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Ch@t : Sexe et grand-âge

Ch@t du 7 juin 2010 Avec les réponses du Pr. Gérard Ribes, psychiatre et sexologue et de Catherine Bergeret-Amselek, psychanalyste.

Rédigé le , mis à jour le

Ch@t : Sexe et grand-âge
Ch@t : Sexe et grand-âge
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Les réponses de Catherine Bergeret-Amselek, psychanalyste

  • J'ai 55 ans, mon compagnon 60 et nos rapports sexuels sont de plus en plus distants. Il est mal dans sa tête avec ça dit-il, il refuse mes caresses, les préliminaires sont oubliés, se masturbe pour avoir une érection. Quel comportement de ma part pour que ça aille mieux ?

Peut-être pourriez-vous tenter de parler avec lui pour "décoller" du rapport sexuel et réinjecter un espace affectif qui fasse repartir une nouvelle dynamique entre vous. D'autre part, pour ressusciter du désir chez lui, il serait bien de tenter de lui échapper quelque part, de l'intriguer, de lui manquer un peu car c'est grâce au manque que renait le désir de l'autre.

  • Je voudrais savoir si c'est normal après une opération du cancer du côlon, et une chimiothérapie de n'avoir après 2 ans, pas de réelles envies de relations sexuelles (je parle de mon mari qui a 57 ans, c'est son second cancer, celui-ci après un traitement assez fort qui lui a affaibli les terminaisons nerveuses) des pieds moins de sensibilité ?

Il faut de la patience pour que votre mari reprenne confiance en lui. Un tel traitement après un cancer est traumatisant. Comment est-il par ailleurs ? Déprimé ? Il serait bien qu'il aille voir son médecin pour voir s'il n'y a pas de conséquences physiologiques pouvant répercuter sur ses facultés sexuelles, mais il serait bien aussi qu'il puisse être accompagné psychologiquement dans cette phase encore sensible 2 ans après son opération. Ne perdez pas espoir, il vaut toujours mieux aller voir quelqu'un pour rien que de laisser les choses s'enkyster.

  • Femme de 61 ans, ménopausée depuis l'âge de 44 ans. Même avec du gel lubrifiant,  je les ai tous essayés, j'ai des douleurs et des brûlures terribles lors de rapports ? Existe-t-il d'autres solutions ?

Les brûlures, la sécheresse peuvent être la conséquence d'un déséquilibre hormonal. Aussi avez-vous la bonne gynécologue qui a su bien doser votre traitement ? Mais il ne faut pas minimiser comme je l'ai écrit dans mon livre "La femme en crise" la dimension psychologique de cette étape existentielle. A partir de 45 ans le tout nouveau rapport au corps et au temps peut provoquer une grande remise en question, de la déprime ce qui peut provoquer des brûlures locales qui sont la trace d'une angoisse qui se dit à travers le corps : à défaut de la mettre en "mots" elle s'exprime en "maux" ! La peur du contact, réapprivoiser un corps qui change, autant de raisons de se sentir remise en question dans sa féminité. Par contre, il ne faut jamais cesser de se mettre de la crème comme on en met au contour des yeux et de la bouche pour assouplir à la fois la muqueuse et se réapproprier ce lieu intime.

  • Quelle est la fréquence normale des rapports sexuels par semaine ? Je suis un homme, il m'arrive de passer toute une semaine sans que j'ai aucun désir, est-ce inquiétant ?

Peut-on quantifier le désir ? Il n'y a pas de norme. Le désir sexuel c'est un peu comme l'appétit, face à un bon plat, bien cuisiné, le plaisir de la dégustation ravit les papilles ! Tout dépend si vous êtes célibataire ou en couple, votre état de santé, ce qui vous arrive dans la vie. Il faut cesser de cantonner le sexuel à la performance pour se donner une liberté de laisser la place à l'imprévu.

  • L'amour est plus intense et savoureux après 50 ans car la connaissance des corps et des besoins amoureux... Caresses, baisers... Nous prenons le temps de faire plaisir à l'autre mutuellement et il faut toujours surprendre l'autre par des jeux érotiques en connaissant nos corps et souvent plus de tabous.

Bravo pour ce témoignage encourageant pour tous nos tchatteurs, il est vrai qu'avec l'avancée en âge c'est aussi l'occasion d'exprimer ses désirs et de lever les tabous qui nous empêchent d'être nous-mêmes. Cette capacité de jouer à laquelle vous faites allusion, d'échanger des regards, des caresses rend l'acte poétique car il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un acte d'amour !

