80% des vols long-courrier". L’AMM précise toutefois que "même le professionnel de santé le plus expérimenté qui soit se trouvera probablement en difficulté dans un environnement" de stress tel que l’avion.

Les compagnies signalent environ un incident médical pour 20.000 passagers, un décès sur 5.000.000 et un déroutement médical sur 20.000 vols. Cela paraît peu, mais fait tout de même plusieurs centaines d’incidents liés à la santé chaque jour. L’Académie de médecine estimait, dans un rapport publié en 2010, que bon nombre d’entre eux pourraient être évités si les voyageurs étaient correctement informés au préalable, grâce notamment à un "guide du voyageur", ou par l’intermédiaire de leur médecin traitant.

L'Académie proposait également qu’un "correspondant médical de bord" soit formé parmi le personnel de cabine. Il serait le correspondant des médecins et services d’urgences au sol. Enfin, les académiciens s’étonnaient du fait qu’aucun emplacement ne soit prévu dans les avions pour prendre en charge correctement d’éventuels malades techniquement et dans le respect de la confidentialité.

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