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Cancer du pancréas : l'un des cancers les plus redoutés

Le cancer du pancréas est un cancer qui fait particulièrement peur, même s'il ne représente que 3% des cancers soit 10.000 cas par an en France selon la Haute Autorité de Santé (HAS) et l'Institut National du Cancer (INCa). Le cancer du pancréas touche deux fois plus les hommes que les femmes, généralement après 50 ans. Toutes les tumeurs ne sont pas opérables, et les complications post-opératoires restent importantes. Opérer un cancer du pancréas permet néanmoins d'augmenter les chances de survie à cinq ans.

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Cancer du pancréas : l'un des cancers les plus redoutés
Cancer du pancréas : l'un des cancers les plus redoutés
Sommaire

Cancer du pancréas : causes et symptômes

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent les causes et les symptômes du cancer du pancréas.

Le cancer du pancréas est une maladie silencieuse particulièrement redoutée. Le cancer du pancréas, dont on compte 10.000 nouveaux cas par an en France, touche deux fois plus les hommes que les femmes, généralement après 50 ans. Ce cancer reste encore très meurtrier mais ces dernières années d'importants progrès thérapeutiques ont été réalisés.

Le pancréas est un organe situé profondément dans la cavité abdominale, de forme allongée, placé presque horizontalement. Le pancréas est proche de la vésicule biliaire juste en dessous de l'estomac, non loin des reins et de la rate. La tête du pancréas est la partie la plus volumineuse et sa face externe est enchâssée dans le duodénum, la partie haute de l'intestin.

Le pancréas est une glande qui a deux fonctions distinctes. Il sécrète d'une part du suc pancréatique, qui contient des enzymes nécessaires à la digestion et d'autre part, il sécrète de l'insuline et du glucagon, deux hormones indispensables à la régulation du taux de sucre dans le sang.

La plupart des tumeurs du pancréas sont malignes, autrement dit ce sont des cancers. Dans 90% des cas, il s'agit d'adénocarcinomes, c'est-à-dire des tumeurs formées à partir des cellules fabriquant le suc pancréatique. Les adénocarcinomes sont le plus souvent localisés à la tête du pancréas et entraînent des troubles digestifs. Mais des tumeurs peuvent se former à partir d'autres cellules comme par exemple la forme maligne de l'insulinome qui se développe à partir des cellules fabriquant l'insuline.

La tumeur peut être délimitée et rester dans le pancréas, comme elle peut déborder et envahir les tissus voisins. Elle peut bloquer les voies biliaires, comprimer l'estomac ou la partie supérieure de l'intestin qui entoure le pancréas, le duodénum. La personne malade montre alors différents signes qui alertent. Mais ces signes sont souvent tardifs.

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Opérer le cancer du pancréas

Attention, images d'intervention chirurgicale : grâce à l'opération, les chances de survie peuvent passer de six mois à cinq ans.

Dans plus de 50% des cas, le cancer du pancréas est diagnostiqué trop tardivement pour être opéré. Mais grâce au progrès des scanners et des traitements, cette tendance commence à s'inverser. Un espoir, car l'opération améliore considérablement le pronostic vital. Elle permet d'augmenter de 20% l'espérance de vie à 5 ans. Mais elle peut aussi se pratiquer en prévention quand une tumeur bénigne, mais susceptible de dégénérer, est découverte par l'IRM.

Pas de dépistage généralisé

On ne dispose pas aujourd'hui des outils pour dépister les formes débutantes de ce cancer. Un dépistage des sujets à risque est possible, mais celui-ci est assez invasif, puisqu'il exige des anesthésies générales répétées. Or, on ne peut pas faire des anesthésies générales répétées à une population chez laquelle on a une chance sur 10.000 de trouver un cancer du pancréas.

S'il existe des marqueurs sanguins de ce cancer (le CA19-9, notamment), mais ceux-ci ne sont pas spécifiques de cette maladie.

L'opération est très délicate, les risques de complications sont importants. Et malheureusement, toutes les tumeurs ne sont pas opérables. Seuls quelques malades en bénéficient (environ 15%). Si la tumeur touche des vaisseaux sanguins importants ou qu'elle est trop étendue, il faut dans un premier temps réduire sa taille par une chimiothérapie (combinaison radio et chimio) pour la rendre opérable, et ce n'est pas toujours possible.

Le pronostic a longtemps été très sombre pour les personnes dont le diagnostic du cancer de pancréas est confirmé, ne dépassant pas les 5 ans. Selon la fondation Aide et Recherche en CAncerologie Digestive (ARCAD), tous stades confondus, cette survie à 5 ans est aujourd'hui de 5%.

En cas de chirurgie suivie de chimiothérapie, elle est de l'ordre de 20-25%.

Cette opération est lourde et le patient doit être suivi régulièrement par une équipe médicale pluridisciplinaire, des cancérologues, bien sûr, mais aussi des nutritionnistes et des psychologues. Le malade doit accepter de changer son mode de vie pour aider son organisme affaibli par le cancer et par l'ablation du pancréas.

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Après un cancer du pancréas : un suivi médical régulier et obligatoire

Un essai thérapeutique a permis de démontrer l'efficacité de la biothérapie ciblée pour le traitement du cancer du pancréas.

Même s'il reste l'un des cancers les plus redoutés, des progrès sensibles ont été accomplis pour améliorer la qualité de vie des patients et freiner l'évolution tumorale.

Mais après l'opération du pancréas, les patients doivent revenir en moyenne trois fois par an à l'hôpital pour contrôler l'évolution de leur maladie. C'est le cas de Jean-Louis, opéré du pancréas en 2001.

Les récentes avancées de la chimiothérapie

Denise bénéficie d'une chimiothérapie par folfirinox.

Pendant longtemps, les chimiothérapies ont été peu efficaces dans le cas du cancer du pancréas. Des médecins français ont eu l'idée de proposer un "cocktail" de médicaments (protocole Folfirinox). Et les résultats, publiés en 2011, sont plus concluants avec un triplement des chances de survie à 18 mois. Pour les malades et leur famille, c'est peu. Mais pour les médecins, il s'agit du premier pas positif depuis une vingtaine d'années contre ce cancer si redouté.

Des milliers de mutations des cellules du pancréas peuvent être à l'origine du cancer. Il n'existe donc pas une, mais plusieurs maladies nécessitant, pour chacune d'entre elles, un traitement spécifique.

Folfirinox

Le protocole de chimiothérapie "folfirinox" est considéré comme l'une des plus grandes avancées dans la recherche sur le cancer du pancréas depuis plus de quinze ans.

Il s'agit d'une combinaison trois molécules très agressives contre le cancer (+ une vitamine). Le traitement améliore considérablement l'état des patients ayant un cancer du pancréas non opérable.

Le bénéfice majeur de ce traitement est une nette amélioration de la durée et de la qualité de vie des patients. Toutefois, les médecins restent très attentifs aux effets secondaires : de possibles atteintes neuropathiques et problèmes digestifs. Cette toxicité contraint d'ailleurs certains malades à arrêter le traitement ou le rend inaccessible à beaucoup d'autres.

Nab-paclitaxel

Le nab-paclitaxel (Abraxane®) a été autorisé début 2014 pour le traitement des cancers métastasiques. La molécule active, connue depuis longtemps des pharmaciens, est désormais administrée sous forme de nanoparticules, qui arrivent à pénétrer dans des tumeurs très inflammatoires (dans lesquelles la plupart des produits de chimiothérapie ne parviennent pas pénétrer), et à ralentir la progression de la maladie.

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