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Quand la constipation pousse à bout

Si la constipation est parfois gênante, voire douloureuse, la plupart du temps elle n'est pas grave et finit par passer. Mais dans certains cas, la constipation perdure, les épisodes se répètent durant des mois ou des années, accompagnés de fortes douleurs et de séjours à l'hôpital. On parle alors de constipation chronique ou sévère, et la prise en charge est particulière.

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Quand la constipation pousse à bout
Quand la constipation pousse à bout
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Qu'est-ce que la constipation ?

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent la formation des selles.

Un Français sur quatre, et une femme sur deux… Tout le monde peut être gêné à un moment ou à un autre par la constipation. Le plus souvent passagère, la constipation peut aussi être sévère. Elle peut alors être à l'origine de douleurs intenses.

Lorsque le transit intestinal est sans problème, après avoir été mâchés et avalés, les aliments passent dans le pharynx, puis l'oesophage. Dans l'estomac, les aliments sont transformés en "bouillie" grâce au brassage mécanique et l'action des sucs gastriques. La digestion se poursuit dans l'intestin grêle où les villosités intestinales vont absorber les nutriments. Chacun des segments de l'intestin est spécialisé dans l'assimilation de nutriments, vitamines et sels minéraux particuliers. Les matières qui n'ont pas besoin d'être absorbées progressent jusqu'au gros intestin.

La digestion au niveau du côlon consiste essentiellement en une dégradation microbienne sans grande utilité pour la nutrition. C'est aussi à ce niveau qu'il y a une déshydratation des matières : l'eau est réabsorbée par le côlon. Les matières fécales sont stockées dans le rectum et sont ensuite évacuées grâce au relâchement du sphincter anal.

La constipation peut être due à la lenteur de la progression des matières fécales à l'intérieur de l'intestin : on parle de constipation de progression. Dans d'autres cas, les matières fécales progressent normalement, mais le patient souffre de troubles de l'évacuation liés à un mauvais fonctionnement de la dernière partie du côlon, le rectum et l'anus (on parle de constipation terminale). Les causes peuvent être diverses : mauvaise alimentation, particularités anatomiques, maladies (neurologiques par exemple) ou prise de certains médicaments.

Pour qualifier les selles, on peut se référer à la très sérieuse échelle de Bristol qui répartit les selles humaines en sept types, en fonction de leur forme. La forme des selles dépend du temps qu'elles ont passé dans le côlon. Les selles de type 1 et 2 évoquent une constipation.

Constipation : quels examens faire et à quel moment ?

Séance de biofeedback

Quand les conseils diététiques ou les laxatifs ne fonctionnent pas et que la constipation est très gênante, on peut aller voir un spécialiste. Il prescrira si c'est nécessaire des examens afin de préciser l'origine de la constipation. Plusieurs explorations fonctionnelles existent : l'une d'entre elles est la manométrie ano-rectale. Le médecin étudie alors la sensibilité du rectum et du sphincter.

Une de ces techniques est le biofeedback. A l'aide de pressions électriques enregistrées sur un écran, le biofeedback va augmenter la perception sensorielle tout en exerçant les muscles du plancher pelvien à se relaxer, amenant ainsi une meilleure coordination entre les intestins et le sphincter anal.

Dans certains cas de constipation, généralement lorsqu'elle est terminale, c'est-à-dire lorsqu'il s'agit d'une difficulté à évacuer les selles, des séances de rééducation périnéale peuvent être nécessaires. Grâce à la technique du biofeedback, le patient apprend à faire travailler les bons muscles.

La neuromodulation sacrée en cas de constipation sévère

Attention images de chirurgie ! Une fois implanté, le pacemaker peut fonctionner pendant une dizaine d'années.

La "neuromodulation sacrée" est une technique peu invasive qui consiste à envoyer grâce à une électrode un courant continu qui stimule les racines nerveuses autour de l'anus et du rectum.

La pose de l'électrode de neurostimulation se fait à proximité de la troisième racine sacrée pour stimuler le nerf qui innerve l'anus et le rectum. Outre la stimulation de la troisième racine sacrée, la stimulation touche également toute une série de nerfs qui vont modifier le fonctionnement intestinal, la perception au niveau cérébral que l'on a du transit… Cet ensemble de stimulations électriques va améliorer la continence.

