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Troubles anxieux, une anxiété envahissante

S'il est normal de ressentir ponctuellement de l'anxiété, celle-ci devient pathologique lorsqu'elle est irrationnelle et excessive, qu'elle provoque une grande détresse et altère la qualité de vie. On parle alors de troubles anxieux, qui peuvent prendre la forme d'anxiété généralisée, et/ou une forme plus aiguë avec des attaques de panique. La prise en charge comporte une thérapie et des médicaments lorsqu'ils sont indispensables.

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Troubles anxieux, une anxiété envahissante
Troubles anxieux, une anxiété envahissante

Quand l'anxiété devient pathologique

Le cœur qui bat à tout rompre, la bouche sèche, une tension terrible et une inquiétude envahissante et douloureuse… Ce sont quelques-uns des symptômes invalidants des troubles anxieux, affections que connaissent bon nombre de Français, champions de la consommation d'anxiolytiques.

Les causes de l'anxiété

Nous ne sommes pas tous égaux face à l'anxiété, certains gèrent mieux l'angoisse que d'autres, mais tout le monde peut souffrir d'un trouble anxieux. Il est probablement la résultante de plusieurs facteurs, environnementaux (en lien avec des évènements de vie stressants), biologiques avec la production de neurotransmetteurs (sérotonine, noradrénaline,…) et génétiques, avec un terrain favorisant. Une étude avait montré ainsi que le trouble anxieux et le raccourcissement des gènes étaient liés, sans que l'on sache lequel des deux était survenu le premier.

Tout le monde connaît un jour ou l'autre l'émotion désagréable de l'anxiété, avant un examen, en cas de problème de santé ou d'accident. Mais si elle  bien tolérée et ponctuelle chez certains, elle devient pathologique et nocive chez d'autres : le sentiment anxieux entrave alors la vie quotidienne, empêche de prendre une décision et d'agir, alors que les ruminations négatives deviennent permanentes et douloureuses. Il est source de souffrance et altère la vie personnelle, familiale, ou professionnelle. On parle alors de troubles anxieux, qui regroupent l'anxiété généralisée, les attaques de panique (ou crises d'angoisse), qui sont détaillées ci-dessous, mais aussi les phobies, les troubles obsessionnels compulsifs, le stress post-traumatique, générateurs d'une grande angoisse.

L'anxiété est différente du stress, qui est un mécanisme d'adaptation à une agression : en situation stressante, le corps sécrète des hormones comme l'adrénaline, le cortisol et la noradrénaline pour mobiliser ses capacités physiques et psychologiques et "échapper au danger".

Au contraire, l'anxiété est une émotion complexe, de l'ordre du mental,  qui ne nécessite pas d'adaptation : alors que le stress est une réponse à un événement particulier, l'anxiété est une anticipation de situation négative, source de peur incontrôlable et irrationnelle. Elle peut survenir en réaction à un stress, lorsque les symptômes perdurent et que les causes du stress ne sont plus présentes.

L'anxiété généralisée

Parfois l'anxiété peut porter sur tous les domaines de la vie. C'est ce qu'on appelle le trouble anxieux généralisé.

L'anxiété généralisée, aussi appelée "trouble anxieux généralisé" est une forme chronique, avec un fond anxieux permanent et une inquiétude diffuse, sans objet précis. Elle concernerait 4% de la population (source : Vidal) et peut être associée à une dépression, ou une autre forme d'anxiété (trouble panique, phobies, troubles obsessionnels compulsifs).

Petits conseils de vie pour grands anxieux

Une bonne hygiène de vie est vivement recommandée et contribue à diminuer l'angoisse : arrêt de l'alcool et du tabac, réduction de la consommation de café, pratique régulière d'un sport, respect de ses besoins de sommeil. Il doit y avoir un équilibre épanouissant entre la vie personnelle, le travail, les loisirs et le repos pour chasser l'anxiété. Des exercices de respiration, simples à mettre en oeuvre, apportent un certain soulagement et sont à faire plusieurs fois par jour. La méditation a un effet sur le stress et l'anxiété, et se pratique en se concentrant sur sa respiration, sur un mot ou une image, sur un son, en se centrant sur l'instant présent.

Le diagnostic nécessite la présence depuis plus de 6 mois des symptômes suivants :

  • une anxiété excessive, persistante et irrationnelle, dans la plupart des situations de la vie quotidienne ;
  • des difficultés majeures à se raisonner et à contrôler ses préoccupations ;
  • au moins trois des six éléments suivants : agitation, irritabilité, difficultés de concentration, troubles de la mémoire, troubles du sommeil, irritabilité, tensions musculaires.

