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Infarctus : prévenir la crise cardiaque

L'infarctus, ou crise cardiaque, touche plus de 120 000 personnes chaque année en France selon la Haute Autorité de santé. Quels sont les signes à reconnaître ? Tabac, stress, obésité… Ces facteurs augmentent-ils les risques de faire un infarctus ? Quelle hygiène de vie adopter pour protéger son cœur ?

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Infarctus : prévenir la crise cardiaque
Infarctus : prévenir la crise cardiaque
Sommaire

Qu'est-ce que l'infarctus ?

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Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent les causes de l'infarctus.

Chaque année, près de 120 000 personnes sont victimes d'infarctus selon la Haute Autorité de santé. Devant les premiers symptômes l'appel au Samu est souvent trop tardif. Parmi les victimes, 7 % décèdent avant même leur arrivée à l'hôpital.

Le cœur est principalement un muscle : le myocarde. Son rôle est de se contracter pour propulser le sang dans l'organisme. Il est partagé en deux parties indépendantes. Chacune possède deux cavités : une oreillette et un ventricule. Le sang veineux arrive dans l'oreillette droite, passe dans le ventricule droit pour être envoyé dans les poumons où il va se charger en oxygène. Puis il revient au cœur, cette fois du côté gauche, d'abord dans l'oreillette, puis dans le ventricule pour être enfin propulsé dans tout le corps. Puis le cycle recommence au rythme des battements cardiaques.

Mais pour se contracter le myocarde a besoin d'énergie. Autrement dit un apport constant en oxygène et en nutriments. Le sang qui afflue dans les cavités ne suffit pas à couvrir ses besoins. Il lui faut un apport propre, c'est le rôle des vaisseaux sanguins qu'on appelle les artères coronaires droite et gauche. Elles naissent de l'aorte et se ramifient pour former des capillaires qui s'insinuent dans le muscle, afin d'en nourrir chaque partie.

Il arrive que ces coronaires ne puissent plus accomplir leur rôle. Comme par exemple en cas de formation d'un caillot sanguin qui va boucher le vaisseau. Cette obstruction peut aussi être due au mauvais cholestérol. Quand la paroi interne des coronaires devient perméable, le mauvais cholestérol s'accumule à l'intérieur et déclenche une cascade de réactions. Résultat, une plaque d'athérome se forme. Au fur et à mesure que cette plaque grossit, l'artère se bouche progressivement. Le sang ne parvient plus à passer, la région du myocarde qui se trouve en aval de l'obstruction n'est plus suffisamment irriguée, elle manque d'oxygène, les cellules du cœur se nécrosent, c'est l'asphyxie cellulaire.

Le myocarde est en souffrance et le fait savoir en envoyant des messages de douleur qui vont remonter le long des nerfs jusqu'à la moelle épinière. Une douleur qui lance et irradie les zones qui lui sont liées : le bras gauche et parfois la mâchoire, c'est l'infarctus. D'autres facteurs de risque existent, parmi eux notamment le stress et le tabac.

 

Infarctus : une urgence vitale

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La crise cardiaque arrive presque toujours devant témoins mais seulement 20 % de la population connaît les gestes de premiers secours, qui permettent de sauver le malade en attendant le Samu.

L'infarctus du myocarde est la première cause de décès au monde selon l'OMS. En France, il représente encore 10 % des décès. La prise en charge des personnes qui en sont victimes est une véritable course contre la montre… Et pourtant celles-ci attendent encore trop de temps avant d'appeler le Samu, même devant des signes évocateurs de l'infarctus. Petit tour d'horizon des symptômes qui doivent vous alerter et vous persuader d'appeler les secours.

  • Les symptômes les plus courants

Le principal symptôme de l'infarctus est la douleur thoracique. Elle est typiquement violente, intense, située derrière le sternum et provoque une sensation de serrement de la cage thoracique. La douleur peut irradier dans le bras gauche, l'épaule ou même la mâchoire, c'est une douleur décrite comme angoissante. Les victimes ressentent aussi une difficulté à respirer.

