1. / Maladies
  2. / Peau
  3. / Zona

Zona : quand le virus de la varicelle refait surface

Douleurs aiguës, paralysies... si le zona laisse encore de terribles séquelles, c'est qu'il avance souvent masqué, et profite des faiblesses de l'organisme. Toute la difficulté est de le diagnostiquer et de le traiter le plus vite possible.

Rédigé le , mis à jour le

Zona : quand le virus de la varicelle refait surface
Zona : quand le virus de la varicelle refait surface
Sommaire

Qu'est-ce que le zona ?

AD_zona_intro_140415.flv
Michel Cymes et Benoît Thevenet expliquent le zona.

Eruptions cutanées, sensations de brûlures persistantes, et s'il s'agissait d'un zona ? Cette maladie infectieuse causée par le réveil du virus de la varicelle, plusieurs années après la première infection, peut s'avérer très douloureuse. Ce virus est l'herpes virus varicellæ ou varicelle zona.

Les personnes qui ont contracté la varicelle dans leur jeunesse, gardent toute leur vie ce virus. Il s'installe à vie dans les ganglions nerveux. Ces ganglions sont présents à chaque sortie des nerfs de la colonne vertébrale. Habituellement, notre système de défense parvient à maintenir ce virus bloqué dans les ganglions. Mais lorsque nos défenses immunitaires sont faibles, que l'on est stressé ou fatigué, ce virus peut, du jour au lendemain, se réactiver et sortir du ganglion. Mais au lieu d'aller dans le sang où il serait bloqué par les anticorps anti-varicelle, il va prendre les voies nerveuses pour se déplacer.

Une sensation de brûlure, de picotement apparaît alors dans la zone d'émergence du nerf atteint et tout au long de son trajet. Puis des plaques rouges parsemées de vésicules surgissent dans des zones correspondantes au trajet du nerf atteint par le virus. Par exemple, si c'est un nerf intercostal, ce sera le buste. Si c'est un nerf crânien, le cou et le cuir chevelu. Au bout de quelques semaines, ces éruptions finissent par sécher et disparaître. Mais la douleur peut persister, c'est ce qu'on appelle des douleurs post-zostériennes. On estime qu'une personne sur quatre y sera confrontée au cours de sa vie.

Le zona est une maladie douloureuse et invalidante qui risque donc de toucher toute personne ayant déjà eu la varicelle dans sa vie, soit environ 95% de la population française.

Zona : un vaccin préventif existe

2015-04-14-AD-zonavaccin-VF-82947_logo.flv
L'arrivée du vaccin zona en pharmacies est prévue en septembre 2015 si les autorités de santé s'entendent sur son taux de remboursement.

La moitié des cas de zona se développe chez les personnes âgées de plus de 60 ans avec des conséquences parfois sérieuses pour les plus fragiles. Pour limiter la survenue du zona dans cette population, un vaccin a reçu une autorisation de mise sur le marché en 2006. Il n'est pas encore disponible à la vente car les autorités de santé doivent fixer son prix.

Aujourd'hui on sait que l'expression du virus est liée au système immunitaire et touche davantage les personnes âgées. "Chez les plus de 85 ans, on a plus de 50% de risque de faire un zona. (Cela s'explique) par une immunité cellulaire diminuée  avec le vieillissement à partir de 50 ans. Par ailleurs, un certain nombre de médicaments prescrits aux personnes âgées (corticoïdes, immunosuppresseurs…) peuvent y contribuer. Enfin un certain nombre de facteurs psychologiques comme le stress… peuvent aussi intervenir. Mais le premier facteur reste la baisse de l'immunité cellulaire", explique le Dr Arach Madjlessi, gériatre.

Pour contrer le zona, un vaccin préventif a donc été élaboré. Chez le sujet âgé, les défenses immunitaires appelées lymphocytes T sont moins performantes contre le virus du zona présent de façon latente dans l'organisme. Le vaccin vient donc renforcer ces cellules de défense. Elles se multiplient et sont de nouveau capables de maîtriser le virus. Il reste alors endormi sous la garde de ces cellules qui l'empêchent de se répliquer et d'attaquer.

Utilisé aux Etats-Unis et au Canada depuis dix ans, le vaccin anti-zona est bien toléré. "Ce vaccin est recommandé pour les patients âgés entre 65 et 74 ans. On sait que plus l'âge avance, plus les douleurs augmentent et plus le risque de douleurs post-zostériennes, c'est-à-dire persistantes au delà de trois mois, augmente", constate le Dr Christophe Trivalle, gériatre.

