Se nourrir sur 12 heures et non 24 pour perdre du poids ?

Pour maigrir, mieux vaudrait espacer le dîner et le petit déjeuner d'au moins 12 heures, selon une étude nord-américaine menée sur la souris. Une nouvelle piste pour lutter contre l'obésité, qui présenterait l'avantage de ne pas modifier le régime alimentaire des patients.

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Se nourrir sur 12 heures et non 24 pour perdre du poids ?
Se nourrir sur 12 heures et non 24 pour perdre du poids ?

Fini le grignotage nocturne… Pour perdre du poids, il pourrait être bénéfique de répartir ses trois repas quotidiens sur un maximum de 12 heures, selon une étude de l'Institut Salk de Californie, publiée le 2 décembre dans la revue Cell Metabolism.

L'obésité entraine un grand nombre de pathologies : maladies cardiovasculaires, cancers, diabète de type II ou encore stéatose hépatique (accumulation de graisse sur le foie).

Pendant 3 à 9 mois, les scientifiques ont suivi la courbe de poids de 400 souris. Alors qu'une partie des souris pouvait manger à volonté pendant toute la journée, l'autre partie était contrainte de tout absorber en 12 heures.

Résultat : les souris prenaient plus de poids quand leurs repas était répartis sur les 24 heures d'une journée. A l'inverse, quand les repas étaient condensés en 12 heures, les souris prenaient deux fois moins de poids. … tout en mangeant la même chose !

Pendant leur période de croissance, leur masse a augmenté de 26%, contre 65% pour celles qui mangeaient à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Des effets bénéfiques sur la santé

En plus de la perte de poids, le jeûne de 12 heures a montré, chez les souris, des effets bénéfiques sur certaines conséquences de l'obésité. Il aurait amélioré le taux de cholestérol, la tolérance au glucose et réduit l'insulino-résistance, ce qui induit une réversion des effets du diabète. Si ces résultats étaient confirmés chez l'humain, cette nouvelle méthode pourrait se révéler pertinente pour prévenir et traiter les troubles métaboliques liés à la surcharge pondérale.

Comment expliquer l'influence du jeûne sur les maladies métaboliques ? Si l'étude ne précise par pourquoi, plusieurs pistes sont actuellement explorées. Les chercheurs se penchent notamment sur le rythme diurne du microbiome (bactéries intestinales) qui influence fortement la perte ou la prise de poids. Autre voie : l'étude de la graisse brune. En opposition avec la graisse blanche, la "bonne" graisse brune forme une réserve bénéfique d'énergie, qui va brûler des calories, notamment pour faire monter la température du corps. Cette graisse pourrait s'activer différemment selon les périodes du jour ou de la nuit, et donc influencer cycliquement la consommation d'énergie.

Se permettre des écarts le week-end

Si le jeûne de 12 heures paraît prometteur pour lutter contre l'obésité, il reste à savoir s'il est réellement approprié à notre vie de tous les jours… Pour se rapprocher le plus possible de nos habitudes alimentaires, les chercheurs ont permis quelques écarts aux souris. Tous les week-ends, leur prise alimentaire n'était plus contrôlée, elles pouvaient manger à n'importe quelle heure, "un régime particulièrement applicable au mode de vie humain" explique l'étude. A long terme, elles prenaient certes du poids, mais de façon bien moins importante que les autres souris (augmentation de 29% de leur masse, contre 65% pour les non limitées sur une période de 3 mois). La recommandation de jeûner 12 heures n'aurait donc rien d'un dogme, et pourrait s'adapter au mode de vie.

Les méthodes classiques de perte de poids réclament habituellement des changements d'habitudes, parfois pénibles et "qui nécessitent une attention constante de la qualité et la quantité de la nourriture, ainsi que de l'activité physique. Leur succès a été limité à un petit pourcentage de patients. Donc, de nouvelles méthodes sont demandées" précisent les auteurs. En étant moins contraignant pour les patients, le jeûne de 12 heures pourrait bien faire naître de nouvelles pistes dans la prévention et la lutte contre l'obésité.

 

Source : Time-Restricted Feeding Is a Preventative and Therapeutic Intervention against Diverse Nutritional Challenges. A. Chaix, A. Zarrinpar, P. Miu, S.Panda. Decembre 2014, Cell Metabolism. DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.cmet.2014.11.001

 

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