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Cancer colorectal : pas tous égaux devant la viande transformée

La consommation de viande transformée (conserves, charcuteries...) augmente-t-elle le risque de développer un cancer colorectal ? Oui... tout du moins pour les porteurs d'une mutation génétique fréquente, révèle une analyse épidémiologique de grande envergure réalisée par une équipe internationale. Ces travaux ont été publiés le 17 avril 2014 dans la revue PLOS Genetics.

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Cancer colorectal : pas tous égaux devant la viande transformée
Cancer colorectal : pas tous égaux devant la viande transformée

Mode de vie (alimentation riche en viande, tabagisme, consommation d'alcool) et hérédité sont deux facteurs de risque identifiés du cancer colorectal.

L'expression viande transformée désigne la viande conservée par fumage, salage, congélation, mise en conserve ou ajout de produits chimiques de conservation.

Des chercheurs étasuniens, allemands et australiens (1) ont cherché à déterminer si le régime alimentaire influençait ce risque de manière uniforme dans toute la population, ou si cette influence était particulièrement prononcée chez les porteurs de certains gènes.

Les chercheurs ont travaillé à la synthèse de dix études comparant l'ensemble du profil génétique de 9.287 malades à celui de 9.117 personnes de profil équivalent, en bonne santé, en tenant compte des spécificités de leur régime alimentaire.

L'étude confirme que chez l'ensemble de la population, manger beaucoup de viande rouge et de viande transformée est associé à un risque accru (respectivement 15% et 10%) de développer un cancer colorectal. Une alimentation riche en fruits, légumes et fibres réduit significativement ce risque (d'un peu moins de 10%).

Mais l'analyse a également révélé que tous les profils génétiques ne sont pas égaux devant la viande transformée. Un gène - qui existe sous trois formes distincte dans la population générale - apparaît très clairement impliqué. Selon la version du gène possédée, le risque de développer un cancer colorectal peut soit ne pas être augmenté, augmenté d'au moins 10%, ou d'au moins 20% !

Le deuxième "variant génétique" apparait porté par plus de 35% de la population, et le dernier par plus de 6% de la population.

Les chercheurs observent que ce gène, porté par le chromosome 10, est situé à proximité immédiate d'un autre gène bien connu des épidémiologistes : le gène GABA3, dont certains variants sont associés à un risque fortement accru de cancer du sein.

Les mécanismes par lesquels le gène nouvellement identifié pourrait initier l'apparition d'un cancer en présence de composés associés à la viande transformée (soit directement présents dans la viande, soit générés lors des processus de métabolisation) n'est pas encore identifié.

Les chercheurs estiment que leur découverte pourrait à terme permettre d'affiner les stratégies de prévention du cancer colorectal.

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(1) Membres du Genetics and Epidemiology of Colorectal Cancer Consortium (GECCO).

Source : Genome-Wide Diet-Gene Interaction Analyses for Risk of Colorectal Cancer. Jane C. Figueiredo et coll. PLoS Genet, avril 2014. doi:10.1371/journal.pgen.1004228

 

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