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Grossesse : gare au diabète !

Qu'elles aient un diabète de type 1, de type 2 ou gestationnel, ce diabète qui apparaît uniquement pendant la grossesse, les femmes enceintes doivent être suivies de près. Quels sont les risques ? Quels sont les traitements proposés ? Quel régime alimentaire adopter ? Comment aborder une grossesse quand on est diabétique ?

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Grossesse : gare au diabète !
Grossesse : gare au diabète !
Sommaire

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le diabète gestationnel.

Le diabète gestationnel concerne entre 3 et 6% des grossesses. Il touche des femmes qui n'étaient pas diabétiques mais le deviennent quand elles sont enceintes.

Diagnostic du diabète de grossesse

Au premier trimestre de la grossesse, il est posé en cas de glycémie supérieure à 0,92 gr/litre à jeun.

Et en cas de glycémie normale, on réalise entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée le test d'hyperglycémie provoquée, qui consiste à ingérer 75 grammes de glucose.

Le test est normal quand les valeurs sont inférieures à 0,92 gr/l à jeun, 1,80 une heure après la prise de glucose, 1,53 deux heures après.

Normalement, quand on mange, le sucre présent dans les aliments arrive dans le sang. Le pancréas sécrète alors de l'insuline, une hormone capable de transporter ce sucre vers les cellules qui en ont besoin. En cas de diabète, cette régulation par l'insuline ne fonctionne plus et la glycémie, le taux de sucre dans le sang, augmente.

Chez une femme enceinte, certaines hormones produites par le placenta freinent l'action de l'insuline car elles réorganisent l'absorption de l'alimentation et donc du sucre en faveur du foetus. Du coup, le pancréas doit en produire plus que d'habitude pour réguler le taux de sucre. Chez certaines femmes, il n'en est pas capable. Ce manque d'insuline entraîne une augmentation du taux de sucre : c'est le diabète gestationnel.

Le diabète gestationnel survient le plus souvent après 35 ans, en cas de surpoids avant la grossesse, de prise de kilos accélérée dès son commencement et d'antécédents familiaux de diabète. Le principal risque, c'est que le foetus reçoive trop de sucre et soit trop gros. C'est ce qu'on appelle la macrosomie. Elle peut compliquer l'accouchement et même imposer son déclenchement.

Diabète gestationnel : un suivi diététique

Visite de contrôle à l'hôpital privé d'Anthony ave Gisèle, 23 ans, enceinte de son premier enfant

Chez une femme enceinte, le rôle du pancréas est gêné par un nouvel organe, le placenta. Il produit des hormones qui vont empêcher l'insuline d'être efficace. Du coup, le pancréas doit produire encore plus d'insuline que d'habitude pour réguler le taux de sucre. Mais chez certaines femmes, le pancréas n'arrive pas à compenser, il n'y a donc pas assez d'insuline et le taux de sucre augmente, c'est le diabète gestationnel.

Cet excès de sucre dans le sang de la mère passe par le cordon ombilical : le bébé prend plus de poids, ce qui va compliquer l'accouchement, et risque aussi de faire une hypoglycémie à la naissance. Le diabète gestationnel nécessite donc un suivi très régulier.

Diabète gestationnel : les injections d'insuline

Stéphanie doit suivre de nouvelles règles de vie.

Dans la majorité des cas, un changement de régime diététique est suffisant pour contrôler la glycémie. Mais parfois il faut ajouter des injections d'insuline.

En cas de diabète gestationnel, les patientes doivent en effet suivre de nouvelles règles de vie et notamment un régime diététique adapté. Les jus de fruits et les desserts sucrés sont ainsi supprimés, et chaque assiette doit être équilibrée. Et avant chaque repas, les patientes doivent contrôler la quantité de sucre dans le sang (glycémie).

