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La vitamine D, une vitamine miracle ?

Bonne pour les os, pour le coeur, la vitamine D aurait également des propriétés contre le cancer et les maladies cardiovasculaires. Quels sont les risques d'une carence en vitamine D ? Comment ne pas être carencé en vitamine D ? Quand faut-il se supplémenter ?

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La vitamine D, une vitamine miracle ?
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Sommaire

Vitamine D : pourquoi est-elle si importante ?

Michel Cymes et Benoît Thevenet expliquent le rôle de la vitamine D dans l'organisme.

La vitamine D est bonne pour les os, pour les muscles et pour le coeur. Elle aurait même des propriétés contre le cancer et les maladies cardiovasculaires… La vitamine D est une vitamine indispensable. Pourtant, près de la moitié de la population en manque.

Une partie de la vitamine D est endogène, c'est-à-dire produite par notre propre corps, au niveau de la peau grâce à l'action des rayons ultraviolets du soleil sur le cholestérol. Une autre partie est en revanche exogène, c'est-à-dire qu'elle provient d'une source extérieure en l'occurrence notre alimentation. On trouve de la vitamine D dans la plupart des aliments. Les plus riches étant les poissons gras, l'huile de foie de morue ainsi que certains végétaux tels que les champignons.

La vitamine D agit au niveau des intestins et des reins pour absorber le calcium et le phosphore et permettre sa fixation sur les os. Autrement dit, la vitamine D intervient dans la croissance osseuse. La carence en vitamine D provoque donc des problèmes de rachitisme chez les enfants et des problèmes de perte osseuse chez l'adulte avec une augmentation des risques de fracture.

Mais ce n'est pas le seul rôle de la vitamine D. On retrouve des récepteurs à la vitamine D un peu partout dans l'organisme, que ce soit au niveau cardiovasculaire, neuronal ou au niveau du pancréas. Sans oublier son rôle dans l'immunité.

Vitamine D : supplémenter les bébés pour éviter les carences

Eviter les carences en vitamine D chez les bébés

Les bébés ont particulièrement besoin de vitamine D car c'est durant la petite enfance que la solidité des os s'acquiert. Il est donc parfois nécessaire de les supplémenter en vitamine D. Comment donne-t-on de la vitamine D aux bébés et comment agit-elle ?

La vitamine D joue un rôle primordial dans la croissance du bébé. Elle favorise l'absorption et la fixation du calcium, essentiel à une bonne minéralisation des os. Tous les jours, les nourrissons doivent recevoir un milligramme de vitamine D jusqu'à leurs 18 mois.

La vitamine D est présente dans notre épiderme. Sous l'action du soleil et des UVB, elle s'active et est synthétisée par notre corps puis stockée. Mais sous nos latitudes, l'hiver est long et le soleil capricieux. Gants, bonnets, écharpes… Notre corps s'abrite sous une armure de laine le peu de temps que nous passons dehors. Notre peau ne transforme donc pas assez cette vitamine.

Une carence en vitamine D, dès les premières années, aura des conséquences bien plus tard, comme le confirme le Pr Patrick Tounian, chef de service de gastroentérologie et nutrition à l'hôpital Armand Trousseau : "la vitamine D sert à absorber le calcium que l'on ingère. Si on n'a pas assez de vitamine D, on va mal absorber le calcium. La vitamine D sert aussi à fixer le calcium sur l'os. Au total, on aura un os qui va se déminéraliser et qui va favoriser les fractures ultérieures, notamment après la ménopause chez les femmes car c'est chez les femmes que le risque est le plus grand. C'est la raison pour laquelle les jeunes filles de 10 à 18 ans doivent absolument se supplémenter".

D'après les observations des médecins, les carences en vitamine D seraient aussi à l'origine de certaines maladies. Une carence en vitamine D pourrait favoriser certains cancers, le diabète, elle pourrait agir sur l'immunité avec une susceptibilité soit aux infections, soit aux problèmes immunitaires. "La carence en vitamine D va donc probablement bien au-delà des problèmes osseux", selon le Pr Patrick Tounian.

Pour lutter contre ces carences en vitamine D avant et après 18 mois, les pédiatres rappellent dès que possible les besoins aux parents. Le Dr Eric Saban, pédiatre, recommande à ses patients de "donner des ampoules de vitamine D à leurs enfants tous les six mois, quel que soit l'âge jusqu'à la fin de la croissance, c'est-à-dire jusqu'aux deux ans qui suivent l'apparition des règles chez les filles et jusqu'à 16 ou 17 ans chez les garçons". Les enfants peuvent désormais se réjouir car les ampoules aujourd'hui sont bien moins difficiles à avaler que l'huile de foie de morue riche en vitamine D de nos grand-mères.

Vitamine D : une arme efficace contre la sclérose en plaques ?

De la vitamine D pour lutter contre la sclérose en plaques ?

La vitamine D est bonne pour les os mais pas seulement. La vitamine D est utile pour le cœur et pourrait peut-être même éviter certaines maladies comme la SEP.

