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Incontinence urinaire, un dispositif contre les fuites

L'incontinence urinaire d'effort touche une femme sur cinq. En dépit des campagnes d'information, elle reste tabou, source de honte, de gène et parfois d'isolement social. Un dispositif médical vient enrichir sa prise en charge, qui comportait jusqu'à présent la rééducation périnéale et la chirurgie. D'utilisation aussi simple qu'un tampon, il a bénéficié d'une étude médicale montrant son efficacité et une bonne tolérance.

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Incontinence urinaire, un dispositif contre les fuites
Incontinence urinaire, un dispositif contre les fuites

L'incontinence urinaire d'effort se caractérise par des fuites qui surviennent dans les situations à risque, par exemple quand on tousse, porte des charges lourdes ou lors d'une activité physique. Elle reste taboue, notamment chez les femmes jeunes qui ne se reconnaissent pas dans le mot d'incontinence, associée à la vieillesse. Car contrairement aux idées reçues, les fuites urinaires à l'effort touchent toutes les tranches d'âge, notamment les jeunes, en particulier après un accouchement qui a lésé les muscles du périnée.

Les facteurs de risque de l'incontinence d'effort

Outre la génétique et l'accouchement, le tabagisme, la constipation chronique, un métier à risque avec le port de charges lourdes favorisent la survenue d'incontinence urinaire d'effort, tout comme certains sports comme le tennis, le basket, le jogging.

Le dispositif (en bas) et son applicateur

Pour le moment, la prise en charge comporte la rééducation périnéale et la chirurgie, réservée aux formes sévères ou lorsque la rééducation ne fonctionne pas.  Selon le Pr François Haab, urologue, 3 millions de Françaises souffrent d'incontinence urinaire d'effort, un tiers seulement consulte pour cette raison et 25.000 se font opérer. Certes, il existe aussi des protections, mais qui ne sont pas une solution satisfaisante et acceptable, de l'avis du Pr Haab et de Laure Mourichon, kinésithérapeute et spécialiste du périnée.

La rééducation périnéale en pratique

La rééducation permet de prendre conscience du périnée, ce losange tendu entre le pubis et les ischions (les os des fesses). Ce "hamac" soutient les organes du petit bassin, évite la descente d'organes et les fuites et il joue un rôle dans la sexualité. Un atout précieux qu'il faut muscler toute sa vie.

La rééducation est donc prescrite en première intention en cas de fuites à l'effort, et elle se révèle d'autant plus efficace que les exercices "à la maison" sont faits consciencieusement. Elle se compose de différentes techniques. Le travail manuel consiste à contracter son périnée autour des doigts de la kinésithérapeute durant 5 à 10 secondes, sur l'expiration. Le biofeedback se fait à l'aide d'une sonde dans le vagin qui enregistre les contractions et permet de les visualiser sur écran. Enfin, l'électrostimulation envoie, via une sonde vaginale, de légères stimulations électriques pour contracter le périnée.

Toutefois, la rééducation présente plusieurs limites de taille : elle est parfois insuffisante chez certaines patientes ou, si elle apprend aux femmes à bien contracter leur périnée avant et pendant une situation à risque, il leur est impossible de tenir la contraction durant l'intégralité d'une séance de sport ou une soirée passée à danser. Alors faut-il dire adieu à ces plaisirs ?

Un dispositif empêchant les fuites

C'est là qu'entre en jeu un dispositif médical baptisé Diveen, d'utilisation aussi simple qu'un tampon. Il est indiqué sur avis médical, après un bilan auprès d'un kinésithérapeute périnéal et en complément de la rééducation.

Cet anneau souple se glisse à l'aide d'un applicateur dans le vagin. Son extrémité rigide vient alors comprimer l'urètre, le canal qui évacue l'urine. Cela reproduit ce qui se passe en temps normal : lors d'un effort, l'urètre se bloque sur le périnée lorsqu'il se contracte de façon adaptée et suffisante.

Pour évaluer l'efficacité et la tolérance du dispositif, 41 patientes ont été suivies durant 6 semaines. Les fuites ont été réduites de 68,8% chez les 17 patientes utilisant le dispositif et de 8,25% dans le groupe contrôle, sans dispositif.

Pour le Dr Antoine Faix, urologue, "c'est un outil intéressant en cas de pertes d'urines  peu importantes, ponctuellement chez la femme jeune sportive ou chez une femme âgée qui désire plus d'autonomie. C'est en complément de la kinésithérapie et ça ne remplacera pas la chirurgie", précise-t-il.

Bien entendu, d'autres travaux sont nécessaires pour évaluer l'efficacité et la tolérance à long terme, le port du dispositif ayant été seulement évalué sur un mois.

Ce dispositif sera disponible à partir du 15 juin en pharmacie, en taille M ou S (pour les vagins avec une atrophie, après la ménopause). Le prix est de 64,44 euros la boîte de 15 ou 31,38 euros les 5.

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