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La greffe, du prélèvement à la transplantation

En France, plus de 18.000 patients sont en attente de greffes d'organe, environ 5.000 greffes sont réalisées chaque année, selon l'Agence de la biomédecine. Comment se déroule le prélèvement ? Quels organes peut-on greffer ? Comment se passe la transplantation ? Comment exprimer son accord ou son refus pour un don ?

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La greffe, du prélèvement à la transplantation
La greffe, du prélèvement à la transplantation
Sommaire

Coordonner le prélèvement

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Comment se déroule le lien avec les familles lors du prélèvement ?

Accidents de la route, accidents vasculaires cérébraux ou crises cardiaques, c'est une mort inattendue qui peut donner lieu au prélèvement d'organes. Et la première difficulté est de connaître la volonté du défunt. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de parler du don d'organes de son vivant.

Le prélèvement d'organe

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Attention, images d'intervention chirurgicale : huit chirurgiens prélèvent tour à tour un organe différent.

Le nombre de greffes augmente chaque année. Cette augmentation s'explique par une meilleure organisation des prélèvements ainsi qu'une amélioration des techniques chirurgicales des greffes. Des techniques de mieux en mieux maîtrisées qui amplifient les chances de survie du patient après la greffe et sa qualité de vie.

Les organes sont prélevés chez des personnes en état de mort encéphalique. Ce terme signifie que son cerveau a été détruit de manière irrémédiable. Les médecins vérifient cet état en mesurant l'absence de circulation du sang dans le cerveau ou en réalisant deux encéphalogrammes, donc deux enregistrements de l'activité du cerveau, à quatre heures d'intervalle minimum. Ils doivent montrer une activité nulle, sans réactivité.

En France, selon l'Agence de la biomédecine, on enregistre chaque année environ 500.000 décès. Le nombre de personnes en état de mort encéphalique recensées représente un peu plus de 2.500 décès par an sur environ 250.000 décès hospitaliers en service de court séjour. Toute personne en état de mort encéphalique est un donneur potentiel d'organes ou de tissus.

Toute personne est considérée consentante au don d'éléments de son corps après sa mort, en vue de greffe, si elle n'a pas manifesté son opposition de son vivant. En cas de décès, le médecin recherchera, après interrogation du registre national des refus géré par l'Agence de la biomédecine, l'absence d'opposition du défunt auprès de ses proches. Les équipes médicales se renseignent auprès de la famille du patient sur les vœux de ce dernier en matière de don d'organes.

En attendant le prélèvement, la respiration et l'activité du cœur de la personne en état de mort encéphalique sont maintenues artificiellement, grâce à des appareils.

Une fois que la famille a donné son accord pour donner les organes, c'est une course contre la montre qui s'engage. L'Agence de la biomédecine contacte les médecins qui ont des patients en attente de greffe. Le receveur est alors convoqué à l'hôpital, alors que le chirurgien qui va effectué la transplantation va lui même chercher le greffon...

La transplantation d'organes

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Attention, images d'intervention chirurgicale : les chirurgiens réduisent le volume des poumons du donneur pour l'adapter au receveur.

Chaque année, en France, selon l'Agence de la biomédecine, on réalise environ 2.500 greffes de rein, 900 greffes de foie, 320 greffes de cœur, 150 greffes de poumons, 20 greffes de cœur-poumons, 100 greffes de pancréas et quelques-unes d'intestin. Certains tissus peuvent aussi être greffés, il s'agit en particulier des cornées, avec plus de 4.000 greffes.

Les greffes d'organes sont effectuées chez des patients dont un organe malade est incapable d'assurer ses fonctions. On compte 12.000 malades en attente de greffe pour près de 4.000 donneurs par an...

S'il s'agit d'un rein, la personne est en insuffisance terminale rénale. Si c'est le cœur, on parle d'insuffisance cardiaque. Cette insuffisance survient au terme de maladies chroniques souvent longues, mais la greffe est parfois une urgence, provoquée par une infection gravissime.

Les patients atteints de mucoviscidose, par exemple, doivent parfois y recourir. Cette maladie génétique peut toucher les bronches, le pancréas, les organes reproducteurs et parfois, le foie et l'intestin grêle. En fait, elle touche les glandes contenues dans ces organes. Normalement, celles-ci produisent un liquide appelé "mucus" qui tapisse et humidifie l'intérieur des canaux présents dans les bronches ou le tube digestif.

Dans le cas de la mucoviscidose, ce mucus est trop épais et collant. Les principaux symptômes sont une toux et des bronchites à répétition provoquées par l'accumulation du mucus dans les bronches.

Cette maladie n'est pas curable. En ce qui concerne les poumons, des séances de kinésithérapie sont associées à des fluidifiants pour rendre le mucus moins épais. Mais lorsque les poumons ne fonctionnent plus, il faut recourir à la transplantation pulmonaire.

Vivre après la greffe

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Les rejets de l'organe greffé sont les problèmes majeurs dans le suivi d'une transplantation.

La principale difficulté au cours d'une transplantation est le rejet de l'organe greffé. Les défenses immunitaires du receveur le considèrent en effet comme un intrus et s'attaquent à lui. Pour éviter cette réaction, il faut donc prescrire des médicaments qui affaiblissent complètement les défenses immunitaires : les immunosuppresseurs, appelés communément médicaments anti-rejet.

Les patients greffés doivent donc prendre toute leur vie plusieurs médicaments par jour, et cela peut altérer progressivement le fonctionnement des reins.

Mais heureusement, les personnes greffées retrouvent souvent une qualité de vie aussi bonne qu'auparavant. On estime aujourd'hui à 36 580 le nombre de personnes vivant avec un organe greffé.

Le don : pour ou contre ?

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Parler du don d'organe est la meilleur façon de faire respecter ses volontés.

Les besoins en greffons restent néanmoins très importants. Dans ce contexte de pénurie, il est donc essentiel de rappeler l'importance, pour chacun, de réfléchir à la question du don d'organes et prendre une minute pour en parler.

En France, c'est la loi du consentement présumé qui s'applique : on présume que toute personne est donneuse. Mais la loi demande également que l'équipe médicale s'efforce de recueillir auprès des proches du défunt le témoignage de son non-refus au don d'organes.

Transmettre sa position à ses proches, afin qu'ils puissent témoigner de la volonté ou non après la mort lorsqu'un prélèvement est envisagé, est une démarche essentielle et parfois vitale pour les patients en attente de greffe.

Il n'existe pas de registre où exprimer son consentement pour le don d'organes mais il est par contre possible de s'inscrire sur le Registre national des refus ou, à défaut, de transmettre son opposition à ses proches. Le don est gratuit et anonyme.

En savoir plus sur le don d'organes

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