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Vitiligo, quand la peau perd sa couleur

Le vitiligo est une maladie qui provoque une dépigmentation de la peau. Quelles sont les causes de l'apparition de ces taches blanches ? Quels sont les traitements du vitiligo ? Qu'est-ce que le maquillage correcteur ?

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Vitiligo, quand la peau perd sa couleur
Vitiligo, quand la peau perd sa couleur
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Qu'est-ce que le vitiligo ?

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent le vitiligo.

Le vitiligo est une maladie de peau qui provoque l'apparition de zones dépigmentées sur le corps. Des sortes de "taches blanches" plus ou moins importantes en fonction du type de vitiligo et du stade de la maladie. Ces taches correspondent à l'absence de mélanine, un pigment qui nous protège des rayonnements UV et qui est produit par notre peau.

La peau est formée de trois couches : l'épiderme, le derme et l'hypoderme. La mélanine est produite dans la couche la plus profonde de l'épiderme, dans les mélanocytes (cellules en forme d'étoile). Les pigments de mélanine vont ensuite se fixer sur des kératinocytes à la surface de la peau. Et plus les kératinocytes sont gorgés de pigments, plus la peau est foncée. Dans le vitiligo, les mélanocytes sont détruits. La production de mélanine est donc stoppée et la peau reste blanche.

Pendant longtemps, le vitiligo a été considéré comme une maladie psychosomatique car le stress joue un rôle indéniable dans l'aggravation de certains vitiligos. Le vitiligo est en tout cas une maladie complexe et on sait aujourd'hui qu'il peut être lié à des facteurs génétiques, notamment des gènes liés au système immunitaire. D'ailleurs dans certains cas, le vitiligo est associé à des maladies auto-immunes : diabète ou problèmes de thyroïde.

Il existe plusieurs formes de vitiligo. Souvent, les zones blanches apparaissent sur le visage, les pieds, les mains, les articulations ou les parties génitales et de façon grossièrement symétrique : il s'agit du vitiligo généralisé. Dans d'autres cas, les taches ne touchent qu'une partie du corps : on parle alors de vitiligo segmentaire.

En France, on estime que 900.000 à 1,2 million de personnes sont touchées par le vitiligo. Le vitiligo ne provoque aucune douleur physique et il n'est absolument pas contagieux. Pourtant, il doit être considéré comme une dermatose grave car il engendre assez souvent un mal-être psychologique chez les personnes atteintes.

Comment traiter le vitiligo ?

Quels sont les traitements du vitiligo ?

Le vitiligo est une maladie évolutive. Les taches peuvent s'étendre sous l'effet de frottements répétés, de pression sur la peau ou même d'inflammation… C'est ce qu'on appelle le phénomène de Koebner.

Les plaques dépigmentées sont sensibles au soleil : elles rougissent plus rapidement que le reste du corps. Il faut donc les protéger avec un écran solaire d'indice élevé.

En fonction du stade et du type de vitiligo, différents traitements médicaux peuvent être envisagés. Ils ont pour objectif de stimuler la multiplication des mélanocytes encore présents. Malheureusement, il n'existe pas de solution miracle et certaines taches restent difficiles à traiter.

Dans une phase de poussée, il faut d'abord stopper l'avancée de la maladie. Un traitement par corticothérapie peut alors être proposé. Dans le vitiligo, la photothérapie s'avère aussi efficace. Ce traitement par la lumière permet de relancer la production de mélanine à partir des réserves situées dans la peau ou dans les poils. Les zones glabres comme les mains ou les pieds sont donc les plus difficiles à traiter.

"Au contraire, le visage est relativement simple à repigmenter et les traitements sont efficaces. Il faut être patient. On dépigmente beaucoup plus facilement qu'on ne repigmente, mais si on est patient, si on accepte la contrainte du traitement et du temps, on peut repigmenter dans le vitiligo en tout cas sur les zones les plus affichantes comme le visage", explique le Pr Khaled Ezzedine, dermatologue.

Lorsque qu'une tache de vitiligo est stabilisée depuis plusieurs années, les dermatologues peuvent aussi envisager des greffes mélanocytaires. Dans ce cas, le médecin va prélever une zone de peau pigmentée (souvent dans le cuir chevelu), puis il va la greffer sur la zone touchée… Les résultats sont variables en fonction des patients.

Même si le vitiligo n'est pas rare, il est préférable d'être suivi par un dermatologue qui connaît bien la maladie. Mais en France, les consultations spécialisées sont encore trop peu nombreuses et les listes d'attente sont particulièrement longues.

Apprendre à vivre avec le vitiligo

Le maquillage correcteur permet de masquer la dépigmentation due au vitiligo.

Le vitiligo ne provoque aucune douleur physique et il n'est absolument pas contagieux. Pourtant, le vitiligo doit être considéré comme une dermatose grave car il engendre assez souvent un mal-être psychologique chez les personnes atteintes. Le vitiligo a en effet un impact psychologique très important, puisqu'il est très visible. À l'hôpital, les patients peuvent aussi rencontrer une psychologue pour surmonter ces difficultés... En effet, une prise en charge psychologique est parfois nécessaire pour lutter contre le stress et l'anxiété que génère cette maladie.

Une maquilleuse peut aussi apprendre à se maquiller de manière spécifique, c'est ce que l'on appelle le maquillage correcteur. Mais il faut s'habituer à vivre avec cette maladie. Certaines associations, comme l'association française du vitiligo, proposent aussi des ateliers de maquillage depuis de nombreuses années.

Autobronzant, poudre ou fond de teint… Dans les ateliers de maquillage, tous les participants ont du vitiligo. Ils y apprennent des techniques simples pour dissimuler la dépigmentation dont ils sont victimes. Pour se maquiller, la solution la plus permanente, c'est l'autobronzant. Un produit à utiliser avec parcimonie mais qui a l'avantage de durer trois ou quatre jours.

Pas question pour autant de parler de camouflage mais plutôt de maquillage correcteur pour se montrer sous son meilleur jour. Car si le vitiligo ne provoque aucune douleur physique, il n'est pas sans conséquence sur le plan psychologique comme l'explique Jean-Marie Meurant, président de l'association française du vitiligo : "L'impact psychologique du vitiligo se traduit principalement par le fait du regard de l'autre, en tout cas de la perception que les malades atteints de vitiligo ont du regard de l'autre. Il se traduit aussi par des formes de stigmatisation. C'est au travers de ce regard, des regards appuyés de la part de personnes qui ne sont pas malades du vitiligo mais qui voyant un malade, regardent les mains, le visage, posent des questions, ont un regard interrogatif...".

Les ateliers sont animés par des maquilleurs et des psychologues. Ils sont présents pour répondre à la souffrance de certains malades. Une souffrance qui vient parfois du caractère imprévisible et évolutif de la maladie. Ces ateliers de maquillage permettent aussi aux malades de rencontrer des personnes concernées par la même pathologie. En Europe, entre 1 et 2% de la population serait atteinte de vitiligo.

Les personnes atteintes de vitiligo doivent prendre certaines précautions et éviter les crèmes, peelings et lotions aux acides de fruits, ainsi que tous les cosmétiques éclaircissants, comme ceux permettant la décoloration des cheveux. Ils ne doivent pas non plus manipuler de l'eau de javel ou oxygénée.

Il est très important aussi de ne pas rester seul et de ne pas minimiser le retentissement psychologique et social du vitiligo.

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