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Paralysie faciale : quand le visage se fige

Vous vous réveillez un matin avec un oeil qui a du mal à se fermer, la commissure d'une lèvre qui s'affaisse brutalement, un visage sans expression : c'est peut-être une paralysie faciale. Le plus souvent d'origine virale, cette affection disparaît au bout de quelques mois grâce à des médicaments et de la rééducation.

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Paralysie faciale : quand le visage se fige
Paralysie faciale : quand le visage se fige
Sommaire

Qu'est-ce qui permet à notre visage d'être expressif ?

Marina Carrère d'Encausse et Antoine Piau expliquent le fonctionnement du nerf facial

Une commissure de lèvre qui s'affaisse brutalement, un oeil qui reste entrouvert, un visage aux expressions figées et asymétriques... La paralysie faciale touche chaque année entre 15.000 et 20.000 personnes. Elle correspond à une atteinte du nerf facial. Les causes et les traitements sont variés.

Le nerf facial part du cerveau, au niveau du tronc cérébral. Il passe à l'intérieur de l'oreille à travers un petit conduit osseux et continue son chemin vers la glande parotide, la principale glande salivaire, avant de se diviser en plusieurs branches pour innerver notamment le front, les yeux, les joues ainsi que la bouche et une partie de la langue. Il commande les muscles de la mimique responsable des expressions du visage et le muscle de l'étrier, l'un des osselets de l'oreille moyenne.

Il existe deux types de paralysies faciales en fonction de la localisation de l'atteinte. Le plus souvent, l'atteinte touche le nerf à sa sortie du cerveau. On parle de paralysie périphérique. Il en existe plusieurs sous-catégories. La plus fréquente est la paralysie de Bell, plus connue sous le nom de paralysie a frigore car on pensait, autrefois, qu'elle était provoquée par un coup de froid. La cause serait en fait virale, liée au virus de l'herpès. Le nerf, attaqué par le virus, gonfle sous l'effet de l’inflammation et se retrouve comprimé dans le conduit osseux. Le résultat est caractéristique : la paralysie touche la moitié du visage, sur toute sa hauteur.

Plus rarement, la lésion du nerf est située plus haut, dans le cerveau. On parle dans ce cas de paralysie faciale centrale. L'origine n'est pas virale. La paralysie fait suite la plupart du temps à un AVC ou une tumeur par exemple. Le résultat n'est pas tout à fait le même que précédemment. La paralysie faciale concerne essentiellement le bas du visage et elle est souvent associée à une hémiplégie, c'est-à-dire à une paralysie de la moitié du corps.

Des traitements qui redonnent vie au visage

Attention images de chirurgie ! Quand la paralysie faciale est définitive, des chirurgies de réparation existent pour améliorer la mobilité du visage

Une paralysie faciale est traumatisante car elle touche à l'expressivité du visage, à l'identité même du patient. Les paralysies d'origine virale sont généralement bénignes, elles durent de quelques heures à plusieurs mois. Grâce à un traitement médicamenteux et à une rééducation appropriée, elles évoluent généralement de manière favorable.

Mais quand le visage est figé de façon définitive ou que les séquelles sont trop importantes, et si le nerf facial ne peut pas récupérer seul ou s'il a été sectionné, il existe des solutions chirurgicales qui vont permettre de redonner un peu de mobilité. L'intervention la plus fréquente consiste à raccorder le nerf facial à un autre nerf sain. C'est ce que l'on appelle une anastomose.

Si toutes les expressions ne peuvent pas être rétablies, une autre technique chirurgicale permet de rendre le sourire aux patients. Elle s'appuie sur l'utilisation du muscle temporal, muscle qui sert normalement à la mastication.

Une rééducation orthophonique pour retrouver le sourire

Dans 20% des cas de paralysie faciale ''a frigore'', une rééducation orthophonique s'avère nécessaire.

Si toutes les paralysies faciales ne nécessitent pas une opération chirurgicale, il faut toujours passer par une étape de rééducation. Et quelle que soit son origine, la paralysie faciale périphérique doit être prise en charge le plus tôt possible afin de limiter les séquelles à long terme.

La rééducation dépend bien évidemment de la sévérité de la paralysie. En moyenne, les patients récupèrent la motricité au bout de six semaines. Dans les autres cas, elles surviennent à la suite d'un traumatisme ou d'une affection comme une inflammation de la parotide ou encore d'une tumeur qui comprime le nerf facial. Ce dernier peut aussi être lésé lors d'une opération.

Les orthophonistes sont chargés de cette rééducation. Il faut faire travailler les muscles et les nouvelles connexions nerveuses pour rétablir la symétrie des expressions faciales.

Le recours aux injections de toxine botulique

La toxine botulique permet de détruire de façon réversible la jonction entre le muscle et le nerf. On obtient ainsi une paralysie partielle et localisée des muscles qui fonctionnent de trop.

À la fin de la rééducation, il arrive que certaines séquelles de la paralysie faciale subsistent, comme par exemple des spasmes ou des contractures musculaires… Dans ce cas, les médecins peuvent avoir recours à l'injection de toxine botulique.

De la chirurgie esthétique pour un visage plus symétrique

Le principe de l’opération

Depuis quelques temps, une autre technique venue des Etats-Unis beaucoup moins invasive, est pratiquée. Elle ne répare pas le nerf facial, mais permet au patient de retrouver un visage plus symétrique.

Avec une longue aiguille, le chirurgien introduit plusieurs fils sous la peau du visage, du côté paralysé. Ces fils possèdent des cônes qui vont, un peu comme des harpons, s'accrocher aux tissus sous-cutanés, et ainsi remonter les traits du visage.

Paralysie faciale et grossesse

Un traitement adapté et une rééducation régulière sont les clés d'une récupération la plus complète possible

Selon une étude, les femmes enceintes ont trois fois plus de risque de développer une paralysie faciale périphérique. Une paralysie qui survient le plus souvent en fin de grossesse ou dans le post-partum immédiat. Une centaine de patientes dans ce cas sont suivies à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière.

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