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Coronavirus et cancer : quelles recommandations pour les patients ?

La Ligue contre le Cancer met à disposition des personnes souffrant d’un cancer un numéro vert pour répondre à leurs questions sur le Covid-19. Elle rappelle qu’il ne faut en aucun cas interrompre les traitements anticancéreux.

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Coronavirus et cancer : quelles recommandations pour les patients ?
Crédits Photo : © coyot / Pixabay

Informer et rassurer. La Ligue contre le cancer met à disposition des patients un numéro vert, le 0800 940 939, et un espace forum sur son site (ligue-cancer.net) pour répondre à toutes leurs interrogations liées au coronavirus.

Et pour cause : "les personnes atteintes d’un cancer ont deux raisons de s’inquiéter du coronavirus" nous explique le professeur Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer. La première est "psychologique". Elle correspond à "l’inquiétude liée à une évolution de leur maladie ou à la perte d’efficacité de leur traitement".
La seconde est physiologique : "beaucoup de traitements anticancéreux baissent l’immunité et augmentent donc le risque d’infection et d’aggravation de l’infection virale" détaille le professeur Kahn.

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Ne pas arrêter les traitements

Mais même si ces traitements peuvent fragiliser l'organisme, il ne faut en aucun cas les arrêter. "Vous ne devez pas interrompre vos soins, parlez-en avec votre médecin", recommande ainsi La Ligue dans un communiqué publié le 10 mars. Si les traitements se déroulent à domicile, "restreignez sorties et visites" conseille l’association.
Si les traitements se déroulent en établissements de santé, "nous laissons les équipes soignantes garder la main sur le suivi des malades" confie le professeur Kahn.

Pour se rendre en centre de soin, "l’usage d’un véhicule sanitaire est plus prudent" recommande-t-il, en rappelant que c’est de toute façon "généralement prévu". Et si l’hôpital d’administration des soins est situé dans une zone active de l’épidémie du coronavirus, "une délocalisation est souhaitable et si les équipes sont suffisantes, le mieux est de réaliser les chimiothérapies à domicile", note Axel Kahn.

Gestes "barrières" quand les traitements sont finis

Pour les personnes en parcours de soins post-cancers sans signe évolutif, ce sont "les mêmes risques que la population générale, notamment ceux liés à l’âge". Elles doivent donc respecter "strictement" les consignes des autorités de santé, notamment les gestes "barrières" : se laver très régulièrement les mains au savon ou au gel hydro-alcoolique, tousser et éternuer dans son coude, éviter les bises et les poignées de mains et porter un masque chirurgical jetable en cas de symptômes.

Enfin, pour les personnes qui suivent des soins de supports post-cancers, en particulier dans les centres, espaces et antennes de la Ligue: "si les locaux sont dans des foyers épidémiques actifs, une interruption temporaire est préférable" précise le communiqué de l’association. Celle-ci recommande également de "ne pas se rendre dans des locaux ouverts" en cas de "signes cliniques, même modérés (rhume, toux, fièvre, fatigue accrue…)".

Eviter une "double peine"

Face à cette épidémie, "nous sommes tous un peu inquiets" reconnaît le professeur Kahn. "Mais ce que nous voulons éviter, c’est que les personnes traitées pour un cancer subissent l’inquiétude d’une double peine : celle de leur maladie et celles des risques liés à l’infection virale" précise-t-il.

Pour le moment, les scientifiques ne disposent pas d’études leur permettant d’avoir un bilan global du risque spécifique des patients atteints d’un cancer face au coronavirus. "Mais nous avons déjà des cas d’évolution sévère chez des personnes immunodéprimées contaminées par le Covid-19" précise Axel Kahn.

Quoi qu’il en soit, "tout ce que l’on sait de l’évolution des maladies virales chez les personnes immunodéprimées laisse peu de doutes" sur les risques liés à une infection au coronavirus avance le professeur. Selon la Ligue, environ 1,4 million de personnes souffrent actuellement d’un cancer en France.

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