Lingettes pour bébé : les années passent, les critiques persistent

Au fil des ans, les enquêtes des associations de consommateurs se suivent, et les conclusions se ressemblent : de nombreux produits de soins pour bébés contiendraient des substances soupçonnées d'être des allergènes ou des perturbateurs endocriniens, à des taux notablement élevés. Une enquête réalisée par 60 millions de consommateurs, publiée ce 23 octobre, fait le point sur ces produits.

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Lingettes pour bébé : les années passent, les critiques persistent

De nombreux cosmétiques courants intègrent dans leur formulation du propylparabène, du phénoxyéthanol ou du méthylisothiazolinone. Suspectées d'avoir des effets délétères sur la santé à partir d'une certaine concentration, ces substances sont surveillées de près par les autorités sanitaires.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques, naturelles ou artificielles, qui interfèrent (ou sont suspectées d'interférer) avec le système hormonal humain. 

Les seuils à partir desquels ces interférences surviennent, et ceux à partir desquelles elles deviennent dangereuses, varient d'une substance à l'autre. Dans certains cas, les effets délétères peuvent apparaître suite à la présence de très faibles doses du composé chimique.

Ces perturbateurs endocriniens sont suspectés d'avoir un impact sur la fertilité et d'être liés à l'augmentation du nombre de cancers dits hormono-dépendants, principalement ceux du sein et de la prostate.

Par mesure de précaution, ces dernières préconisent aux fabricants d'éviter d'employer un certain nombre de ces composés dans les produits à destination des jeunes enfants (dont l'organisme, en croissance rapide, est potentiellement plus sensible aux effets suspectés de ces produits). Des réglementations particulières voient également le jour. Ainsi, à partir du mois d'avril 2015, le propylparabène sera interdit "dans les produits sans rinçage à appliquer sur les fesses des enfants de moins de 3 ans".

Dans son dernier numéro, 60 millions de consommateurs a cherché à savoir si les préconisations sanitaires à l'égard de ces substances étaient suivies d'effets. L'association a analysé "cinquante-deux produits dédiés à la toilette des tout-petits": lingettes, crèmes pour le lange, liniments, crèmes et laits nettoyants, eaux nettoyantes, eaux micellaires... Constat : peu d'industriels prennent réellement en compte les mises en garde des autorités.

Une majorité de produits déconseillés

Sur les neuf lingettes étudiées, les auteurs de l'enquête estiment "que six ne devraient pas être utilisées pour les bébés."

"Nos tests pointent notamment la présence de phénoxyéthanol dans quatre références, alors que l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) déconseille son usage". En mars 2013, l'association avait formulé un constat similaire. "Un an et demi plus tard, rien n'a changé : les deux leaders du secteur, les lingettes Pampers® et Mixa bébé®, continuent à utiliser [ce composé chimique]".

Si les lingettes Poupina® ne comportent pas de phénoxyéthanol, selon les analyses de l'association, elles incorporeraient en revanche le fameux propylparabène. "Elles contiennent aussi deux substances allergisantes - l'hydrolysat de protéines de blé et le diazolidinyl urée - [ainsi qu'un] composé irritant, le propylène glycol" (un éther de glycol).

Selon 60 millions de consommateurs, les résultats "sont tout aussi affligeants" pour les laits nettoyants (sept sur les dix testés sont déconseillés par les enquêteurs) et pour les crèmes hydratantes (cinq sur sept déconseillées). L'une des eaux nettoyantes analysées (Biolane® "Eau pure H2O") contiendrait des taux élevés "de composés allergisants et sensibilisants".

Les enquêtes se suivent et se ressemblent

Il y a tout juste un an, l'UFC-Que Choisir avait mené une enquête similaire sur 34 articles de soins à destination des bébés. Des allergènes avaient été trouvés en "quantités significatives" dans douze lingettes et deux laits de toilette. Une proportion importante de produits n'indiquaient pas la présence de ces allergènes sur les étiquettes, alors même que la réglementation l'impose aux fabricants lorsque leur concentration dépasse 10 mg/kg.

Les tests avaient également révélé des concentrations de phénoxyéthanol supérieures aux seuils recommandés dans de nombreuses lingettes et des laits de toilette de nouveau incriminés aujourd'hui par 60 milions de consommateurs.

 

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