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Cannabis : une efficacité thérapeutique encore mal établie

Le cannabis et les médicaments dérivés sont couramment utilisés aux Etats-Unis pour soulager les symptômes de diverses maladies (contractions réflexes dans la sclérose en plaques, perte de l'appétit liée au sida…) ou diminuer les effets secondaires de certains traitements. Pourtant, pour la plupart des applications et des pathologies, les données scientifiques seraient encore insuffisantes pour conclure au bénéfice franc de ces thérapies, selon des travaux publiés ce 24 juin dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

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Cannabis : une efficacité thérapeutique encore mal établie
Cannabis : une efficacité thérapeutique encore mal établie

Ces dernières années, dans plusieurs états des Etats-Unis, le cannabis et ses dérivés ont pris une place de choix dans les pharmacies. Outre la réduction des douleurs chroniques, ils sont également couramment prescrits pour limiter les nausées liés à la chimiothérapie, stimuler l'appétit de patients atteints du sida, diminuer la spasticité (reflexes exagérés) liée à une sclérose en plaques ou à une paraplégie, réduire la dépression, les troubles anxieux, le sommeil, la psychose ou le syndrome Gilles de la Tourette, et appuyer le traitement du glaucome.

Des chercheurs européens et nord-américains ont passé au crible 79 essais, en s’intéressant aux résultats obtenus, non seulement en termes d’efficacité thérapeutique, mais aussi d’effets secondaires associés et d’amélioration de la qualité de vie des patients.

Des 75 études présentant une méthodologie solide, les chercheurs ont pu tirer quelques conclusions. Les cannabinoïdes seraient au moins 55% supérieurs à un placebo dans la réduction des nausées et des vomissements, tout au moins sur de petites durées. Concernant la spasticité et les douleurs, une réduction légère mais significative est également constatée.

Mais les risques d’effets indésirables à court terme sont nombreux. Vertiges, euphorie, nausées, vomissements, bouche sèche, fatigue, somnolence, désorientation, confusion et hallucinations. Leur fréquence est toutefois mal estimée.

En mettant ces données dans la balance, les chercheurs jugent que les arguments en faveur de l'utilisation des cannabinoïdes pour traiter la douleur chronique et la spasticité sont à ce jour "de qualité modérée". Concernant la limitation nausées et vomissements dans la chimiothérapie, les preuves sont jugées encore trop ténues. Les données semblent également insuffisantes pour conclure à un bénéfice pour limiter les troubles du sommeil, favoriser la prise de poids chez les personnes souffrant du sida, ou pour réduire les troubles associés au syndrome Gilles de la Tourette.

Source : A Systematic Review and Meta-analysis. P.F. Whiting et coll. JAMA. 24 juin 2015. doi:10.1001/jama.2015.6358