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Vivre après un infarctus

Chaque année en France, on compte 110.000 à 120.000 infarctus selon la Haute Autorité de santé (HAS). Après l'accident, quand le risque vital est écarté, une nouvelle vie commence pour le patient avec parfois des séquelles, et souvent la peur de la récidive. Un risque de récidive estimé à 17% après un premier infarctus. Comment vit-on avec le risque de récidive ? Peut-on reprendre le sport après un infarctus ? Faut-il changer son alimentation ?

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Sommaire

Qu'est-ce que l'infarctus ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent les causes de l'infarctus.

En France, chaque année près de 120.000 personnes sont victimes d'un infarctus. Près d'un tiers d'entre elles décèdent. Aujourd'hui la prévention des risques cardiovasculaires permet de réduire ces accidents cardiaques. Mais s'ils surviennent, la récupération peut s'avérer longue et complexe. Après l'infarctus, le malade est exposé à un risque accru de complications cardiovasculaires et de décès : la mortalité du malade est proche de 10% l'année suivant l'infarctus, puis de 5% les années suivantes. Il convient donc de rester vigilant pour éviter les récidives.

Le cœur est principalement un muscle : le myocarde. Son rôle est de se contracter pour propulser le sang dans l'organisme au rythme des battements cardiaques. En une vie, le cœur bat trois milliards de fois et pompe environ 250 millions de litres de sang. Ce muscle a donc besoin de beaucoup d'énergie, aussi bien de l'oxygène que des nutriments. C'est pour cette raison qu'il est traversé par des vaisseaux sanguins qu'on appelle les artères coronaires. Elles naissent de l'aorte et se ramifient pour former des capillaires qui s'insinuent dans le muscle, afin d'en nourrir chaque zone.

Il suffit qu'une partie de ces vaisseaux se bouche pour qu'un infarctus se produise. Cela peut faire suite à la rupture d'une plaque d'athérome et à la formation d'un caillot. Privées d'oxygène, les cellules cardiaques présentent en aval de l'obstruction, meurent au bout de quelques minutes, provoquant la nécrose d'une partie du muscle cardiaque. Le cœur est alors en souffrance, il le fait savoir en envoyant des messages de douleur qui vont remonter le long des nerfs. La douleur irradie dans le bras gauche et parfois la mâchoire, ce sont les signes de l'infarctus. Si cette nécrose s'étend sur plus de 40% de la surface, le myocarde peut cesser de battre.

Lorsque l'infarctus n'a atteint qu'une toute petite zone du cœur, il est souvent possible de reprendre une vie tout à fait normale. Mais cette attaque laisse néanmoins une cicatrice sur le muscle. Sa capacité à se contracter est donc plus faible et on remarque que dans 30% des cas, au bout d'un an, le ventricule gauche s'est dilaté pour compenser la perte d'efficacité du myocarde. Une insuffisance cardiaque peut alors s'installer progressivement provoquant essoufflement et œdème.

La surveillance médicale à long terme est donc indispensable. La personne doit prendre plusieurs types de médicaments visant à prévenir la récidive et à contrôler certains facteurs de risque. Des mesures d'hygiène de vie ainsi qu'une réadaptation à l'effort sont également indispensables.

La réadaptation physique après un infarctus

Les programmes de réadaptation physique sont indispensables pour prévenir les risques de récidive.

Après un infarctus, il est recommandé de reprendre une activité sportive. Depuis 2012, le centre de Bains-les-Bains propose aux patients d'allier cure thermale et réadaptation physique. Une manière douce de se remettre au sport.

Avant de reprendre une activité sportive, les victimes d'infarctus doivent passer un test d'effort afin de définir un seuil de fréquence cardiaque à ne pas dépasser. L'activité physique permet de diminuer le risque de récidive d'infarctus, mais il faut que cette réadaptation physique soit bien encadrée. "Il convient que les patients victimes d'infarctus doivent réacquérir une activité physique qui fera partie de la prévention secondaire", explique le Dr Jean-Claude Thébault, cardiologue. "Cette activité physique permettra au muscle cardiaque d'une part et surtout à l'ensemble de la musculature de travailler dans de meilleures conditions".

Bien manger après un infarctus

Après un infarctus du myocarde, les patients doivent changer leurs habitudes alimentaires.

Bien manger équilibré, moins salé, moins gras... c'est ce que doivent faire les victimes d'infarctus après leur accident. Pour les aider, des ateliers de cuisine diététique sont proposés.