  • J'ai un ami super gentil et respectueux et très amoureux mais hélas avec un micro pénis, une pénétration est impossible, tout passe par l'éjaculation buccale ce qui est un peu gênant à la longue. Que peut faire mon ami pour son sexe et y a-t-il un remède ?

Avant d'imputer l'impossibilité de la pénétration à la dimension de l'organe de votre partenaire, je vous propose de vous livrer à une petite introspection. N'avez-vous pas des réticences, des peurs ? Avec vos partenaires précédents, aviez-vous des problèmes avec la pénétration ? Votre partenaire en avait-il avec ses précédentes compagnes ? Ces questions pourront peut-être vous mettre sur la piste pour trouver le réel obstacle qui vous empêche de savourer pleinement la rencontre sexuelle. Vous semblez aussi avoir du mal avec la rencontre buccale ? Cela vous procure-t-il du dégoût ? Cela réveille-t-il d'autres scènes enfouies dans votre inconscient, c'est peut-être en suivant ce chemin que vous trouverez une nouvelle harmonie.

  • Est-ce normal que mon mari ressente une sensation de brûlure au niveau du pénis lorsque je le caresse ?

A moins que vos caresses soient maladroites et irritantes voire brutales, il me semble que ces brûlures sont la marque d'une intensité de contact qu'il ne supporte pas. Par ailleurs, a-t-il d'autres symptômes dans d'autres circonstances que l'acte sexuel lui-même ? Vous repousse-t-il quand vous voulez l'embrasser ? En a-t-il parlé à son médecin ? D'autre part, vous entendez-vous bien ? Le plus important est de décoder le sens de cette brûlure qui est sans doute le signe d'une blessure plus profonde.

  • L'andropause existe-t-elle réellement ? Si c'est le cas, à quel âge se présente t-elle, et quels en sont les signes ?

Un andrologue vous répondrait mieux que moi. Cependant, à partir de 55-60 ans, même si un homme ne subit pas la ménopause il a lui aussi à affronter un tout nouveau rapport à son corps et au temps. Il subit aussi un bouleversement hormonal et une certaine crise d'identité plus ou moins violente quand il prend conscience qu'il en est sensiblement au milieu de sa vie. Baisse de désir ou recherche d'une partenaire plus jeune pour se prouver que tout marche encore, autant de manifestations d'une andropause psychologique qui correspond à une crise existentielle, qui est aussi une occasion de grandir dans sa masculinité, de se repositionner dans la lignée des hommes de sa famille. Mais tous les hommes ne vivent pas une andropause bruyante et beaucoup ont une vaillante sexualité tardive et deviennent mêmes pères très tard !

  • Merci pour votre réponse sur le micro pénis de mon ami, d'autre part une question assez délicate à ce sujet concernant le rapport buccal est-il bon ou mauvais pour la santé d'avaler le sperme, j'aimerais avoir la réponse (si cette question n'est pas trop osée) ?

Beaucoup de femmes se posent cette question. Rassurez-vous, il n'en est rien. C'est une question en effet très personnelle. Ne parle-t-on pas du "pénis-biberon" ? Certaines femmes ont l'impression en buvant l'homme qu'elles aiment de fusionner complètement avec lui. Tout dépend du contexte de la relation, cet acte peut-être ou sordide ou très poétique.

  • Est-ce que l'andropause peut-être passagère chez un homme (5 ans quand même)? Il me semble que c'est le cas de mon mari ?

Vous avez raison, il me semble que l'andropause psychologique est une expérience de passage qui correspond à une étape de transition. Pour certains hommes, il faut plusieurs années pour accepter les transformations progressives de leur corps et de leurs différentes capacités : sportives, intellectuelles, sexuelles. Quand ils ont intégré qu'ils ont commencé de vieillir, une nouvelle énergie les gagne, ils viennent de passer un cap et, comme après chaque crise existentielle, une nouvelle dynamique psycho-biologique les anime à nouveau.

  • Merci de votre réponse, mais je dois préciser que non seulement je n'ai plus de désir, mais j'ai même aucun plaisir (ou très très peu) durant une éjaculation, voir même une petite douleurs, brûlure, (de temps en temps) à l'éjection du sperme, cela peut-il venir de ces 10 ans d'abstinence ?

Avez-vous pensé à consulter un urologue ? Il serait aussi intéressant d'aller parler à un psy pour parler de votre histoire. Un homme peut très bien avoir du désir sans érection et peut très bien avoir une éjaculation sans orgasme. Le désir est beaucoup plus subtil et il me semble que derrière le problème technique que vous décrivez se blottit une peine affective qu'il serait bon d'explorer. Une peur, un manque de confiance en vous. A quoi vous renvoie cette brûlure ? Avez-vous repéré à quel moment de l'acte vous vous coupez de vos sensations ? Est-ce que c'est la même chose quand vous vous masturbez ? Il s'agit peut-être plus d'un problème de rencontre de l'autre alors que finalement vous fonctionnez très bien physiquement, ne perdez pas courage la virilité ne peut jamais se mesurer en terme de performance !