La vitamine D aurait en effet un impact bénéfique sur notre système immunitaire, elle préviendrait ainsi l'évolution de certaines maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques par exemple. À l'origine de cette hypothèse, un constat : les cas de sclérose en plaques étaient plus fréquents chez les populations qui ont de plus faibles concentrations en vitamine D ou une plus faible exposition aux ultraviolets.

Au CHU de Nîmes, on étudie l'intérêt d'une supplémentation en vitamine D chez des patients ayant vécu une première poussée de SEP.

Un essai thérapeutique est mené en parallèle dans 30 centres de référence. Le Dr Eric Thouvenot, neurologue au CHU de Nîmes, explique le protocole : "Chez les patients qui ont présenté une première poussée de SEP, on va doser la vitamine D dans le sang. Si elle est diminuée, si elle est inférieure à la normale et qu'il y a une insuffisance en vitamine D, on pourra proposer à ces patients d'être inclus dans le protocole. On va alors leur donner soit la vitamine D, soit le placebo".

Les chercheurs partent de l'hypothèse qu'une supplémentation en vitamine D pourrait ralentir la progression de la maladie. En effet, chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, certaines défenses immunitaires appelées lymphocytes se retournent contre l'organisme et détruisent la gaine de myéline qui entoure les nerfs. Cela crée des plaques visibles sur le cerveau à l'origine des symptômes de la maladie.

Lorsqu'un patient ingère une ampoule de vitamine D, celle-ci est absorbée dans l'intestin, elle circule dans le sang et peut alors agir sur toutes les cellules du corps en se fixant sur un récepteur spécifique. Dans le lymphocyte, la vitamine D accède au noyau de la cellule et modifie l'activité des gènes, réduisant ainsi les manifestations de la sclérose en plaques. "Cette hormone va modifier la transcription de plus de 200 gènes. Et parmi eux, de nombreux gènes sont impliqués dans l'immunité au sens large", précise le Dr Eric Thouvenot.

Le principe de l'essai en double aveugle signifie que le médecin prescripteur ignore si sa patiente prend de la vitamine D ou un placebo. Pour être concluante, l'étude doit aussi inclure 316 patients suivis pendant deux ans. En France, près de 90.000 personnes sont atteintes de sclérose en plaques.

Ostéoporose : la vitamine D est essentielle

La vitamine D est à surveiller de très près chez les personnes atteintes d'ostéoporose car elles ont particulièrement besoin de calcium pour protéger leur squelette fragilisé. Or, pour bien absorber ce calcium, la vitamine D s'avère indispensable.

À l'hôpital Cochin, une consultation spécialisée recherche les causes des faibles taux en vitamine D chez les patients souffrant d'ostéoporose.

"La vitamine D sert à augmenter l'absorption digestive du calcium. Le calcium se présente dans le tube digestif et si vous n'avez pas suffisamment de vitamine D, il ne sera pas absorbé. C'est comme si vous ne le prenez pas", explique le Dr Catherine Cormier, rhumatologue. Grâce aux apports en vitamine D, le calcium est bien absorbé et limite les effets de l'ostéoporose.

De la vitamine D contre la maladie d'Alzheimer ?

Au CHU d'Angers, le service de gériatrie a mis en place un essai clinique sur le lien entre la vitamine D et la maladie d'Alzheimer. Le traitement contre la maladie d'Alzheimer serait en effet plus efficace quand la vitamine D est présente en quantité suffisante chez les patients.

"Il y a huit ans, on a constaté que les patients qui avaient des plaintes de mémoire ou des troubles de la mémoire, voire une maladie d'Alzheimer, avaient des taux de vitamine D dans le sang plus bas que des patients de même âge mais sans trouble cognitif", explique le Dr Cédric Annweiler, gériatre.

Cette observation a permis de débuter une étude clinique pour mettre en évidence les effets de la vitamine D sur la mémoire et sur le développement de la maladie d'Alzheimer : "Cette étude clinique porte sur environ 400 patients avec plusieurs niveaux de réflexion. Tout d'abord des patients qui n'ont pas ou pas encore de troubles cognitifs et de maladie d'Alzheimer. On teste alors la vitamine D pour savoir si on prévient la survenue éventuelle de la maladie. Le deuxième niveau de réflexion concerne des personnes qui ont déjà les symptômes de la maladie d'Alzheimer. Et dans ce cas, on teste l'efficacité de la vitamine D sur l'évolution retardée éventuellement, et l'évolution de la maladie", précise le Dr Annweiler.

Aujourd'hui la maladie d'Alzheimer concerne près d'un million de personnes en France. Et la connaissance des facteurs de risque et des mécanismes de cette pathologie sont encore mal connus comme le confirme le Dr Annweiler : "On sait de façon certaine qu'il y a des phénomènes d'une part d'inflammation au niveau du cerveau qui sont anormaux. Et on a surtout une protéine qui normalement est éliminée du système nerveux central chez une personne qui n'a pas d'Alzheimer mais qui dans l'Alzheimer, se dépose sous forme de plaques anormales. Et des expérimentations ont montré que la vitamine D avait un pouvoir anti-inflammatoire et qu'elle permettait d'éliminer plus facilement cette fameuse protéine et donc d'éviter de former des plaques".