Le médecin utilise une aiguille de ponction pour repérer la zone à stimuler. Les nerfs sacrés sont accessibles par de petits orifices naturels dans l'os du sacrum. Pour placer l'électrode, le chirurgien introduit un guide à la place de l'aiguille de ponction. Il prépare ensuite une petite loge sous la peau où sera installé le boîtier définitif de stimulation lors d'une seconde intervention prévue plus tard. En attendant, pendant la période de test, l'électrode est reliée à un boîtier externe. En fonction des résultats obtenus, si le bénéfice est satisfaisant, le pacemaker définitif sera implanté.

Constipation sévère : la technique de Malone

Attention, images d'intervention chirurgicale. Cette opération permet aux patients qui ont un intestin qui ne fonctionne plus de pouvoir reprendre un transit.

Quand la constipation est devenue sévère, suite à des occlusions répétées ou des malformations, on peut proposer à des patients une intervention assez rare, le Malone. Il s'agit d'installer une sonde pour injecter de l'eau ou des laxatifs directement en haut du côlon.

L'intervention consiste à implanter une petite prothèse entre la peau et le côlon pour pouvoir irriguer le côlon, c'est-à-dire instiller de l'eau à l'intérieur du côlon et rétablir un transit chez un patient qui a une constipation très sévère.

Après une courte période de cicatrisation, les patients peuvent eux-mêmes faire des irrigations en branchant une poche d'eau au dispositif et faire une évacuation du côlon.

La chirurgie pour la constipation d'origine rectale

Attention, images de chirurgie

Pour traiter une constipation qui prend son origine au niveau du rectum, les médecins peuvent proposer une chirurgie fonctionnelle. Ils corrigent l'ensemble des troubles liés à la constipation grâce à une technique de résection rectale.

Constipation : bien choisir son laxatif

Comment bien choisir son laxatif ?

La constipation est un problème très fréquent, plus ou moins sévère. Pour y faire face, il est possible de se tourner vers les laxatifs.

Dans les rayons des pharmacies, on trouve de nombreuses sortes de laxatifs. Poudres, gelées, comprimés, gélules… Nous avons sélectionné une vingtaine de médicaments vendus sans ordonnance, classés en six familles.

  • Les laxatifs par voie rectale

L'avis de Céline Jaffuel, pharmacienne : "Avec les laxatifs par voie rectale, on libère qu'une partie basse, donc au niveau du rectum. Il y a juste un effet réflexe. Ces laxatifs vont avoir un effet mécanique local mais ils ne vont pas résoudre l'origine de la constipation qui est plus en amont au niveau du tube digestif."

Les laxatifs par voie rectale sont donc déconseillés.

  • Les laxatifs stimulants

Les laxatifs stimulants, souvent à base de plantes comme le séné ou la bourdaine, contractent la paroi intestinale et provoquent l'évacuation des selles mais ils sont irritants.

L'avis de Céline Jaffuel, pharmacienne : "L'intestin demande ce genre de plantes pour être de nouveau stimulé et pouvoir libérer. Problème : beaucoup de personnes deviennent dépendantes de ces médicaments pour pouvoir aller aux toilettes."

Les laxatifs stimulants sont donc eux aussi déconseillés. Mieux vaut choisir des médicaments qui agissent en douceur sur l'hydratation des selles comme les laxatifs osmotiques.

  • Les laxatifs osmotiques

L'avis de Céline Jaffuel, pharmacienne : "Les laxatifs osmotiques permettent d'apporter de l'eau dans l'intestin, de réhydrater les selles et donc de relancer le transit. Ils ne sont pas irritants, on peut les utiliser au long cours. En revanche, les laxatifs osmotiques mettent un peu plus de temps à agir, 24 à 48 heures."

Les laxatifs osmotiques sont donc conseillés.

  • Les laxatifs mucilagineux

L'avis de Céline Jaffuel, pharmacienne : "La graine d'ispaghul et la graine de lin sont les plus connues. Elles permettent d'absorber l'eau, de gonfler et de ramollir les selles et d'actionner le transit."

Les laxatifs mucilagineux sont eux aussi conseillés.

  • Les laxatifs lubrifiants

Les laxatifs lubrifiants sont des huiles que l'on peut ajouter à l'alimentation ou des gelées faciles à avaler.

L'avis de Céline Jaffuel, pharmacienne : "Leur mode d'action, c'est d'huiler, de lubrifier les selles et de les faire glisser. Il s'agit donc d'un mode d'action mécanique. L'huile va empêcher le passage de certaines vitamines dans l'organisme donc il faut les utiliser sur une petite semaine mais pas au long cours."

Les laxatifs lubrifiants doivent donc être utilisés ponctuellement. On peut aussi trouver des compléments alimentaires contre la constipation mais la meilleure solution reste une alimentation naturellement riche en fibres, une très bonne hydratation sans oublier l'activité physique.

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