  • J'aimerais avoir votre avis objectif sur le THS en ce qui concerne le risque de cancer du sein ? (nombreux antécédents familiaux). Depuis que je l'ai arrêté j'ai des bouffées de chaleur, baisse de la libido importante.

En effet, si vous avez des antécédents de cancer du sein dans votre famille il faut être prudent, mais quel est le degré de parenté des personnes atteintes dans votre famille ? D'autre part, il y a différentes façons de prescrire un traitement hormonal. C'est le travail d'un bon gynécologue de connaitre ces nuances. Un traitement hormonal micro-dosé sous forme d'un gel qu'on applique sur la peau allié à la prise d'une progestérone naturelle n'aura pas le même effet et les mêmes conséquences qu'un traitement hormonal par patch administré à forte dose. Il faut trouver le ou la bon(nne) gynécologue, je vous l'accorde cela n'est pas facile. D'autre part, l'homéopathie, l'acupuncture ainsi que la phytothérapie peuvent avoir des effets bénéfiques. Cela ne fait bien sûr pas l'économie d'un cheminement intérieur qui aide à intégrer et à dépasser les turbulences de cette étape délicate. Sachez qu'après la ménopause on retrouve une sacrée vitalité et que la féminité n'a pas fini d'éclore !

Les réponses du Dr Gérard Ribes, psychiatre et sexologue

  • Agée de 62 ans je ne me sens pas prête à accepter le cunnilingus et la fellation. Est-ce normal ?

Vous avez tout à fait le droit de poser vos limites.

  • Nous nous entendions très bien sexuellement, il ne me repousse pas mais depuis un an nous avons moins d’envie. Il ne connait pas les préliminaires. Il n’accepte pas que nous ne soyons plus comme avant. Je n’ai pas les mots pour le rassurer. De plus, il refuse de voir un médecin. Que faire ?

C'est compliqué... Car en effet il faudrait qu'il puisse consulter.

  • Suite à un cancer de la prostate soigné par hormonothérapie, peut-il y avoir une non production de sperme ? Est-ce qu’on peut penser que cela reviendra après le traitement d’une durée de trois ans ?

Les traitements hormonaux vont en effet modifier le sperme au bout d'un certain temps, il peut y avoir une évolution.

Baisse de la testostérone.

  • Pouvez-vous me dire si les crèmes palliant la sécheresse vaginale sont les mêmes que les lubrifiants que l’on trouve partout en grandes surfaces ou non ?

Elles sont à peu prés identiques.

L'andropause concerne peu d'hommes car elle correspond à une baisse de testostérone. Si elle est corrigée les problèmes de sexualité évoluent favorablement.

Plus manque de désir.

Il existe des crèmes qui permettent de corriger la sècheresse vaginale. Elles se trouvent dans toutes les pharmacies.

  • Jusqu’à quel âge peut-on avoir des rapports sexuels ? Est-ce qu’il est plus difficile avec l’âge d’atteindre l’orgasme ?

Jusqu'à la fin de ses jours. Par contre on n’est jamais dans l'obligation d'avoir une sexualité, il faut que cela corresponde à un besoin, à un désir. Il est en effet plus difficile d'atteindre l'orgasme en vieillissant cela nécessite une stimulation plus importante.

  • Jusqu’à quel âge peut-on faire l’amour ?

Jusqu'à la fin de la vie.

  • Mon ami vient de subir une ablation de la prostate par coelioscopie à l’âge de 62 ans (les nerfs érectiles n’auraient pas été touchés). Pensez-vous qu’il aura une vie sexuelle normale par la suite et combien de temps après l’opération ? Il est très inquiet sur ce sujet.

Si les nerfs érecteurs n'ont pas été touchés, il pourra en effet reprendre une vie sexuelle. Très souvent après une opération il est nécessaire de recourir à un traitement à type d'injection pour préserver les capacités érectiles avant la reprise de la sexualité. Très souvent l'inquiétude des hommes âpres l'intervention rajoute des difficultés.

  • Quels genres de problèmes les personnes du troisième âge rencontrent-t-ils quand ils font l’amour ?

Les mêmes que les plus jeunes.

  • Ma femme ménopausée depuis environ 3 ans est atteinte de sécheresse vaginale . Sa libido n’existe plus. Y a-t-il un moyen efficace pour y remédier ? Actuellement nous employons une crème. Les hormones sont-elles dangereuses ?