Quand les taux sont trop élevés malgré un régime rigoureux, des injections d'insuline (hormone qui contrôle le sucre) sont nécessaires car la production naturelle d'insuline par le pancréas ne compense pas les dérèglements provoqués par la grossesse. Après l'injection, il faut vite manger pour ne pas se retrouver en hypoglycémie quand l'insuline commence à agir.

Les patientes doivent également penser à rentrer leurs taux dans un dossier sur Internet, en liaison permanente avec leur médecin hospitalier. Le médecin analyse les résultats et donne ensuite des conseils à distance à la patiente. Une autre recommandation essentielle des équipes soignantes est de pratiquer une activité physique régulière.

Echographie : à la recherche de signes de diabète

Quels sont les signes de diabète visibles à l'échographie ?

Le fait d'avoir du diabète pendant la grossesse peut présenter des risques pour le bébé. On recherche donc lors de l'échographie des anomalies comme une "macrosomie" : le bébé a un poids excessif.

Diabète gestationnel : maintenir la vigilance après la naissance

Quel suivi après la naissance ?

L'activité physique est cruciale. Tout comme les collations prises entre les repas. Des habitudes qu'il faut impérativement conserver après la naissance pour que le diabète ne réapparaisse pas.

L'ensemble des menaces liées au diabète gestationnel est maitrisé grâce à l'accompagnement des patientes par télémédecine. Leurs taux de sucre sont suivis en permanence pour adapter le traitement, avec de très bons résultats.

Au vu des très bons résultats de la télémédecine dans le suivi du diabète gestationnel, plusieurs hôpitaux adhèrent désormais à une plateforme Internet conçue par un service. Si l'équipe qui vous suit ne l'utilise pas, vous pouvez tout de même télécharger l'appli gratuitement. Vous pourrez ainsi enregistrer vos glycémies et bénéficierez d'une alerte automatique en cas de dépassement vous invitant à consulter votre médecin.

Grossesse : le sport contre le diabète

Le diabète gestationnel est une des complications les plus fréquentes de la grossesse. Il touche 7 à 10% des femmes enceintes. Cet excès de glucose dans le sang peut avoir des conséquences sur le poids du bébé à naître mais aussi sur le déroulement de l'accouchement.

Le traitement consiste généralement en un changement de régime alimentaire et des injections d'insuline pour contrôler la glycémie. Mais depuis peu, certains services hospitaliers proposent aussi des séances de sport adaptées. C'est le cas par exemple au CHU de Strasbourg.

Au CHU de Strasbourg, le sport fait partie de la stratégie anti-diabète gestationnel depuis 2013. "Quand on bouge, les muscles utilisent le sucre qu'il y a directement dans le sang et cela fait baisser la glycémie de manière la plus naturelle possible. Moins la patiente s'injecte de l'insuline, mieux elle se porte et mieux le bébé se porte", confie Alexia Richelet, éducatrice médico-sportive au CHU de Strasbourg.

Grâce au sport, la patiente prend moins d'insuline. Il faut toutefois être vigilant pour éviter l'hypoglycémie. "La glycémie diminue pendant l'activité mais elle diminue encore après parce que les muscles refont le stock de sucre et du coup, ça diminue encore", précise Alexia Richelet. À l'issue de la séance de sport, la patiente vérifie d'ailleurs sa glycémie.

Limiter le taux de sucre est essentiel. Outre l'hypertension, le diabète peut entraîner à court terme une prise de poids excessive pour la mère et le bébé. À plus long terme, le risque c'est surtout que le diabète s'installe. Un risque qui concerne également le bébé comme le confirme le Pr Nathalie Jeandidier, endocrinologue-diabétologue : "Quand vous avez une glycémie plus importante au stade fœtal, les gènes se modifient ce qui fait aussi que le bébé vers l'âge de 15-16 ans va commencer à avoir un risque plus important d'être obèse, va avoir un risque d'avoir une glycémie un peu plus élevée et va faire du coup un diabète de type 2 plus tard". Pour éviter ces risques, une pratique sportive adaptée régulière est conseillée. En France, actuellement seuls deux CHU proposent ce type de prise en charge.

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