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La sexualité au Maroc : le poids des mots, le choc des dessins

Rédigé le 19/09/2017 / 0

©Zainab Fasiki

Le Maroc est le lieu de tous les dangers pour les femmes, victimes de violences sexuelles et de préjugés terribles. La rentrée littéraire 2017 met en lumière le combat de deux femmes marocaines, l'écrivaine Leila Slimani et l'illustratrice Zainab Fasiki.

A 2000 km de la France, le Maroc oscille entre la modernité et le traditionnalisme, qui est semble l'emporter et marquer au fer rouge les relations entre hommes et femmes. Les rapports sexuels hors mariage y sont passibles d'amende et de prison, tout comme l'homosexualité et l'avortement pratiqué pour des raisons non médicales. La femme marocaine n'a que deux options : être considérée comme une "pute" si elle vit sa sexualité comme elle l'entend ou comme une épouse potentielle, si elle reste vierge. Un dualisme schizophrénique, qui est le reflet de la société marocaine et de ses hommes… Eux ont le droit de "s'amuser" et les femmes sont leur propriété ; ils décharger leurs pulsions sexuelles et leur violence sur elles.   Ce manichéisme de la vision féminine est tellement surprenant psi l'on se souvient qu'au 15ème siècle, le monde arabe diffusait des écrits d'un érotisme torride et choquant pour l'Occident…

Les femmes libres paient un tribut terriblement lourd pour rester fidèles à leurs convictions : la société les juge avec une sévérité abyssale, elle les ostracise, elle les violente.Quant à celles qui refusent les rapports sexuels avant le mariage, elles maintiennent certes leur réputation et leur intégration dans la société. Elles se prêtent parfois à la sodomie, pensant rester vierges parce qu'elles gardent un hymen intact ; celles qui ont cédé aux plaisirs sexuels, passent parfois par la case chirurgie pour se refaire une virginité. Cruelle hypocrysie de la société qui pousse ses vierges à avoir des rapports anaux et d'autres à demander une reconstruction artificielle de l'hymen... Même une fois mariées, le parcours de la combattante est loin d'être fini : les femmes sont souvent la proie de viols conjugaux, de coups et blessures.

Les violences sexuelles, le quotidien des femmes 

Les agressions sexuelles sur les femmes sont également légion au Maroc. 63% des femmes avaient vécu une violence. 2/3 ont lieu dans des espaces publics. Une réalité tragique mais culturellement acceptée…

De peur d'entacher leur réputation, de voir leur carrière freinée et d'être mises au ban de la société, les femmes osent peu parler des violences qu'elles ont subi. La double peine. le viol et l'ostracisme qu'il provoque…

Un combat pour faire évoluer la société

Certaines femmes s'élèvent avec courage et détermination contre les violences sexuelles ; elles font bouger les choses en les dénonçant et en libérant la parole. La parole, une arme massive, pour Leïla Slimani, auteure du livre Sexe et mensonge, la vie sexuelle au Maroc, aux éditions des Arènes : informer, communiquer, libérer. La parole et les femmes… Le roman, également été mis en BD, sous le titre Paroles d'honneur, avec des dessins de Laëtitia Coryn, est édifiant.

Cet été, des violences sexuelles, perpétrées dans l'espace public et filmées, ont suscité de vives réactions et manifestations. Les dessins de Zainab Fasiki, future ingénieure, ont été particulièrement repérés en août, lorsqu'une jeune femme a subi des violences dans un bus, dans l'indifférence générale. Armé de sa tablette et d'un stylet électronique, la jeune illustratrice dénonce sur sa page Facebook les inégalités entre hommes et femmes et brise les stéréotypes marocains. Comme toutes les femmes, la future ingénieure estime avoir toujours été harcelée, et elle craint d'utiliser les transports en commun de peur d'être agressée. Mais son travail ne se limite pas à illustrer les violences et les douleurs ; elle célèbre aussi le corps féminin, en prêtant des courbes sensuelles à ses héroïnes. Elle n'hésite pas à les dénuder pour rendre hommage à la beauté artistique du corps féminin. Elle publiera une BD, Omor, qui relate la vie quotidienne de 3 jeunes femmes, représentatives de la diversité marocaine.

Bravo à leur combat admirable pour la liberté des femmes…

 

Le clitoris, the "place" to touch

Rédigé le 08/09/2017 / 0

Une étude*, parue cet été dans le Journal of Sex and marital therapy, confirme que le clitoris est incontournable dans l'orgasme féminin pour la majorité des femmes. Pourtant, il reste souvent "oublié" par les hommes, privilégiant la pénétration.

En juin 2015, un peu plus de 1000 femmes américaines, âgées de 18 à 94 ans, ont rempli un questionnaire en ligne. L'objectif ? Connaître leurs expériences concernant le toucher génital (en terme plus poétiques, les caresses prodiguées au clitoris).

Le clitoris, incontournable dans le plaisir féminin

18,4% des femmes rapportaient que la pénétration seule était suffisante pour avoir un orgasme (en sachant que la racine interne du clitoris est à l'origine de ce plaisir). Plus d'1/3 des femmes estimaient que la stimulation était nécessaire en complément. Plus du 1/3, évaluaient aussi que l'orgasme était meilleur s'il était caressé en même temps que la pénétration, même si la stimulation du clitoris n'était pas nécessaire à l'orgasme. Les 9% restant n'avaient pas d'orgasme ou décrivaient d'autres besoins, comme le cunnilingus ou une stimulation du clitoris avant le rapport. Inutile d'être mathématicien pour conclure que pour la majorité des femmes, caresser le clitoris est la clé de l'orgasme féminin.

Des goûts variés…

Les hommes vont (encore) paniquer mais en matière de clitoris, la diversité est reine…Où ? Comment ? A quelle pression ? sont 3 questions loin d'être anodines.

Près de 2/3 des femmes préféraient une stimulation directe du clitoris. D'autres aimaient un peu en dessous ou au-dessus, ou encore sur les côtés (20% préféraient des caresses des lèvres tandis que 5% évitaient le clitoris). Concernant le style de caresses, près de 64% préféraient les mouvements du haut vers le bas et plus de 51% des mouvements circulaires. 30% optaient pour des variations d'un côté à l'autre. La majorité des sondées préféraient une pression douce ou moyenne (seulement une femme sur 10 aimait la fermeté). Pour 1/5, toutes les pressions se valaient. Les femmes ont souvent le même schéma : les des mouvements rythmiques, ou circulaires, ou alterner différents mouvement,…

Faire, montrer, communiquer…

Comme l'illustrent à nouveau ces chiffres, le rapport sexuel se fait au grand détriment du clitoris et du plaisir féminin : il reste centré sur le phallus et la pénétratiion.

Rares sont les amants qui s'aventureront spontanément du côté du clitoris, force est de le reconnaître. Mesdames, prenez-en votre partie (pour le moment) mais éduquez-les : l'évolution de votre vie sexuelle et la sexualité des générations futures dépendent de vous... Alors caressez-vous ou apprenez à vous connaître (testez les localisations, les différents mouvements, les pressions). Puis montrez à votre homme comment faire ou parlez-lui : bref mettez toutes les chances de votre côté pour qu'il vous fasse l'amour comme vous en avez envie (et besoin) ! Et transmettez à vos filles et à vos fils l'importance du clitoris…

* Source : Women's Experiences With Genital Touching, Sexual Pleasure, and Orgasm: Results From a U.S. Probability Sample of Women Ages 18 to 94. Herbenick. J Sex Marital Ther. 2017 Jul 5:1-12. doi: 10.1080/0092623X.2017.1346530.

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