L'ennemi principal des victimes d'infarctus, c'est le gras : "Par rapport aux infarctus, il faut limiter au maximum les graisses saturées. Et les deux sources principales de graisses saturées sont toutes les graisses animales et toutes les graisses qui sont cuites (huiles cuites, beurre cuit…)", explique Nathalie Presti, diététicienne.

Après un infarctus, il est primordial de suivre ces conseils diététiques pour prévenir d'éventuelles récidives.

Infarctus : une réadaptation cardiaque au rythme du tango

À la découverte du cardio tango

Après un infarctus, outre le traitement, la réadaptation du muscle cardiaque est indispensable. Les patients doivent s'astreindre à des séances de sport d'endurance et bien souvent, il s'agit de pédaler sur un vélo.

Aujourd'hui une approche plus ludique et conviviale est proposée, c'est la pratique du tango. Cette danse sensuelle requiert de la souplesse, de la coordination et du souffle.

Le cœur bat au rythme de la musique avec passion mais travaille sérieusement. Une fois par semaine, le service de réadaptation cardiaque de l'hôpital Corentin Celton (Issy-les-Moulineaux) prend des airs de bal argentin car le tango est un outil thérapeutique appelé cardio tango. Le cardio tango est destiné aux patients opérés qui ont besoin d'une réadaptation cardiaque.

Les patients de l'atelier récupèrent d'un infarctus et doivent obligatoirement réentraîner leur cœur à l'effort. Le tango sollicite le muscle cardiaque et permet d'augmenter le flux sanguin. Le cardio tango a été testé et approuvé par la chef de service de réadaptation cardiaque de l'hôpital Corentin Celton, le Dr Marie-Christine Iliou : "Les patients victimes d'infarctus ont la paroi la plus interne de l'artère (endothélium) qui est malade. Grâce à un entraînement régulier, on aura les effets bénéfiques du flux sanguin qui passe sur cette paroi et qui donc permet une dilatation des artères. Et on aura d'autre part une réparation de l'endothélium malade".

Cette réparation du cœur lésé par l'infarctus nécessite une pratique régulière. Pour récupérer après un infarctus, le maître-mot est en effet la régularité. Trente minutes d'activité physique par jour favorisent le bon rétablissement du cœur.

L'association Bel Tango recherche des mécènes pour lancer un programme de recherche médicale en mesurant l'activité cardiaque des pratiquants lors des cours de tango.

Après un infarctus, l'angoisse de la récidive

Consultation chez un psychologue pour un patient ayant subi un infarctus.

Les patients ayant subi un infarctus craignent souvent de faire un nouvel accident cardiaque et vivent dans l'angoisse. Ils peuvent aussi se sentir perdus face aux nouvelles habitudes à prendre : traitements lourds, activité physique, nouvelles règles alimentaires… Le recours à un psychologue permet souvent de mettre des mots sur cette anxiété latente

Flore Chevet, psychologue clinicienne à l'hôpital Corentin Celton, confirme cette peur de la récidive qui gagne les patients victimes d'un infarctus : "Chez les patients ayant subi un infarctus, un gros lot d'angoisses arrive à ce moment-là, et notamment une angoisse de mort. Il va y avoir également par la suite tout un cortège d'angoisses sur l'avenir, sur le risque de récidive…". Une angoisse qui s'ajoute à l'obligation pour les patients de modifier leurs habitudes de vie après un infarctus.

Si pour certains patients les changements de vie après un infarctus apparaissent comme une évidence, pour d'autres victimes d'accident cardiaque en revanche, cela n'est pas toujours le cas : "L'infarctus peut conduire à ce que l'on appelle le stress post-traumatique, c'est-à-dire le moment où il n'y a plus du tout de ressource psychologique interne. Tout se bloque, tout s'arrête à ce moment-là, les projets sont impossibles à réaliser, la vie s'arrête… Et pour certains, les efforts à fournir pour changer de mode de vie sont tels que le fait d'envisager la suite devient très compliqué et très frustrant", explique Flore Chevet.

Outre l'écoute d'une psychologue, pour atténuer l'angoisse des patients, le recours à la relaxation s'avère généralement efficace : "la relaxation a des vertus pour tout le monde, mais particulièrement pour les patients atteints de pathologies cardiovasculaires et qui ont un facteur de risque lié au stress. Après un infarctus, le but est de s'approprier cette technique pour soi".

Après un infarctus, les patients doivent rester vigilants et passer régulièrement des examens cardiaques.

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