La FIV : un parcours du combattant joyeusement raconté en bande-dessinée

Le douloureux parcours du combattant de la fécondation in vitro est raconté, avec beaucoup d'humour et d'autodérision, par un homme : William Roy. Monteur, réalisateur et passionné de bande-dessinée, William Roy est l'auteur du livre "De père en FIV" (Ed. La boîte à bulles), dont il a réalisé le scénario et les dessins. Il était l'invité du Magazine de la santé ce mardi 17 juin 2014.

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Entretien avec William Roy, auteur de la BD ''De père en FIV''
  • Dans De père en FIV c'est votre histoire que vous racontez... 

William Roy : "Je suis en couple depuis 2003, ma femme étant plus jeune que moi et encore étudiante, nous avions décidé d'attendre un peu pour avoir un bébé. En 2006-2007, on s'y est mis mais cela n'a pas marché. Au bout de deux ans, on a commencé à passer des examens afin d'identifier le problème éventuel. Ce qui m'a frappé à l'époque, c'est qu'on a d'abord fait passer des examens à ma femme, puis seulement après à moi..."

  • Et en 2009, vous apprenez que le problème vient de vous…

William Roy : "Oui, j'apprends que je suis stérile. J'ai vécu cela très très très mal. Je n'avais jamais envisagé ça. C'était une atteinte à ma virilité. Je me suis senti inutile. C'était d'autant plus violent que je l'ai appris chez moi, devant mon écran d'ordinateur. Le laboratoire où j'avais fait les analyses m'avait donné un code pour avoir les résultats en ligne. Je n'y comprenais rien. Il y avait écrit 'Oligo-asthéno-tératozoospermie'. Le 'extrême' m'a inquiété. J'ai cherché sur Internet et là j'ai compris..."

  • Vous évoquez avec beaucoup d'humour les "conditions" du recueil de sperme…

William Roy : "Oui. Cela, je ne l'ai pas trop mal vécu, tant l'espérience était surréaliste ! La salle d'attente où tout le monde sait ce que vous venez y faire, les films qui vont avec, l'énorme bocal que l'on vous demande de remplir, puis de déposer devant la porte... C'est lunaire !"

  • Vous évoquez également les difficultés avec l'entourage…

William Roy : "La famille, ça a pris du temps, j'ai eu du mal à leur dire, chez moi on est très pudique... Les amis c'était autre chose : on aimait être avec eux mais, parfois, il était difficile pour nous de les voir faire de gros câlins à leurs enfants alors qu'on sortait, nous, d'un échec de FIV. Ma femme a su plus facilement que moi leur parler..."

  • Vous racontez aussi, toujours avec humour, les maladresses du milieu médical et la galère de ce parcours…

William Roy : "C'est l'accumulation qui est difficile : le côté administratif est très pesant (notamment les délais d'attente), c'est long de trouver le bon médecin (...) C'est en regardant votre émission que j'ai appris qu'un soutien psychologique était proposé aux couples dans notre situation. On ne nous a jamais rien proposé à nous mais finalement, ce livre aura été mon exutoire."

  • Vous dites aussi qu'il était difficile de voir que la stérilité venait de vous et que c'était votre femme qui subissait les traitements…

William Roy : "Je me suis senti très coupable. Les traitements hormonaux c'est long, pénible, contraignant, il faut se piquer à heure fixe...  Et moi je ne pouvais rien faire."

  • En arrière plan de cette histoire, vous évoquez votre père, avec qui vous avez toujours eu une relation assez distante… Pourquoi ?

William Roy : "Parce que quand j'ai décidé de faire ce livre je voulais quelque chose de plus universel que la FIV, une réflexion plus générale sur la paternité. En plus les circonstances ont fait que ce père, que je n'avais pas vu depuis 25 ans, a repris contact avec moi au moment où je n'arrivais pas à devenir père moi-même...

En savoir plus sur la FIV

Sur Allodocteurs.fr

Livre

  • De père en FIV
    William Roy
    Ed. La Boîte à Bulles, juin 2014

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