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Prise en charge de l'autisme: les lacunes françaises

Après plusieurs mois d'auditions et de travail, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié un rapport dans lequel il dresse un état des lieux de la prise en charge de l'autisme en France. Formation du personnel, aide aux familles ou encore places d'accueil : les lacunes sont nombreuses. Quant au coût social et économique, bien que difficile à chiffrer, il s'avère très élevé.

Rédigé le , mis à jour le

Prise en charge de l'autisme: les lacunes françaises
Prise en charge de l'autisme: les lacunes françaises

Malgré une meilleure connaissance de l'autisme, reconnu comme handicap depuis 1995 seulement, les problèmes persistent.

"La France compte 250 000 à 600 000 personnes autistes", révèle le CESE dans un projet d'avis rendu public ce mardi 9 octobre 2012. Pourtant ce handicap "est fort peu présent dans la formation initiale et continue des personnels de santé, des enseignants et des éducateurs". Autre problème soulevé par le rapport du Conseil, "le diagnostic peut être établi avant 30 mois", mais "dans les faits, il n'intervient que rarement avant l'âge de 6 ans faute de place dans les centres de dépistage".

"Les structures manquent à la fois de financement et de ressources pour faire face aux besoins réels d'un accompagnement de qualité", déplore le Conseil qui souligne que "nombre de personnes autistes restent en famille faute de réponses adaptée à leurs besoins".

1,4 milliard d'euros dépensés par l'Etat

Quant au coût de la prise en charge de l'autisme, pour l’année 2010, "l'État a consacré 1,4 milliard d'euros aux personnes atteintes d'autisme (680 millions d'euros à l'accueil en établissement et services médico-sociaux ; 664 millions au versement d'allocations et 55 millions pour l'éducation)". Mais ces chiffres ne comprennent pas le "coût hospitalier et sanitaire". "On dépense mal en multipliant des financements non coordonnés qui aboutissent à un coût unitaire élevé", regrette le CESE.

Difficile pour le Conseil d'évaluer le coût global de l'autisme. Car il faut prendre en compte les conséquences de ce handicap sur les familles telles que la cessation d'activité professionnelle pour s'occuper de l'enfant, les divorces, les dépressions...

52 mesures pour améliorer la situation

Dans son projet d'avis, le CESE préconise 52 mesures. Une meilleure formation des personnels de santé ou d'éducation, un accès facilité "au congé formation" pour les parents, un meilleur lien entre "recherche clinique et recherche fondamentale", un numéro vert de conseil et de soutien... devraient permettre d'améliorer la situation.

Une commission d'enquête indispensable ?

Selon Daniel Fasquelle, ancien président du groupe d'études parlementaires sur l'autisme, ce rapport du CESE "va indéniablement dans le bons sens", mais le laisse "insatisfait". Il annonce sur son blog qu'il va déposer "une résolution pour demander une commission d’enquête parlementaire sur le coût et le financement de l’autisme en France", indispensable pour mettre fin "le plus vite possible au scandale français en matière d'autisme".

Un troisième plan autisme devrait voir le jour dès le mois de novembre 2012.

En savoir plus

Sur Allodocteurs.fr :

Ailleurs sur le web :

  • Le blog de Daniel Fasquelle
    "Une commission d'enquête sur le coût et le financement de l'autisme est indispensable pour mettre fin à un scandale français".

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