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Amiante : des victimes en mal de reconnaissance

Pendant plus de vingt ans, près de 1.800 personnes ont travaillé dans "le Tripode" : un bâtiment de Nantes truffé d'amiante. Lorsque les opérations de désamiantage ont commencé, 350 tonnes de cette fibre dangereuse pour la santé ont été extraites. Des représentants d'anciens travailleurs sont reçus aujourd'hui au ministère de la Fonction publique pour plaider leur cause.

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La majorité des anciens travailleurs étaient fonctionnaires et de ce fait, ils ne bénéficient pas des mêmes droits que les salariés du privé exposés à l'amiante.

Le quartier du Tripode sur l'île Beaulieu à Nantes porte un nom qui rappelle son histoire. À la place des immeubles se dressait il y a quelques années un bâtiment de dix-huit étages, le Tripode. Un immeuble rempli d'amiante vidé de ses occupants en 1993 et détruit en 2005. Pendant des années, 1.800 personnes ont travaillé quotidiennement au contact de l'amiante. Premières victimes : les personnes chargées de l'entretien du bâtiment. Certaines d'entre elles souffrent aujourd'hui d'un épaississement de la plèvre et de gênes respiratoires.

Les agents du Tripode meurent six ans plus tôt

Aujourd'hui, ces anciens travailleurs se battent pour que tous les anciens du Tripode, même ceux qui ne sont pas malades, puissent partir en pré-retraite amiante et obtenir une indemnisation pour préjudice d'anxiété. Car tous vivent sous la menace de l'amiante. Un matériau présent partout.

L'intersyndicale se réunit régulièrement pour faire le point sur les dernières avancées du dossier. L'immense majorité des anciens du Tripode étaient fonctionnaires : employés de l'INSEE, du ministère des Finances ou des Affaires étrangères. Il y a quelques semaines une étude épidémiologique a montré que les anciens du Tripode meurent en moyenne six ans plus tôt que les travailleurs d'un groupe témoin.

La bataille des amiantés du Tripode

Une information qui ne fait que renforcer l'anxiété des anciens employés du Tripode mais comme ils sont fonctionnaires, ils n'ont pas les mêmes droits que les salariés d'entreprises privées touchés par l'amiante. "Les salariés du régime général, eux, peuvent bénéficier lorsqu'ils ont travaillé dans un site amianté de la réparation de leur préjudice d'anxiété, c'est-à-dire l'inquiétude générée par l'exposition à l'amiante. Or, les agents du Tripode eux ont été massivement exposés aux poussières d'amiante mais aujourd'hui, ils ne sont pas indemnisés de ce préjudice d'anxiété. C'est la raison pour laquelle nous avons agi devant les tribunaux administratifs", explique Me François Lafforgue, avocat d'anciens du Tripode.

Indemnisations, départs en pré-retraite… les salariés du Tripode veulent bénéficier des mêmes droits que les salariés du régime général. Pour eux, c'est une question d'égalité, mais aussi de dignité.

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