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100% psycho-sexo

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Je n'ai jamais joui avec lui !

Rédigé le 21/09/2016 / 0

Vous avez un nouvel amoureux,  le désir est présent, l'excitation intense mais décidément, l'orgasme se refuse. Certes, le rapport est plaisant, un certain plaisir est là mais tout de même, vous aimeriez bien atteindre le 7ème ciel… Vous finissez par vous remettre en question ou douter de votre amant et de votre couple. Avant toute décision hâtive, prenez le temps ??

A l'heure actuelle, il y a une certaine tyrannie de l'orgasme… Et quand celui-ci nous échappe, c'est frustrant et très déstabilisant. Cela ne vous consolera sans doute pas mais l'orgasme féminin n'est pas forcément systématique, de façon physiologique. Et cela ne veut pas dire que l'étreinte n'a pas été satisfaisante, ni que vous n'avez pas eu du plaisir ! 

Sans en faire obsession, il peut être intéressant d'analyser ce qu'il se passe.

Comprendre l'origine

Les orgasmes, vous savez ce que c'est, quand vous vous caressez ou parce que vous en avez eu avec un précédent amant. Votre corps en possède donc les clés mais un élément le perturbe à l'heure actuelle. A vous d'enquêter ! Différentes raisons peuvent l'expliquer :

  • Le manque de lâcher-prise. L'orgasme est un moment où l'on ne maîtrise plus rien ; si vous êtes toujours dans le contrôle, vous êtes dans l'impossibilité de lâcher prise et de vous abandonner à ces quelques secondes particulièrement intimes. Avez-vous inconsciemment peur de ce qui se passera si vous lâchez prise ? Craignez-vous d'être submergée par les émotions ? Lâchez ces peurs en vous concentrant uniquement sur votre corps et vos sensations...
  • La peur du jugement. Vous n'avez pas envie que votre partenaire vous voit dans cet état si particulier et vous juge. Alors que lui en rêve… Questionnez-vous ? Pourquoi lui refusez-vous ce plaisir ? C'est un cadeau de s'offrir ainsi, que tout homme normalement constitué appréciera à sa juste valeur. Mais peut-être n'avez-vous pas assez confiance en vous pour l'accepter ?
  • L'absence de caresses adaptées. la majorité des femmes ne jouissent pas uniquement avec la pénétration. Or la majorité des hommes considèrent que la pénétration est la norme et se dispensent de caresses clitoridiennes ou de cunnilingus. Alors apprenez-lui (voir ci-dessous). Montrez-lui comment vous vous caressez intimement ou laissez traîner un livre sur la question, Osez le cunnilingus d'Ovidie par exemple. De plus, certaines femmes ont besoin d'une grande tendresse et de préliminaires longs pour pouvoir se laisser aller… Il est indispensable  de les allonger, ou d'en parler.
  • L'absence d'égoïsme. Toute à votre amant, vous vous concentrez sur sa jouissance, au point de vous oublier. Pourquoi ? Vous avez peur de le perdre si vous ne le "satisfaites" pas ? Peut-être qu'en vous vous mettant trop de pression sur son plaisir, vous ne pensez pas assez à vous et à vos sensations. Essayez d'équilibrer un peu plus le rapport.
  • L'obsession de l'orgasme. A trop le chercher, vous faites fuir l'orgasme. Cela semble paradoxal mais si vous ne pensez qu'à l'orgasme, c'est le meilleur moyen de l'éloigner. Vous êtes dans l'anxiété de performance et cette angoisse est aux antipodes de l'orgasme. Détendez-vous, concentrez-vous sur votre respiration et vos sensations, profitez pleinement de cette étreinte.

Apprendre le plaisir

On ne le dit jamais assez, la sexualité s'apprend, elle n'est pas innée (le coït l'est, dans un but reproductif mais l'érotisme s'apprend avec l'expérience et l'envie).

Concentrez-vous sur vous. Le plaisir est un égoïsme qui se partage : si vous focalisez sur le plaisir de l'autre (c'est nécessaire mais pas suffisant), vous vous négligez… Ressentez, vibrez,  sentez, respirez : imbibez-vous de vos sensations et elles prendront le dessus pour vous embarquer dans le plaisir.

Communiquez. Orientez le rapport vers les positions et les caresses vers celles qui vous font le plus d'effet ; parlez-en à votre partenaire et expérimentez ensemble ce qui vous plaît.