Mais il n'est pas question d'imaginer que la vitamine D seule puisse guérir la maladie d'Alzheimer. Il s'agit dans cet essai clinique de vérifier qu'elle pourrait améliorer l'efficacité des traitements déjà utilisés.

Détecter une carence en vitamine D

Pour détecter une éventuelle carence en vitamine D, un simple questionnaire suffit.

Aujourd'hui pour savoir si on manque de vitamine D, il faut réaliser un dosage sanguin. Un dosage qui, suite à des prescriptions abusives, n'est plus remboursé depuis 2014 sauf pour des indications très limitées. Des chercheurs viennent donc de mettre au point un nouvel outil de calcul, simple et gratuit, qui permet de cibler, dans la population générale, les personnes à risque d'insuffisance.

En France, près de la moitié de la population en bonne santé présenterait une insuffisance en vitamine D. Une équipe a mis au point un score qui permet sans avoir à réaliser de dosage sanguin de cibler les personnes à risque. Pour cela, les chercheurs ont identifié sept facteurs de risque d'insuffisance en vitamine D et attribué pour chacun d'eux un nombre de points.

"Par exemple, le fait d'être une femme va donner 1,5 point. Le statut pondéral va jouer un rôle. Si on a un poids normal, on aura zéro point. Si on est en surpoids, on aura 1,5 point et si on est obèse, on aura 2,5 points puisque l'obésité est un facteur de risque avéré pour l'insuffisance en vitamine D", explique Mélanie Deschasaux, doctorante en épidémiologie nutritionnelle.

L'activité physique est aussi prise en compte tout comme le lieu d'habitation. Si vous vivez dans la partie nord de la France, il faudra par exemple ajouter 2 points : "Un facteur important est l'exposition solaire. Si on a une faible ou très faible exposition, on aura trois points. Enfin, en fonction de la couleur de la peau, on a des points qui sont attribués aux peaux qui sont plutôt très claires, très blanches et également aux peaux qui sont plutôt très foncées. Les peaux très foncées ont naturellement une moindre synthèse de vitamine D en réaction au soleil".

Il suffit ensuite d'additionner tous les points pour obtenir un score. "Dans notre population, on a pu déterminer que pour une personne, si elle avait un score supérieur à 7 par exemple, on pouvait considérer qu'elle était à risque modéré d'être en insuffisance de vitamine D. Et si elle a un score supérieur à 9, on peut considérer que le risque devient relativement important", prévient Mélanie Deschasaux.

Dans la pratique, un score supérieur ou égal à 7 entraînerait donc la prescription d'une supplémentation en vitamine D. Toutefois, l'utilisation de ce score n'est pas indiqué dans le cadre de certaines pathologies pour lesquelles le dosage en vitamine D doit être beaucoup plus précis comme le confirme le Pr Jean-Claude Souberbielle, biologiste : "Ce score ne s'adresse pas à des patients qui présentent certaines pathologies (ostéoporose, insuffisance rénale chronique…). Chez ces patients, il faut doser la vitamine D et tenir compte de la concentration mesurée pour leur donner une supplémentation personnalisée". Des étapes de validation sont encore nécessaires avant que ce score puisse être disponible chez les médecins généralistes.

Le dosage sanguin de la vitamine D

Comment s'effectue le dosage sanguin de la vitamine D ?

La vitamine D joue un rôle essentiel dans la fixation du calcium dans l'organisme. Notre corps est uniquement capable de la synthétiser à partir des rayons du soleil, ce qui rend les carences en vitamine D fréquentes en hiver. Pour contrôler notre taux de vitamine D, un dosage sanguin peut être effectué.

Pour doser la quantité de vitamine D présente dans l'organisme, il est nécessaire de réaliser une prise de sang. Les prélèvements sont ensuite envoyés en laboratoire afin d'être analysés. Première étape : la centrifugeuse. En moins de quinze minutes, le sang est séparé en différentes couches (globules rouges, sérum…).

C'est le sérum qui est utilisé pour quantifier le taux de vitamine D dans le sang. "On dose différents paramètres biologiques, dont la vitamine D, en se basant sur la réaction antigènes-anticorps. Nous avons des anticorps qui sont spécifiques de la vitamine D, qui vont reconnaître la vitamine D et la capter en quelque sorte. Et nous, biologistes, nous mesurons la quantité d'anticorps qui a été captée", explique le Pr Jean-Claude Souberbielle, biologiste.

Les résultats du dosage permettent de détecter d'éventuelles carences mais aussi de faciliter le diagnostic de certaines maladies. Ce dosage peut s'effectuer à l'hôpital ou en laboratoire, mais uniquement sur ordonnance d'un médecin. Des ampoules de vitamine D sont prescrites en cas de carence.

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