En France, le Haut Conseil de la santé publique a émis un avis sur cette vaccination. Il considère que le vaccin zona a fait la preuve de sa capacité à réduire le poids de la maladie, c'est-à-dire l'intensité et l'incidence des douleurs post-zostériennes de plus de 60% et l'incidence du zona, par exemple les hospitalisations de plus de 50%. Une seule injection de ce vaccin sera nécessaire pour protéger l'organisme contre le zona. Il est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées.

Zona : savoir reconnaître la maladie

2015-04-14-AD-zonaophtalmiqueconsult-VF-82948_logo.flv
Le zona ophtalmique doit être pris en charge rapidement sous peine de graves détériorations de la vue.

Tout commence, en général, par une fatigue, une petite fièvre, souvent accompagnée de maux de tête et surtout de picotements localisés sur la peau.

Quelques jours après ces premiers symptômes, l'éruption apparaît sous la forme de plaques rouges qui démangent ou font même très mal. Elles se recouvrent rapidement de petites vésicules blanches qui vont sécher pour donner des croûtes qui tomberont en quelques semaines. Le zona va cheminer dans une voie nerveuse et selon le nerf concerné, les manifestations varieront.

Zones de localisation. Une fois sur deux, le zona se localise au niveau du thorax, du fait de l'atteinte d'un ganglion rachidien. Les plaques sont alors situées sur le buste, le long des côtes, suivant le trajet d'un nerf intercostal. Ces plaques peuvent aussi se situer sur un bras, une cuisse, l'abdomen... et sont toujours unilatérales.

Les zonas qui atteignent les nerfs crâniens sont également courants. Le plus fréquent d'entre eux est le zona dit "ophtalmique". On estime que 5 à 15% des zonas sont localisés au niveau de l'oeil. Ce type de zona concerne avant tout les personnes âgées ou immunodéprimées. L'atteinte concerne le front, les paupières et parfois, ce qui est plus grave, la conjonctive et la cornée. Conduits auditifs, tympans peuvent aussi être touchés. Pour ce type de zona, le traitement est d'emblée lourd. Il consiste à prendre de la morphine, de la cortisone pour atténuer la douleur et un puissant antiviral pour faire disparaître le zona.

Il faut se préoccuper du zona ophtalmique car les séquelles sont fréquentes et environ 50% des patients touchés par un zona ophtalmique vont souffrir de pathologies chroniques de l'oeil, voire d'une baisse de l'acuité visuelle. Le suivi de ces personnes est donc indispensable.

Les complications du zona

ad_zona_consultation_101012.flv
En 2005, Laure a eu un zona au niveau thoracique. Aujourd'hui les douleurs persistent toujours.

Les douleurs du zona sont connues pour être insupportables. Elles surviennent durant l'infection, mais peuvent aussi perdurer ou revenir des mois plus tard. Les plus fréquentes, et difficiles à traiter, sont les douleurs qui accompagnent l'éruption mais qui peuvent persister des semaines, voire des mois. L'autre risque est que les vésicules se surinfectent, ce qui survient surtout lorsqu'on les gratte.

Chez les personnes immunodéprimées, le zona peut se généraliser donnant lieu à des brûlures très importantes. Il peut aussi devenir chronique. Les poussées se succèdent et durent plusieurs mois. Cas plus rare, le zona laisse des lésions neurologiques.

Les complications du zona crânien peuvent aller jusqu'à une inflammation de la cornée ou de l'iris. Quelque fois même, on constate une paralysie temporaire de l'œil.

Les complications du zona dit "ophtalmique" : s'il n'est pas pris en charge à temps, certains patients souffrent alors de glaucome ou encore d'atteinte de la rétine. Ces éventuelles complications imposent une surveillance ophtalmologique presque quotidienne.

Et quand la douleur persiste plusieurs mois après un zona, il est conseillé de se faire suivre dans un centre antidouleur. Certains anti-épileptiques et certains antidépresseurs peuvent soulager ces douleurs dites "neuropathiques". Des emplâtres de lidocaïne, un agent anesthésiant, ont une efficacité et une des solutions proposées est l'électrostimulation.

Quand le zona paralyse le visage

AD_zona_reeducation_131011.flv
Séance de kinésithérapie pour le visage

Lorsque le zona touche le visage, il peut provoquer une paralysie faciale très handicapante qui exige une rééducation spécifique.

Le zona des villes et le zona des champs...

ad_zona_guerisseur_101012.flv
Comment un guérisseur traite-t-il le zona ?

Il y aurait presque le zona des villes et le zona des champs... car loin de la capitale, le recours au "coupeur de feu" est beaucoup plus fréquent.

Mais face aux limites de la médecine classique, les guérisseurs peuvent aussi être recherchés en région parisienne pour arrêter les brûlures et pratiquer un "barrage" de zona.

Voir aussi