Caressez-vous. Durant le rapport, n'hésitez pas à vous caresser. Vous craignez qu'il se lance dans la théorie freudienne de l'orgasme clitoridien immature ? Recommandez-lui gentiment de mettre à jour ses connaissances : Freud est totalement dépassé (lors de la pénétration, c'est la partie interne du clitoris qui est stimulé). Votre partenaire refuse ? Expliquez-lui ; un amant soucieux de votre jouissance comprendra… Tous les orgasmes se valent ! L'essentiel étant d'avoir du plaisir.

Si vous avez envie d'apprendre à prendre plus de plaisir avec la pénétration, c'est possible.  Caressez-vous le clitoris quand votre homme vous pénètre, cela augmentera le plaisir et votre corps associera le plaisir avec ces 2 stimulations. Autre technique, qui demande des travaux pratiques en solo (ou en duo, si votre partenaire en a envie aussi) : testez la stimulation du "point G", à l'aide de vos doigts ou plus efficace d'un stimulateur de point G. Caressez cette zone, située à 4 cm environ au niveau de la face antérieur du vagin : elle est souvent sensible car elle correspond à la partie interne du clitoris. La position d'Andromaque (la femme assise sur l'homme), en se penchant en arrière, est un bon moyen de le sentir. Au départ, vous ressentirez une sensation agréable puis cette sensation se transformera en plaisir. Plus vous répèterez cette expérience, plus vous vous familiariserez avec le plaisir vaginal. Pas de panique si vous n'y êtes pas sensible, d'autres points peuvent faire de l'effet, comme le fond du vagin ou au niveau du col de l'utérus. Testez votre corps !

Vous n'avez pas envie d'apprendre ? Si votre plaisir vous convient ainsi, c'est très bien ainsi ! Ne vous remettez pas en question et ne culpabilisez pas. Quitte à me répéter, l'essentiel est de ressentir du plaisir et d'en donner…

Pourquoi l'amour rend aveugle

Rédigé le 15/09/2016 / 0

Rapide post pour signaler une vidéo très amusante qui vous fera comprendre pourquoi vous êtes toujours accro à votre amoureuse insupportable ou à votre amant, bourré de défauts ! 

D'un côté, vous avez la chimie du désir : penser à l'être aimé, sa vue, le fait de le toucher ou encore l'entente de sa voix agissent directement au niveau du cerveau. Il se met dans tous ses états et il produit de la dopamine (hormone de la motivation), des endorphines (celles du plaisir), de la sérotonine (responsable du bien-être) et de l'ocytocine (l'hormone de l'attachement). Les émotions vous submergent et vous devenez dépendant(e) des hormones de l'amour. Oui, c'est un véritable "shoot" qui agit au niveau du système de la récompense, impliqué dans les addictions...

De l'autre côté, les zones de la critique du cerveau sont désactivées. Votre chérie ne range rien ? Non, c'est exagéré... Votre amoureux ne fait rien dans la maison ? Il travaille tellement le pauvre... Votre cerveau est littéralement incapable d'intégrer les insuffisances de votre partenaire. Un temps béni par certains, décrié par d'autres…

L'amour, à durée limitée ?

Attention, cette première phase a une durée limitée dans le temps. C'est la nouveauté qui crée le pic d'hormones ; avec le temps et l'habitude, la production de dopamine baisse, les récepteurs aux endorphines se désensibilisent et la désillusion pointe le bout de son nez... Il faut alors tout miser sur l'ocytocine pour pérenniser le lien amoureux. La durée de l'état amoureux "chimique" est évaluée de 18 à 36 mois* par les chercheurs. Les rapports se transforment ensuite, moins intenses mais plus ciblées sur la complicité, les valeurs communes, l'affection, la tendresse. C'est là que le challenge commence, émaillé de disputes ou de compromis mais passionnant sur le plan humain !

* Lisez à ce propos le passionnant et bien documenté Comment devient-on amoureux ? de Lucy Vincent aux éditions Odile Jacob

 

Sex story, l'histoire de la sexualité en BD

Rédigé le 09/09/2016 / 0

L'histoire résumée et en images de la sexualité depuis la nuit des temps, c'est le pari osé et réussi de Phillipe Brenot, sexologue anthropologue, et de la dessinatrice Laetitia Coryn. Sex story * est une bande dessinée sérieuse mais amusante, érudite mais légère, documentée mais accessible. A consommer sans modération…

Saviez-vous que l'homme avait un os dans le pénis et l'a perdu entre 1 million d'années et 100 000 ans. ? Que le premier préservatif (en boyau), le stérilet et l'érotisme sont nés en Égypte ancienne ? Ou encore que l'amour est une invention de l'homme, dès la préhistoire, entre - 100 000 et 10 000 ans ?

