Image d'illustration. Crédits Photo : ©Shutterstock
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Maladie de Dupuytren : quand les doigts se rétractent (2)

Des doigts qui se contractent, une main qui se déforme progressivement, ces symptômes sont la conséquence de la maladie de Dupuytren. En France, 2% des hommes de plus de 40 ans sont touchés par cette affection.

Victoire Panouillet
Rédigé le , mis à jour le

Comment fonctionne la main ?

Aujourd’hui, les causes de cette maladie ne sont pas connues. Il est tout de même suspecté une prédisposition génétique. 

La maladie de Dupuytren est fréquente dans les pays d’Europe du Nord et touche particulièrement les hommes de plus de 45 ans. Si les origines de la maladie ne sont pas connues, en revanche, son mécanisme l'est parfaitement. Pour le comprendre, il faut regarder comment est composée la main.   

La main est un organe particulièrement complexe, formée d’os, de tendons, de ligaments, de muscles et de nerfs. Et aussi d’aponévrose, une membrane fibreuse située sous la peau de notre paume. Dans la maladie de Dupuytren, c’est cette aponévrose qui s’épaissit progressivement.  

La maladie entraîne l’apparition de petites boules, des nodules, et de bandes de tissus qu’on appelle les brides. En se rétractant, ces nodules et ces brides entraînent une flexion des doigts.  

 

Maladie de Dupuytren : quand il faut opérer

Quand la maladie devient trop handicapante, une intervention chirurgicale peut devenir nécessaire. Éric a 57 ans, il connait bien cette chirurgie puisque plusieurs de ses doigts ont déjà été opérés. Cette fois-ci c'est son auriculaire qui le gène.

Maladie de Dupuytren : une rééducation indispensable

Après l’opération, le patient doit rapidement mobiliser ses doigts pour aider à la résorption de l’hématome, causé par l’intervention. Sa main est également protégée par un pansement compressif, très fin et très léger. 

Après une dizaine de jours, le patient doit entamer une rééducation dans un service de kinésithérapie. 

Aponévrotomie percutanée à l’aiguille

Il existe un autre traitement : l’aponévrotomie percutanée à l’aiguille. Peu invasive, elle a été mise au point à la fin des années 70 et n’est pratiquée que par une cinquantaine de médecins rhumatologues en France. Elle peut être conseillée dans les débuts de la maladie. 

Le traitement se pratique en ambulatoire et sous anesthésie locale. Le rhumatologue détermine d’abord l’épaisseur de la bride, responsable de la flexion du doigt. Ensuite, à l’aide d’une aiguille, le médecin va peu à peu sectionner cette bride, avec des mouvements de va-et-vient. Au bout de quelques minutes, quand la bride est suffisamment endommagée, le médecin tire sur le doigt pour la rompre complètement. 

Ce traitement peut être réalisé plusieurs fois, jusqu'à ce que la maladie se stabilise, généralement après 20 à 30 ans d'évolution. 

Aujourd’hui, on ne guérit pas de la maladie de Dupuytren. Que vous soyez traité par aponévrotomie percutanée ou par intervention chirurgicale, le risque de récidive est élevé. 

Après 5 ans, près de la moitié des patients souffre de nouveau des nodules ou des brides.