1. / Sexo
  2. / Femme
  3. / Clitoris

Plaisir féminin : le clitoris, cet inconnu !

On l'appelle parfois pudiquement le "bouton de rose"... Seul organe du corps humain dédié spécifiquement au plaisir, le clitoris a longtemps été déconsidéré par la médecine. Et pourtant, il fait partie intégrante du sexe féminin.

Rédigé le , mis à jour le

Plaisir féminin : le clitoris, cet inconnu !
Plaisir féminin : le clitoris, cet inconnu !
Sommaire

Le clitoris, organe du plaisir féminin

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes présentent le rôle du clitoris.

Le clitoris fait partie intégrante du sexe féminin. Les parties extérieures du sexe féminin forment la vulve, avec au milieu, une fente. De chaque côté, on trouve deux bourrelets : ce sont les grandes lèvres. Elles recouvrent plus ou moins deux replis de muqueuses appelés les petites lèvres. Le clitoris est une petite zone située au sommet des petites lèvres, et recouverte par un repli de peau appelé le capuchon.

Comme le pénis, le clitoris est un organe érectile dont la partie apparente renferme à elle seule environ 8.000 fibres nerveuses, véritables capteurs de plaisir. Mais cet organe n'est pas si petit qu'on le croit… Le clitoris ne se limite pas à une protubérance d'environ un centimètre. Deux arches, deux racines d'une dizaine de centimètres entourent le vagin et l'urètre. Il s'agit donc d'un organe beaucoup plus grand qu'on ne l'imagine.

Le clitoris, toute une histoire

Le clitoris a longtemps été déconsidéré par la médecine.

Si le clitoris est connu depuis l'Antiquité, la littérature médicale ne lui a pas toujours fait honneur. Il faut dire que la science n'a jamais été très à l'aise avec le grand responsable du plaisir féminin.

Siège du plaisir féminin, le clitoris est un organe encore auréolé de mystères. Pourtant dès l'Antiquité, la jouissance de la femme occupe une place d'honneur. Hippocrate considéré comme le père de la médecine l'avait d'ailleurs décrété : il faut que la femme éprouve du plaisir pour procréer.

Le clitoris est cartographié dès le XVIe siècle sur les premières planches d'anatomie. En 1559, l'Italien Renaldo Colombo est le premier à le découvrir. Il le dissèque, le dessine avec précision et le place au cœur du plaisir. Comparant déjà cet organe à son homologue masculin, le pénis.

Pendant 200 ans, l'anatomie du clitoris se précise. Les vaisseaux sanguins, les nerfs, les muscles auxquels il est attaché font leur apparition dans les manuels. Puis plus rien. L'organe du plaisir finit par tomber dans l'oubli.

"En 1880, on découvre comment le spermatozoïde rentre dans l'ovule et on comprend aussi que l'ovule sort régulièrement en fonction du cycle de la femme et indépendamment du plaisir de la femme", explique Jean-Claude Piquard, sexologue clinicien. Le sexe ne sert donc qu'à une chose : la reproduction. Et l'idéologie prend le pas sur la science.

Mal à l'aise avec le plaisir féminin, la médecine accuse le clitoris. Hystérie, épilepsie, jaunisse… l'excitation sexuelle serait à l'origine de tous les maux. Sous l'égide de l'Eglise, la masturbation est prohibée et réprimée.

Pour soigner l'hystérie, il existe une méthode : libérer la femme de ses humeurs grâce au massage vulvaire. Un acte médical lucratif mais qui prend du temps. Alors à l'aube de l'industrialisation, les médecins mécanisent la tâche, l'ancêtre du vibromasseur est né.

Mais les années passent, on oublie cette pratique et le clitoris finit par disparaître des dictionnaires. Le plaisir féminin, c'est tabou et aujourd'hui encore, la médecine le délaisse. Une situation paradoxale dans notre société où le sexe est omniprésent. Le clitoris reste donc à découvrir, les voies de l'orgasme n'ont pas dévoilé tous leurs mystères.

Le clitoris a donc subi une série de désaveux idéologiques et scientifiques au cours des siècles. Mais on le comprend aussi : difficile de s'intéresser médicalement à un organe auquel aucune pathologie n'est associée.

La reconstruction du clitoris

Attention images de chirurgie ! Comment reconstruit-on le clitoris des femmes excisées ?

Les médecins ont surtout étudié le clitoris pour répondre à la douleur des femmes excisées. L'excision correspond à l'amputation de la partie apparente du clitoris, parfois accompagnée de la blessure des petites lèvres. Cette mutilation, 140 millions de femmes dans le monde l'ont subie. Elle est pratiquée dans environ 70 pays, en Afrique subsaharienne notamment, mais également dans certaines régions d'Asie ou d'Amérique centrale. En France, elles seraient entre 50.000 et 60.000 femmes à avoir été amputées de cet organe du plaisir.

Engagé depuis 30 ans dans le combat contre les mutilations sexuelles imposées aux femmes, l'urologue français Pierre Foldes a mis au point au début des années 1990 une technique de réparation du clitoris pour les femmes excisées. L'intervention consiste à reconstruire l'organe mutilé à partir de sa partie profonde, interne, non excisée, et toujours innervée.

En France, cet acte de chirurgie est entièrement remboursé par la Sécurité sociale. L'opération s'accompagne aussi d'un suivi psychologique important. Une étape clé dans le processus de guérison, qui permet également aux femmes excisées de diminuer leurs douleurs et de les aider à accéder au plaisir sexuel.

En savoir plus sur le clitoris

Sur Allodocteurs.fr

Besoin d'un conseil médical ?

Service proposé par

 logo MesDocteurs

Sponsorisé par Ligatus

Besoin d'un conseil médical ?

Nos médecins partenaires répondent à vos questions immédiatement 24h/24