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Sanofi : problèmes des rejets toxiques réglés d'ici "mi-août" selon la direction

Le groupe pharmaceutique doit rendre les rejets de son usine de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) conformes à la réglementation. La production du site, qui fabrique l'antiépiléptique Dépakine, est suspendue depuis le lundi 9 juillet 2018.

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Sanofi : problèmes des rejets toxiques réglés d'ici
Crédit photo : ©Sanofi

"Nous avons bon espoir de régler les problèmes de sécurité dans les prochaines semaines", a déclaré Olivier Brandicourt, directeur général du groupe pharmaceutique français Sanofi. "Nous visons mi-août pour remettre le site sur les rails et redémarrer l'activité" a-t-il précisé à propos de l'usine de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), en arrêt pour maintenance depuis début juillet en raison de rejets toxiques hors norme.

La période de maintenance estivale de cette usine chimique produisant la Dépakine, un médicament antiépileptique lui-même au coeur d'un vaste scandale sanitaire, avait été avancée au 9 juillet par le groupe, après la révélation dans plusieurs médias d'un problème de rejets toxiques bien au-delà de la réglementation.

"Nous avons pris le sujet très au sérieux (...) et nous continuons à travailler avec les différentes agences de l'Etat", a précisé M. Brandicourt interrogé sur ce point lors d'une conférence téléphonique à l'occasion de la publication des résultats semestriels du groupe.

La préfecture exige une surveillance plus étroite

Il y a une dizaine de jours, à la suite d'un avis de l'Agence nationale de sécurité de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a notamment prescrit à Sanofi de nouvelles mesures pour réduire et traiter les rejets de bromopropane et de valproate de sodium de l'usine, réviser son évaluation des risques sanitaires et surveiller plus étroitement ses rejets dans l'environnement. "L'application stricte de ces nouvelles mesures conditionnera la remise en service" de l'usine, a souligné la préfecture.

Le bromopropane est un composé chimique du valproate de sodium, le principe actif de la Dépakine. Le bromopropane est particulièrement pointé du doigt car il a été classé potentiellement cancérigène et susceptible d'altérer la fertilité par l'Organisation Mondiale de la Santé. Il pourrait aussi nuire au développement du foetus et irriter les voies respiratoires et la peau. Or, des contrôles ponctuels ont révélé des dépassements de "90.000 fois et 190.000 fois la norme" autorisée, selon l'association environnementale France Nature Environnement (FNE). 

Des plaintes de plus en plus nombreuses

Une association de riverains de l'usine, l'Arsil, a déjà porté plainte contre Sanofi et les autorités administratives chargées de son contrôle pour "mise en danger d'autrui" et "administration de substances nuisibles". Des associations environnementales, France Nature Environnement (FNE) et Sepanso 64, ont également annoncé début juillet qu'elles comptaient également engager une procédure.

Sanofi n'a pas passé de provisions pour risques liés à ces contentieux, et ne prévoit pas un surcoût spécifique lié à ces travaux à Mourenx, qui entrent dans les "coûts normaux" de maintenance de ses sites industriels, a précisé mardi le directeur financier du groupe, Jérôme Contamine.

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