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Fête des mères : être une maman sexy

Rédigé le 17/05/2016 / 0

Ovidie est auteur, réalisatrice de documentaires*, éducatrice sexuelle, mais aussi maman. Elle a tiré un livre de son expérience : Osez être une maman sexy** car être maman et rester sexy, c'est un défi colossal !  Toutes celles qui ont déjà enceintes apprécieront ce guide concret et agréable à lire. Avec un corps souvent abîmé par la grossesse, la fatigue des premiers mois, "l'intrusion" du bébé dans le couple, les jeunes mères relèguent souvent la sexualité au grenier… Pourtant, même en étant maman, on n'en reste pas moins une femme. Conseils pratiques avec Ovidie.

Etre mère et sexy, c'est compliqué ? Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Oui. Ce qui est compliqué c'est d'être mère et d'avoir une vie sexuelle, à plusieurs niveaux : le premier est la pression sociale qui oblige à choisir entre la maman et la putain (cette dichotomie est très présente et n'est pas prête à s'effacer du fait d'une société patriarcale. Les deux, mère et pute, sont difficilement conciliable dans la tête des gens.) A partir du moment où on a une attitude sexuelle et ou l'on s'intéresse à nouveau à notre sexualité, le jugement des autres peut être sanglant : celui des amis, des mamans d'écoles, les "fausses bonnes copines", les collègues, notre compagnon qui peut changer d'attitude vis à vis de nous en nous voyant comme une mère et non plus comme une amante. La façon la plus facile de blesser est d'attaquer dans la capacité maternelle : une mère qui retourne travailler ou qui retrouve sa sexualité est accusée facilement de ne pas subvenir aux besoins de ses enfants. Car ce qui se passe dans la chambre à coucher a des interactions dans notre vie sociale : on a une communication différente, on ne se tient pas de la même manière, on ne se comporte pas forcément de la même façon. Quand on est mère, le sexe ne doit revenir dans notre vie que dans le but de conserver la cellule familiale, pour conserver son homme, pour éviter qu'il aille voir ailleurs !

Quand on est mère, on traverse le désert de Gobi, la fatigue a un impact énorme sur la libido ! Quand n est fatiguée on est en mode survie et le sexe passe après… Puis la libido a des hauts et des bas. Mais un véritable obstacle est l'image de soi, le rapport à notre propre corps, qui est profondément modifié et ne sera plus jamais comme avant (sauf si on dépense une énergie folle à le retrouver en faisant du sport,…). C'est une lutte sans fin et dans ces moments-là, ce à quoi il faut songer avant tout, c'est être bienveillante avec soi-même et ce n'est pas le moment de se faire violence à soi-même.

Et quand le corps est modifié, même si on accepte son changement, il y a toujours quelqu'un, une fausse bonne copine ou sa mère,  pour dire "il faut les perdre ces kilos de grossesse" Il faut réussir dans ce contexte à retrouver confiance en soi, à aimer son corps, c'est une condition sine qua none pour se sentir bien dans sa sexualité…

Vous parlez de différentes étapes pour y arriver, lesquelles vous semblent les plus importantes ? 

Se réconcilier avec son corps est la première et la plus importante. Personnellement, tout ce qui est issu de la pensée "Body positive" m'a fait beaucoup de bien. Il consiste à être bienveillante, à profiter de tout ce que notre corps peut nous apporter en bienfaits positifs.  Moi, j'ai eu un véritable déclic après avoir fait quelque chose d'absurde sur mon corps (la cryolipolyse) : depuis, je n'ai plus aucun trouble alimentaire chaque jour et je me réjouis d'être en bonne santé. Quand on est maman, on a été capable de créer la vie, de mener la grossesse jusqu'au bout et de sortir le bébé, c'est miraculeux ! On peut s'auto-féliciter. Mon conseil est de se regarder avec bienveillance, de fuir les personnes nocives qui sont dans la comparaison et il y en a beaucoup.  Il faut voir ce qu'il y a de positif en nous, par exemple être capable de courir une demi-heure, d'enfanter ou de jouir aujourd'hui et s'en réjouir !