Les thérapies, une efficacité prouvée

La première approche de prise en charge comporte les thérapies, de type cognitives et comportementales. Ces thérapies brèves apprennent à repérer les pensées anxieuses et les comportements inadaptés puis à apprendre de nouvelles manières de réagir (ce que les psys appellent une "restructuration de la pensée"). Elles sont aussi efficaces que les traitements médicamenteux dans le trouble anxieux généralisé et permettent de réduire les posologies des médicaments.

Les thérapies analytiques pourraient être efficaces chez certains patients, souffrant d'un trouble de la personnalité et permettraient au patient de comprendre pourquoi il a développé ce trouble anxieux.

Les médicaments : anxiolytiques et antidépresseurs

La prise de médicaments psychotropes peut se révéler indispensable et le médecin déterminera celui qui est le plus adapté. Ils sont en général prescrits en cas d'insuffisance ou d'échec de la thérapie, ou lorsque les troubles sont invalidants, pour passer le cap aigu. Ils ont une action brève car ils "anesthésient" l'angoisse, mais n'ont aucun effet sur leur cause.

Les traitements recommandés comportent les anxiolytiques, qui doivent être pris moins de 12 semaines puis arrêtés en réduisant très progressivement les doses. Les principaux médicaments utilisés sont l'alprazolam (Xanax®), le bromazépam (Lexomil®), l'oxazépam (Seresta®) ou encore le prazépam (Lysanxia®).

Une autre famille de médicament est utilisée : il s'agit de certains antidépresseurs qui ont une action sur l'angoisse, en dehors de leur action antidépressive. Il peut s'agir de l'escitalopram (Séroplex®), de la paroxétine (Deroxat®) ou de la venlafaxine (Effexor®).

La phytothérapie est souvent utilisée par les patients, avec des extraits d'aubépine, de passiflore, de valériane, etc., mais est habituellement insuffisante en cas de troubles anxieux. Elle est habituellement incompatible avec les médicaments.

En l'absence de traitement, le trouble devient chronique et peut s'aggraver : des attaques de panique (voir ci-dessous) se greffent sur l'anxiété chronique, une dépression peut survenir, une augmentation de la consommation d'anxiolytiques ou d'alcool, de cannabis. Avec le bon interlocuteur (certains médecins généralistes formés, psychiatre ou psychologue) et une prise en charge adaptée, le trouble anxieux peut s'améliorer et disparaître.

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L'attaque de panique

Ce trouble panique se définit par la survenue d'attaques de panique de façon imprévisible et répétée, au moins une fois par mois, associée à la crainte envahissante d'avoir une nouvelle crise d'angoisse (ce que l'on appelle l'anxiété anticipatoire).

Les symptômes sont variés : une peur intense avec l'impression que l'on va mourir ou que l'on perd le contrôle, des palpitations, le sentiment que l'on étouffe, des sueurs, des tremblements, un malaise général,… Celui qui en souffre est conscient du caractère irrationnel de ses peurs.

2 à 5% de la population serait confronté à un trouble panique, au cours de sa vie (source : Vidal) et le trouble touche davantage les femmes que les hommes. Il évolue de manière chronique et il n'est pas rare de voir une dépression, une dépendance à l'alcool, aux benzodiazépines, des TOC, une phobie... Il ne nécessite de traitement que s'il y a plusieurs attaques, que le patient souffre redoute avec angoisse la survenue de la prochaine attaque.

Quelle prise en charge ?

La prise en charge fait appel aux thérapies et/ou à certains médicaments antidépresseurs, les mêmes que ceux utilisés dans l'anxiété généralisée. C'est lorsqu'ils sont associés que la prise en charge est la plus efficace.

Les thérapies cognitives et comportementales ont une efficacité égale aux antidépresseurs après un délai de 3 à 6 mois. Elles agissent sur les symptômes, permettent au patient de comprendre comment il fonctionne et comment il peut sortir de l'angoisse. Il prend peu à peu conscience du caractère irrationnel et conditionné de ses peurs et apprend des techniques pour désamorcer les crises, à l'aide d'exercices de respiration abdominale profonde, en particulier.

Après 3 à 6 mois, l'efficacité de la thérapie est évaluée, et si elle est insuffisante, un médicament est prescrit, à l'aide de certains antidépresseurs (qui ont des vertus anxiolytiques et n'entraînent aucune dépendance, à l'inverse des anxiolytiques). Il doit être commencé à dose faible puis progressivement augmenté. Il est important de savoir que l'effet thérapeutique ne survient qu'au bout de 6 à 12 semaines

Le traitement est en général long, supérieure à 1 an, avec une diminution progressive des doses. Les mêmes conseils d'hygiène de vie (voir encadré ci-dessus) sont indispensables ; les exercices respiratoires, la relaxation et la méditation sont des aides conséquentes pour apprendre à gérer son angoisse.

L'activité physique intense, à raison de 45 minutes trois fois par semaine, pendant plusieurs mois, pourrait être intéressante dans la prévention des attaques.

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