En navigant à travers les époques,  BD, il est facile de comprendre à quel point la sexualité est dépendante de l'époque : "en effet, elle est totalement apprise sur le plan comportemental et socialement construite, explicite Philippe Brenot. La sexualité est fonction à la fois des images proposées par la société, qui servent de modèle, et de l'expérience personnelle, qui est un apprentissage progressif. Aujourd'hui, avec le modèle du porno, on fonctionne différemment d'il y a 20 ans et cela concerne aussi bien les ados que les plus âgés ! Il n'y a aucun préliminaire, les ados voient une sexualité vaginale uniquement et l'intérêt est nul..."

Comprendre la sexualité actuelle grâce au passé

La sexualité d'aujourd'hui se comprend à la lumière de son histoire et c'est pour cette raison que le Dr Brenot s'est lancé dans cette aventure dessinée : "J'ai écrit cette histoire parce qu'on ne comprend bien la sexualité d'aujourd'hui qu'en se reportant dans le temps, explique-t-il. Ce que nous vivons aujourd'hui a moins de 50 ans et le mariage d'amour a moins de 100 ans !" Avant cela, l'histoire de l'humanité est essentiellement marquée par la domination masculine, depuis l'invention du couple. Au début de l'humanité, il n'y a pas de couple... Puis la notion de filiation fait prendre conscience aux hommes de l'importance de leur paternité et des risques de l'infidélité : ils "cadenassent" leurs femmes, en les enfermant dans un gynécée, ou à l'extrême en fermant l'orifice du vagin avec l'infibulation... "Quant à l'Eglise, elle estime que la femme est dangereuse pour la société parce qu'elle est séduisante et si elle trompe son mari, elle défait les mariages arrangés de la société, analyse le sexologue. La contraception est donc interdite pour maintenir la femme dans son rôle de mère et dans le rôle choisi par la société..."

La contraception, une liberté pour la femme

Aux yeux de l'anthropologue, seules deux grandes périodes donnent une véritable place à la femme : la période actuelle, en Occident (qui concerne 20% de la planète seulement)  et en partie en Egypte ancienne. La raison est simple : "l'Egypte est la seule époque où a été inventée la contraception, à l'aide de l'équivalent du stérilet (avec une épine d'acacia) ou d'un tampon contraceptif. Or la contraception libère la femme de la contrainte de l'enfant et de la domination masculine."

Philippe Brenot est un conteur hors pair, il replace de nombreuses histoires amusantes dans l'Histoire avec un grand H. Comme celles de Cléopâtre qui aurait fait des fellations à 100 de ses gardes et a inventé le premier vibromasseur... "Ca devait être une femme très libre, la première femme chef d'Etat, admire-t-il. En Egypte ancienne, il y avait une certaine égalité entre les hommes et les femmes, qui pouvaient être médecins, avoir des responsabilités. 

Aujourd'hui, le terrorisme de l''orgasme

La fin du 20ème siècle et les débuts du 21ème  siècle ont été très riches sur le plan du couple. Avec la révolution sexuelle, dans les années 60, la famille est remplacée par le couple, aboutissement du mariage d'amour. L'essor des rencontres sur internet et des sites pornographiques,… a également un impact sur le couple et la sexualité. "Le plus grand changement à mes yeux est l'augmentation du nombre de partenaires pour les femmes. Il y a également eu des progrès, par exemple la pudeur qui était une cause fréquente de consultation a été dépassée, analyse l'anthropologue. Mais les femmes, en partie à cause du porno, sont soumises à un terrorisme de l'orgasme, qui donne des complexes à tout le monde et provoque des troubles sexuels !" En effet, la femme est censée jouir à chaque rapport, ou presque, et de préférence grâce à la pénétration…  La jouissance des femmes est calquée sur celle des hommes, or l'orgasme féminin n'a rien de systématique ni d'obligatoire. "Ce n'est pas acceptable, dénonce Philippe Brenot. C'est selon moi une nouvelle domination masculine, qui génère beaucoup de détresse. Alors c'est très bien d'avoir réhabilité le plaisir féminin mais on doit aussi dire aux femmes que l'orgasme n'est pas obligatoire et qu'il y a beaucoup de formes de jouissance, qui se valent toutes..."

 * Sex story. Philippe Brenot, Laetitia Coryn. Les arènes BD.24,90€