  • D'autres symptômes qui doivent vous alerter

Parfois, les symptômes sont moins spécifiques, et plus difficiles à reconnaître. Il peut s'agir simplement de douleurs d'irradiations ou de signes digestifs comme des nausées ou des vomissements… La victime peut également perdre connaissance. Sueur, malaise, sensation de chaleur, palpitations peuvent aussi être des signes précurseurs d'un infarctus.

  • L'absence de symptôme

Parfois l'infarctus arrive sans symptôme, c'est ce qu'on appelle l'infarctus asymptomatique (sans douleur, sans gêne respiratoire, sans angoisse…). La plupart du temps l'infarctus est alors découvert après coup, à l'occasion d'un électrocardiogramme réalisé par exemple lors d'un bilan de santé.

Toute douleur thoracique évoquant un problème cardiaque doit vous faire penser à l'infarctus du myocarde et vous pousser à contacter le 15 (Samu), le plus rapidement possible. Les statistiques du Samu montrent que les accidents cardio-vasculaires arrivent le plus souvent le matin, un moment de la journée où les gens attendent le plus longtemps avant d'appeler les secours… Et surtout, n'ayez pas peur d'appeler les urgences "pour rien", même si vous n'êtes pas sûr du diagnostic, cela peut sauver une vie !

Un triple pontage coronarien

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Attention, images d'intervention chirurgicale : triple pontage coronarien à l’hôpital Henri Mondor.

Lorsque la pose de stents n'est plus suffisante pour irriguer suffisamment le muscle cardiaque et éviter les infarctus, le pontage devient incontournable.

Il s'agit d'intervenir à coeur ouvert pour faire des "ponts" entre deux artères du cœur afin de dévier le flux sanguin.

Après l'infarctus, une rééducation essentielle

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En musclant le corps, on soulage l'activité du cœur.

Après l'infarctus, commence une nouvelle vie pour le patient. Il faut bien sûr pour lui, adopter une nouvelle hygiène de vie, en bannissant tout ce qui risque de favoriser le bouchage des artères, donc exit le tabac et les excès en tout genre. Par contre, l'exercice physique est recommandé et la rééducation qui suit l'accident est essentielle pour limiter le risque de rechute.

Aujourd'hui, il est possible de mesurer précisément les bénéfices de la rééducation après un infarctus. Grâce à l'exercice, les patients peuvent faire des efforts prolongés, leur tension s'améliore, leur fréquence cardiaque s'abaisse et surtout, le risque de mortalité après ce premier infarctus diminue d'au moins 25 %.
 

Infarctus : moins bien diagnostiqué chez les femmes

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Les femmes sont aussi victimes d'infarctus mais les symptômes sont plus variés.

Il ne faut pas oublier que l'infarctus du myocarde touche aussi les femmes. Même si ce phénomène est moins fréquent en nombre, celles-ci en meurent plus souvent. Le risque de mourir d'un accident cardiaque est ainsi de 50 % chez la femme, contre 30 % chez un homme. Le diagnostic d'un infarctus chez la femme étant souvent plus tardif, parce que les symptômes sont plus variés.

Elles ne ressentent pas forcement cette douleur vive dans la poitrine et dans le bras. Comme les médecins sont peu habitués à ces symptômes, ils passent parfois à côté du diagnostic. Or, les conséquences de ces retards peuvent être dramatiques.

Les cas d'infarctus chez la femme sont malheureusement en augmentation, notamment depuis qu'elles se sont mises à fumer presque autant que les hommes. Rappelons que le cocktail pilule et tabac est un facteur aggravant au niveau du risque de survenue d'un infarctus.

Enfin, homme ou femme, surtout, n'hésitez pas à consulter, même à appeler les urgences en cas de douleur vive dans la poitrine, car pour limiter la gravité d'un infarctus, c'est une véritable course contre la montre.

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* Les réponses avec le Pr. Gérard Helft, cardiologue à l'hôpital La Pitié-Salpêtrière (Paris)
** Les réponses avec le Dr Marie-Christine Iliou, cardiologue à l'hôpital Broussais – HEGP (Paris) et le Pr. Denis Duboc, cardiologue à l'hôpital Cochin (Paris)
*** Les réponses avec le Pr. Jean-Guillaume Dillinger, cardiologue à l'hôpital Lariboisière (Paris)


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