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Fibromes utérins : des tumeurs bénignes

Les fibromes utérins sont des tumeurs bénignes, donc non cancéreuses. Une femme sur trois serait concernée après 40 ans. Leur développement, sur les fibres musculaires de l'utérus, provoque des douleurs au bas ventre et des saignements anormaux. Comment traite-t-on ces fibromes ? Toutes les réponses dans ce dossier.

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Fibromes utérins : des tumeurs bénignes
Fibromes utérins : des tumeurs bénignes
Sommaire

Anatomie et manifestations physiques des fibromes

Des explications anatomiques en images, pour mieux comprendre les fibromes utérins

Douleurs abdominales, saignements plus abondants lors des règles, envies fréquentes d'uriner… Ces signes peuvent évoquer la présence de fibromes. Des tumeurs bénignes qui se développent dans l'utérus et qui sont assez fréquentes chez les femmes entre 30 et 50 ans. On estime en effet qu'une femme sur trois de cette classe d'âge est concernée.

L'utérus est composé de plusieurs couches : la plus interne est appelée endomètre, elle se renouvelle et dégénère en partie, à chaque cycle menstruel, ce qui est à l'origine des règles. La couche la plus externe correspond à l'exomètre. Entre les deux, il y a le myomètre, une couche composée de fibres musculaires. Le fibrome se développe à partir de ces cellules musculaires. 70% des fibromes sont des fibromes intra-muraux, c'est-à-dire qu'ils sont situés au milieu du muscle utérin. 

On distingue d'autres localisations de fibromes. Bien qu'ils se développent toujours à partir de cellules du myomètre, la masse peut se développer vers l'extérieur de l'utérus. Ils sont parfois rattachés par un pédicule, on parle alors de fibromes sous-séreux. Ceux qui se forment sous la surface de la muqueuse et occupent de l'espace dans la cavité utérine correspondent aux fibromes sous-muqueux. Tous ces fibromes ont pour point commun de déformer l'utérus.

Les fibromes ont aussi la particularité d'être irrigués par des vaisseaux sanguins issus de l'artère utérine. Le sang va nourrir ces fibromes et même s'ils sont bénins, ils vont avoir tendance à grossir au fil des années. En fonction de leur localisation et de leur taille, les fibromes utérins peuvent provoquer des douleurs, des troubles urinaires et des difficultés à concevoir...

Diagnostic des fibromes : l'importance de l'échographie

L'échographie permet d'explorer l'utérus

La grande majorité des fibromes n'occasionnent aucun trouble et ne doivent être ni opérés, ni traités médicalement.

Dans ce cas, il est découvert par hasard lors d'un examen gynécologique : en appréciant le volume de l'utérus, sa sensibilité, et sa forme. On peut repérer un utérus porteur de fibromes car il est habituellement irrégulier, bosselé.

Pour déterminer la prise en charge la mieux adaptée aux fibromes de la patiente, il est souvent nécessaire de pratiquer des examens, notamment une échographie, pour explorer l'utérus. En fonction des résultats, un traitement médicamenteux est parfois proposé.

Etablir une cartographie des fibromes

L'IRM dans le diagnostic des fibromes utérins

Taille, localisation, rapport avec la cavité utérine… L'IRM permet d'établir une cartographie détaillée du ou des fibromes. Autant d'informations utiles pour choisir et préparer au mieux un futur traitement.

L'IRM est une technique d'imagerie médicale qui permet d'observer le fibrome dans les moindres détails. L'examen, dont les rayonnements sont sans danger pour la patiente, dure une vingtaine de minutes.

Fibromes utérins : des traitements médicaux et chirurgicaux

L'intervention chirurgicale par embolisation des fibromes

Un traitement médical consiste à supprimer la production d'œstrogènes par les ovaires, car cette hormone favorise le développement du fibrome. Mais lorsque que l'on arrête ce traitement, les symptômes réapparaissent et les fibromes grossissent à nouveau.

De nouvelles options

D'autres techniques sont en cours de validation : les ultrasons, et la radiofréquence.

