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Vivre après un AVC

Les Accidents Vasculaires Cérébraux (ou AVC) font 130.000 victimes chaque année. L'AVC est d'ailleurs la troisième cause de mortalité chez l'homme et la première chez la femme. Quand on en réchappe, les suites de l'AVC sont très variables, mais pour les deux tiers des patients les séquelles neurologiques sont importantes et invalidantes. Quelles sont ces séquelles ? Comment les prend-on en charge ?

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Vivre après un AVC
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Sommaire

Qu'est-ce qu'un AVC ?

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent l'accident vasculaire cérébral.

Notre cerveau est irrigué en permanence, car son fonctionnement dépend entièrement de l'oxygène et des nutriments que lui apporte le sang. Il dispose pour cette raison d'un réseau vasculaire complexe. Le sang est acheminé au cerveau par les artères carotides internes gauche et droite. Chaque carotide interne se ramifie et ces ramifications irriguent l'œil et les deux tiers antérieurs de l'hémisphère cérébral. Le tronc basilaire formé de la réunion de deux artères vertébrales, se ramifie lui aussi pour venir irriguer le tiers postérieur de chaque hémisphère cérébral, le tronc cérébral et le cervelet.

Deux types d'accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir. Dans la plupart des cas, une petite artère cérébrale est bouchée par un caillot de sang (on parle de thrombose). Ce caillot peut être issu d'un caillot plus gros qui s'est lui formé au niveau du cœur. Le caillot peut aussi être dû à l'agglutination de cellules sanguines autour d'un morceau de plaque d'athérome (c'est-à-dire une plaque de cholestérol) qui s'est détaché de la paroi d'un vaisseau. La zone cérébrale qui ne peut plus être irriguée manque alors d'oxygène : elle se nécrose. C'est ce qu'on appelle l'AVC ischémique.

Autre cas de figure, plus rare, l'AVC hémorragique. Dans le cas d'un AVC hémorragique, une artère intracrânienne se rompt car fragilisée (par l'âge, le tabac, le diabète, l'hypertension artérielle…). Il y a alors formation d'un hématome intra-cérébral. Cette rupture peut aussi être due à ce qu'on appelle un anévrisme. La paroi d'une artère autour du cerveau est malformée : elle présente une sorte de petite "boursouflure" avec une paroi fragilisée, qui cède. Le sang qui se répand peut alors comprimer les structures cérébrales. C'est la fameuse rupture d'anévrisme.

Quel qu'il soit, un AVC est une urgence médicale absolue. Les symptômes sont très divers parce qu'ils dépendent de l'endroit où a lieu la souffrance cérébrale, chaque partie du cerveau étant spécialisée dans une tache particulière.

Mais certains signes sont très fréquents et doivent alerter. Parmi eux : une faiblesse musculaire ou une paralysie d'un ou plusieurs membres ou du visage, le plus souvent d'un seul côté du corps (hémiplégie), une perte de sensibilité ou un engourdissement d'un seul côté du corps, une perte de la vision d'un œil ou une vue double… Ou encore une difficulté à articuler ou trouver ses mots, des troubles de l'équilibre ou de la vigilance, un mal de tête très brutal, intense et inhabituel… Des signes importants à connaître car plus la prise en charge sera précoce, plus les chances de récupération seront grandes.

Se reconstruire après un AVC

Médecin victime d'un AVC, Jean-François raconte sa vie après l'accident.

Surmonter un AVC n'est pas donné à tout le monde... La rééducation est souvent très longue et parcellaire. Jean-François Grégoire a été victime d'un AVC en 2005, sa vie a entièrement changé.

Jean-François a réussi à se reconstruire, avec l'aide de ses médecins, mais en puisant aussi au fond de lui, à travers l'écriture, le dessin et la pratique des arts martiaux...

AVC : des handicaps invisibles mais bien réels

L'AVC est souvent responsable de séquelles qui affectent la qualité de vie des patients. Les atteintes peuvent être motrices, sensitives, sensorielles et cognitives (avec notamment des troubles de la mémoire). En outre, les dépressions sont fréquentes.

Selon les déclarations des patients, les séquelles les plus fréquentes sont des troubles de l'équilibre et des troubles de la mémoire, puis les paralysies ou parésie d'un ou plusieurs membres et les troubles du langage.

Après un AVC, en fonction de la gravité des lésions cérébrales, les patients peuvent mettre des mois voire des années à retrouver l'usage de la parole ou à marcher. Une fois les séquelles "visibles" rétablies, d'autres difficultés beaucoup moins évidentes peuvent persister, on parle alors de "handicaps invisibles". Il s'agit de troubles de l'attention, des absences, de confusion, de troubles du calcul, de la mémoire... qui ne sont pas tout de suite identifiables par l'entourage.

Se remettre en marche après un AVC

Des injections de toxine botulique contre la spasticité.

Environ 16% des patients ayant eu un AVC développent une spasticité, c'est-à-dire une contraction involontaire des muscles qui vont gêner leurs mouvements. Pour tenter de réduire ces contractions, on leur injecte de la toxine botulique qui paralyse progressivement le muscle qui pose problème.

Le mode d'action de la toxine botulique est simple, elle va bloquer l'activité électrique entre le nerf et le muscle. Le médecin injecte la toxine botulique précisément dans le muscle adducteur de la cuisse. Le geste est effectué sur les deux jambes du patient mais il ne suffit pas, il faut également détendre le mollet qui perturbe aussi sérieusement la marche.

Les injections peuvent être douloureuses et sont à réitérer régulièrement pour apporter un réel bénéfice au patient. La toxine botulinique commence à être efficace au bout de quinze jours et son pic d'efficacité se situe à un mois. Après, son efficacité diminue un peu dans le temps. Les injections doivent donc être réitérées tous les trois mois pour permettre au patient de rester sur une moyenne d'efficacité tolérable au niveau de sa fonction.

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Livre :

  • A.V.C.
    "Accident vasculaire cérébral"
    Jean-François Grégoire
    Ed. ASA, juin 2010
    Pour voir le livre et commander, cliquez : ICI

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