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Tout savoir sur les poisons

Amanite phalloïde, belladone ou encore venin de serpent... Certains poisons peuvent être mortels pour l'homme. Qu'est-ce qu'un poison ? Comment entre-t-il dans l'organisme ? Pourquoi et comment certains peuvent-ils tuer et d'autres guérir ?

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Qu'est-ce qu'un poison ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent comment agissent les poisons.

Les poisons sont des substances toxiques, capables de troubler gravement ou d'interrompre les fonctions vitales d'un organisme. Il existe de nombreux poisons aux origines diverses :

  • les poisons naturels issus des plantes, des champignons, des animaux ;
  • les poisons chimiques comme le cyanure ou l'arsenic.

Certaines bactéries s'apparentent aussi à des poisons, par exemple la toxine botulique que l'on utilise en injection pour atténuer les rides du visage.

Un poison peut entrer dans l'organisme par différentes voies : par ingestion, par voie respiratoire, par contact avec la peau, par injection directe dans le système sanguin. La toxicité dépend de la nature du poison, de la durée d'exposition et aussi de la dose.

Les poisons, toute une histoire

Le curare aussi appelé poison de flèches et l'arsenic sont deux poisons emblématiques

Depuis toujours, les poisons font l'objet d'une fascination parce qu'ils évoquent la mort, la vengeance et ils ont souvent été au coeur de nombreuses intrigues historiques.

Le curare a été découvert dans la nature par les Indiens d'Amazonie. Il s'agit d'un poison complexe, un mélange dont l'ingrédient principal est une liane. L'action de ce poison est longtemps restée mystérieuse pour les Occidentaux. Ce n'est qu'au XIXe siècle que le célèbre médecin Claude Bernard comprend que le curare paralyse les muscles, y compris les muscles respiratoires. À forte dose, un animal blessé meurt par asphyxie.

Si les poisons étaient d'abord utilisés pour chasser, très vite on comprend que l'on peut aussi se débarrasser de ses ennemis grâce à ces concoctions.  Dès le XVIe siècle, le préféré des empoisonneurs était l'arsenic. Ce composé chimique utilisé par les empoisonneurs sous forme de poudre blanche était très apprécié par Rodrigo Borgia. Pour éliminer ses nombreux adversaires, il a mis au point une préparation à base d'arsenic : la cantarella.

Vomissements, diarrhée, coma… une intoxication par arsenic peut entraîner très rapidement la mort. Efficace et pendant longtemps indétectable, l'arsenic a reçu le titre de roi des poisons. De nos jours, on peut boire et manger sans être trop suspicieux. Néanmoins, il convient d'être vigilant car on meurt encore d'empoisonnement.

Les centres anti-poison

Reportage à la permanence du centre anti-poison de l'hôpital Fernand-Widal à Paris

Chaque année, au moment de la saison des champignons, on recense en France des centaines d'empoisonnements et même quelques décès. En cas de doute, après la cueillette, n'hésitez pas à demander conseil à un pharmacien ou à la société mycologique la plus proche de chez vous. Et si vous pensez être victime d'une intoxication, n'hésitez pas à appeler un centre anti-poison.

Les permanences des centres anti-poison reçoivent des appels toute la journée, la plupart concernent des enfants en bas âge. Pour évaluer la gravité, il faut vérifier le contenu du produit ingéré. "Nous disposons d'une base de données extrêmement riche de plusieurs milliers de produits (environ 200.000) avec leur formulation complète. Cela nous permet ainsi d'avoir une idée assez précise de sa toxicité", explique le Dr Antoine Villa, toxicologue.

Dans la plupart des cas, il suffit de surveiller le patient. Mais il est parfois nécessaire de se rendre aux urgences : "En général, avant de faire quoi que ce soit, il faut appeler le centre anti-poison ou éventuellement le Samu mais on ne fait pas boire, on ne fait pas manger, ni vomir… Il faut d'abord se renseigner", recommande le Dr Villa.

Quelques conseils simples peuvent limiter les risques d'intoxication comme ranger les produits ménagers et les médicaments en hauteur, ne pas changer les emballages et ne pas faire de mélange.

Il existe neuf centres anti-poison en France. Ils informent les professionnels de santé et le public sur les risques toxiques et assurent une assistance téléphonique, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 :

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Angers
    CHU -  4 rue Larrey 49033 Angers
    Tel : 02 41 48 21 21

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Bordeaux
    CHU Pellegrin Tripode - Place Amélie Raba Léon 33076 Bordeaux
    Tel : 05 56 96 40 80

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Lille
    CHRU - 5 avenue Oscar Lambret 59037 Lille
    Tel : 0800 59 59 59

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Lyon
    Bâtiment A, 4ème étage - 162, avenue Lacassagne 69424 Lyon
    Tel : 04 72 11 69 11

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Marseille
    Hôpital Sainte Marguerite - 270 boulevard de Sainte Marguerite 13274 Marseille
    Tel : 04 91 75 25 25

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Nancy
    Hôpital Central - 29 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny 54035 Nancy
    Tel : 03 83 22 50 50

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Paris
    Hôpital Fernand Widal - 200 rue du Faubourg Saint Denis 75475 Paris Cedex 10
    Tel : 01 40 05 48 48

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Strasbourg
    Hôpitaux universitaires - 1 Place de l'Hôpital BP 426 67091 Strasbourg Cedex
    Tel : 03 88 37 37 37

  • Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Toulouse
    Hôpital Purpan, Pavillon Louis Lareng - Place du Docteur Baylac 31059 Toulouse Cedex
    Tel : 05 61 77 74 47

Quand les poisons guérissent

Les poisons ne sont pas toujours mauvais et peuvent s'avérer utiles. À faible dose, on utilise certains poisons dans un cadre thérapeutique. Le mercure, par exemple, a longtemps été utilisé pour lutter contre la syphilis.

Au XIXe siècle, l'arsenic était utilisé comme remède par des paysans autrichiens qui saupoudraient leurs repas de cristaux d'arsenic pour être en bonne santé et avoir une vigueur sexuelle. L'arsenic est d'ailleurs employé aujourd'hui dans le traitement de certaines leucémies.

Autre exemple, un dérivé de curare est encore utilisé au moment des anesthésies pour relâcher les muscles lors de certaines interventions chirurgicales.

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