L'acétate d'ulipristal (Esmya®, qui est un modulateur du récepteur à la progestérone) est indiqué avant une opération car il réduit leur taille. Il s'agit d'un comprimé à prendre par jour, durant trois mois. On estime qu'une femme sur quatre seulement sera opérée.

Pour retirer les fibromes, il existe deux types d'interventions chirurgicales.

La myomectomie consiste à n'enlever que le ou les fibromes qui posent problème. C'est la technique privilégiée dans la plupart des cas, notamment pour les femmes jeunes, qui souhaitent encore un enfant.

L'hystérectomie est plus radicale puisqu'on retire complètement l'utérus. Cette solution est souvent choisie pour les femmes qui ne désirent plus d'enfants, ou lorsque le fibrome a une taille très importante. La durée d'hospitalisation est de quatre jours en moyenne, la récupération se fait en un mois environ.

L'embolisation est une alternative à ces opérations pour réduire les fibromes. Peu invasive, cette intervention qui se fait dans des services de radiologie, consiste à boucher, grâce à des micro-billes, les artères qui irriguent le fibrome. Pour ce faire, le radiologue place un fin cathéter dans l'artère fémorale au niveau de l'aine. C'est par ce cathéter que le radiologue peut injecter des microbilles synthétiques dans les artères de l'utérus. Ces microbilles vont se loger près du fibrome, obstruer ses canaux d'approvisionnement et littéralement l'asphyxier. Le fibrome va donc se nécroser et rétrécir.

Cette intervention est réalisée sous anesthésie locale et dure environ une heure. Il existe toutefois des contre-indications à ce traitement, par exemple lorsque les fibromes sont trop volumineux. Le nombre de fibromes, leur nature, ou encore le désir de grossesse entrent aussi en ligne de compte (une étude est actuellement menée pour savoir si cette contre-indication est encore valable).

Après l'embolisation, des crampes peuvent persister plusieurs jours dans le bas ventre. Des nausées, une petite fièvre sont également possibles. Les complications, comme une infection, sont rares, mais lorsqu'elles ont lieu, elles imposent d'opérer à nouveau pour retirer tout l'utérus. La durée d'hospitalisation est de 3,3 jours en moyenne, la récupération se fait en dix jours environ.

Cette technique est encore assez peu utilisée en France. D'abord, parce que le nombre de radiologues interventionnistes, qui peuvent pratiquer ce geste, reste réduit, mais aussi parce qu'il s'agit d'une technique qui nécessite une prise en charge pluridisciplinaire pas toujours facile à mettre en place.

Les patientes ont déjà été embolisées avec succès dans le monde. Elles conservent leur utérus et donc leur organe de fécondité, des cas de grossesse ont également été rapportés dans plusieurs études internationales. Le taux de réussite est estimé à 90%. L'embolisation est efficace sur les saignements huit fois sur dix et sur les douleurs six fois sur dix (source : Panorama du médecin du 30 novembre 2015).

Fibromes utérins : l'hystérectomie, un traitement radical

Attention, images de chirurgie ! L'hystérectomie correspond à l'ablation de l'utérus.

Quand le fibrome est trop gros ou mal placé, une opération est nécessaire pour le retirer.

On est parfois obligé de procéder à une hystérectomie, c'est-à-dire une ablation de l'utérus pour venir à bout des fibromes. Même si d'autres techniques moins lourdes existent, l'hystérectomie reste souvent la dernière solution quand tout a été tenté.

L'hystérectomie est souvent pratiquée pour ce type de problèmes. Elle est réalisée sous anesthésie générale et nécessite trois à quatre jours d'hospitalisation et quatre à six semaines de récupération. L'hystérectomie est le plus souvent réservée aux patientes qui ne désirent plus de grossesse.

Fibromes utérins : la résection hystéroscopique du fibrome

Qu'est-ce qu'une résection hystéroscopique ?

Pour les fibromes sous muqueux, ceux logés dans la cavité utérine, il est possible de les retirer par les voies naturelles. On appelle cette opération une résection hystéroscopique.

Il ne s'agit pas d'un traitement définitif, car il existe un risque d'apparition de nouveaux fibromes.

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