Je recommande de faire attention à ne pas se "morceler" quand on se regarde dans le miroir, en focalisant sur des zones que l'on n'aime pas, le ventre par exemple. On n'a pas de vision d'ensemble et on n'est pas objectif, il faut apprendre à se regarder dans son ensemble. Pour moi, la chose la plus sexy est de dégager une certaine confiance en soi et c'est ça qui rayonne…

Il faut aussi réapprendre à se reconnecter à son corps et aux sensations. Quand on est fatigué, le cerveau se sépare de notre corps, on s'anesthésie et tant qu'on n'a pas renouer avec ces sensations corporelles, il est compliqué de se sentir bien dans sa sexualité. Il faut reprendre le temps de sentir la chaleur du soleil sur son corps, de renouer avec son sexe en mettant une bouillote entre ses jambes par exemple. C'est une étape importante avant de se relancer dans la sexualité.

Pourquoi reprendre une vie sociale est-t-il primordial ?

C'est même le conseil "number one" parce que l'on n'est pas qu'une mère ! Il faut revivre en tant qu'individu : si l'on ne se  décide pas à être autre chose qu'une mère, on va se retrouver insatisfaite dans sa vie ou notre enfant aura une mère très oppressante sans avoir rien demandé, ou encore notre partenaire n'en pourra plus... La vie sociale peut passer par le travail, les amis, les activités mais elle est très importante. Et même si on culpabilise de confier son enfant une soirée à une baby-sitter, il ne va pas être traumatisé !

Comment ménager son couple ? 

Il faut se respecter soi-même mais aussi respecter son partenaire : même si l'homme n'a pas porté l'enfant, ou s'il n'est pas aussi fatigué, il faut respecter ses blocages éventuels. Les deux doivent se sentir légitime dans leurs refus de soi (à cause de la fatigue, des douleurs ou parce que l'on n'est pas prête à reprendre les rapports), et dans leurs envies… Le respect semble évident mais c'est très difficile à tenir ! Si l'autre se refuse à nous, on ressent une blessure narcissique et c'est difficile à accepter on ne voudrait pas être forcée ou qu'il devienne trop pressant. Ce n'est pas parce qu'il dit non, qu'il ne nous aime plus, qu'il ne nous désire plus ou qu'il en aime une autre ! Ca fait partie du cliché de l'homme qui a toujours des besoins mais dans la vraie vie, ce  n'est pas le cas… Il faut donc s'accorder du temps  à deux, de se réserver des moments juste en couple, pourquoi pas réserver une chambre d'hôtel pour sortir de la routine. On peut aussi reprendre goût aux quickies, ces rapports rapides, qui peuvent être torrides !

Découvrez les autres étapes dans le livre d'Ovidie, Osez être une maman sexy, aux éditions La musardine. 8,10€

*Je vous conseille le percutant A quoi rêvent les jeunes filles… visible sur youtube.

 

 

 

Le clitoris prend sa revanche

Rédigé le 04/05/2016 / 0

Le clitoris, longtemps mal aimé, est célébré par plusieurs ouvrages. Je vous avais déjà parlé du passionnant Labo sexo, d'Elisa Brune. Voici maintenant La revanche du clitoris, écrit par le Dr Damien Mascret et Maïa Mazaurette. Ils décomplexent les femmes avec cet ouvrage qui offre enfin au clitoris la place qu'il mérite : celle du 7ème ciel !

Le livre est parti d'un constat simple : "la sexualité est centrée sur l'homme et le "vrai" acte sexuel se résume à la pénétration, ce qui est une vision très masculine", déplore le sexologue. Aujourd'hui, la sexualité des femmes a évolué : "ce n'est pas une sexualité de princesse ! Les femmes aussi aiment le sexe, y compris déconnecté des sentiments, et même si la pression de la société est importante".  Le Dr Mascret regrette  que l'on n'ait pas toujours pas la même exigence envers les hommes et les femmes : "On a aussi le droit de baiser quand on est une femme et de faire l'amour quand on est un homme."

Pourquoi parler de revanche du clitoris ? Parce qu'il était tombé aux oubliettes et que Freud lui avait fait beaucoup de mal en qualifiant l'orgasme clitoridien d'immature. Aujourd'hui, le clitoris est le seul organe exclusivement dédié au plaisir et pour le sexologue, les femmes pourraient (presque) se passer des hommes grâce à la masturbation.