Il n'y a pas de relation entre sécheresse vaginale et trouble du désir. Pour la sécheresse vaginale l'utilisation de la crème est très bien. Les traitements hormonaux ont en effet des effets positifs sur la libido mais dans des âges plus avancés (70 ans). La question serait peut-être : comment allez-vous vous rendre désirable ?

  • J’ai 36 ans et cela fait 19 ans que je suis avec mon mari et plusieurs années que je n’ai pas de désir. Suis-je normale ?

La routine est souvent un élément important pour la disparition du désir. Comment allez-vous casser la routine ? Par contre, vous n'êtes pas "anormale".

  • Septuagénaire : 4 stents-oxygénothérapie 24h00/24h00. Pas de partage ni de communication du couple, aucun effort physique de sa part. Je ne peux plus depuis un an moralement et physiquement, d’où de l’agressivité et des menaces de séparation pour aller dans une maison de retraite mais je ne veux pas.

Vous avez le droit de ne pas vouloir avoir une sexualité. La communication est un élément clé pour une sexualité agréable.

  • Je suis infirmière de 28 ans et je me demande si le pénis rétrécit avec l’âge ? Il m’est en effet très difficile de réaliser certains soins (sondage) sur plusieurs de mes patients.

Oui.

  • Mon mari a eu un cancer du côlon avec chimio il y a 2 ans, certaines terminaisons nerveuses notamment des pieds ne sont pas revenues complètement et les relations sexuelles sont inexistantes depuis lors, à savoir que c’est son second cancer, cela aurait il une cause à effet ?

On peut penser qu'il existe en effet une relation de cause à effet qui empêche une érection chez votre mari. Par contre la sexualité ne se résumant pas à l'érection, les caresses peuvent être un bon "palliatif" pour garder une relation sexuelle.

  • Alors que nous vivons ensemble depuis une dizaine d’années, je n’ai plus envie de mon mari ni de quiconque. Le problème c’est que lui a encore envie de moi. Qui peut nous aider ? Mon mari a 65 ans et moi 50 à peine.

Très souvent les problèmes de désirs existent après un certain temps de vie commune si cela pose un problème dans votre relation de couple je ne pourrai que vous conseiller de voir un sexologue.

  • Je suis une future infirmière, que peut-on faire pour favoriser la sexualité des résidents dans des établissements type EHPAD ? Car on voit maintenant beaucoup de refus pour des couples et surtout dans la même chambre. J’ai l’impression que les soignants ne l’acceptent pas. Que faire ?

La question principale en EHPAD est la question de l'intimité et de comment on la protège.

  • Est-il normal pour un homme de 80 ans d’avoir un rapport sexuel tous les jours avec une petite érection sans pénétration ? Il est parkinsonien sous Lévodopa, Carbidopa pour la tension. Masturbation jusqu’à l’éjaculation parfois trois fois par jour !

Cela n'est pas anormal si cela correspond à ses besoins. La difficulté est peut être pour vous si vous êtes la partenaire.

  • Est-ce que les séniors se forcent plus qu’avant à avoir des relations sexuelles par convention sociale ?

Non, mais avant le sujet était tellement tabou que ça n'était pas évoqué. Par contre, quelque soit l'âge la sexualité n'est jamais une obligation.

S'il n'y a pas de contre indication les médicaments pour l'érection ne sont pas dangereux. Par contre il vaut mieux les considérer comme des palliatifs qui vont permettre de se rassurer et de reprendre une activité sexuelle sans médicaments.

  • Est-il normal qu’un homme de 59 ans qui n’a jamais apparemment eu de tendances homosexuelles, regarde des photos d’hommes faisant l’amour ?

La question ne se pose pas en termes de normalité ou d'anormalité mais de fantasmes.

  • J’ai 56 ans et suis abstinent depuis 10 ans. Or depuis 2 ans, je n’ai plus aucun désir et je n’ai plus d’érection, même en regardant un film X. Est-ce normal âpres une si longue période sans rapport ou au contraire ? Dois-je consulter ?

Il est normal après un temps d'abstinence d'avoir une diminution du désir et des érections.

  • Si ni l’un ni l’autre n’est demandeur (lui peut être à cause du cancer) cela peut il mettre le mariage en péril ?

Si ni l'un ni l'autre n'est demandeur, ne vous créez pas des obligations.

  • Est-il normal d’avoir des relations sexuelles qu’à partir du mariage ? C’est à dire peut être à 30 ans ?

Chacun est libre de mener sa vie comme il le souhaite.

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