Au passage, les auteurs tordent le cou à quelques idées reçues tenaces : une femme ne se masturbe pas quand elle est en couple (alors que pour un homme, c'est autorisé) ; les hommes ont plus de besoins sexuels que les femmes à cause des hormones masculines ("ils ont aussi un cerveau, commente le médecin. Ils devraient être capables de gérer ces pulsions ! Or l'infidélité de l'homme est pardonnée parce qu'elle est mise sur le compte de la pulsion alors qu'elle n'est pas autorisée chez une femme").

La libération du plaisir féminin

Un constat réjouit nos auteurs : les femmes prennent de plus en plus l'initiative de casser les codes qui leur sont assignés. Le chemin est encore long pour ancrer dans la normalité ces changements de comportements mais il y a des progrès. "Par exemple, il y a des films X dans lequel les femmes sont actives, sont masturbées par leur partenaire, qui leur font un cunnilingus, détaille le spécialiste. Dans la vie, on parle davantage du plaisir féminin ; les sextoys n'ont plus forcément la forme phallique,  ils sont conçus pour les femmes, avec des variateurs de rythme et d'intensité et il y a un réel souci de se préoccuper de la jouissance féminine. Et même au cinéma, on observe des scènes de cunnilingus, où l'on se préoccupe du plaisir de la femme et non de l'homme. Les choses bougent !"

Le clitoris, encore négligé durant le rapport ?

Les femmes sont les premières à négliger leur clitoris durant le rapport  (le livre rappelle des chiffres étonnants : 6% des femmes se sont masturbées durant le rapport et 40% l'ont été par leur partenaire).

"Beaucoup de femmes sont gênées de se masturber durant le rapport, parce qu'elles considèrent qu'il y a un côté honteux à l'acte, alors que l'on est dans le terrain de jeux de couple et a priori avec un partenaire dans lequel on a confiance !" commente le sexologue. Selon lui, cultiver son imaginaire érotique et ses fantasmes est essentiel : pourtant, les hommes se l'autorisent beaucoup plus que les femmes. Elles évoquent un imaginaire assez pauvre, lorsqu'il évalue en consultation les sources féminines d'excitation : "On a l'impression que les femmes ne se sont pas posées la question de ce qui les excitait, ce qui est étonnant !". Explorer ce qui excite ou pas est sans doute le premier pas à franchir sur le chemin de l'orgasme. 

Il reste qu'en pratique, de nombreux hommes vivent mal le fait de ne pas être le seul responsable du plaisir de leur partenaire ; ils estiment sans doute que leur virilité passe par leur pénis et la capacité à faire jouir leur amante. "A chaud", en plein acte, il est intéressant de lui montrer comment caresser le clitoris ou lui dire combien ces caressent augmentent le plaisir ; parler "à froid" du clitoris et de son rôle incontournable dans l'orgasme féminin semble essentiel. 

Quand clitoris et pénétration se réconcilient…

Alors que beaucoup de femmes jouissent par le clitoris, la pénétration reste la norme dans le rapport sexuel. Faut-il privilégier le premier au détriment du second ? Pas forcément… Le clivage "femmes vaginales versus clitoridiennes" a largement conditionné la mise à l'écart du clitoris, jugé immature. Or ce clivage est totalement dépassé : la façon d'arriver à l'orgasme n'a aucune importance…

"L'excitation et le plaisir se passent dans le cerveau, rappelle Damien Mascret. Peu importe le moyen utilisé pour stimuler la zone de plaisir, qu'il s'agisse du clitoris ou de la pénétration". Il rappelle un élément très juste : "Cela ne veut pas dire que l'on doit choisir entre les différentes pratiques, c'est selon son humeur et son envie : les femmes qui jouissent par le clitoris aiment aussi la pénétration."

La sexualité est un jeu, un cocktail explosif dont certains ingrédients varient d'une fois à l'autre, au gré de l'humeur… Les leviers pour accéder aux endorphines sont multiples, alors autant les activer de façon variée !

La revanche du clitoris. Maïa Mazaurette et Damien Mascret. La Musardine. 13€