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Vertiges, oreilles et manipulations

Chaque semaine, en France, 300.000 patients consultent pour un vertige. D'où vient le sentiment que l'environnement tourne autour de soi ? Pourquoi ne peut-on le contrôler ? Que faire pour ne plus les subir au quotidien ?

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Vertiges, oreilles et manipulations
Vertiges, oreilles et manipulations
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Qu'est-ce que les vertiges ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent les vertiges.

Une impression de tangage, d'instabilité et la sensation d'être passager d'un manège particulièrement désagréable… Ces maux sont peut-être des vertiges. Leurs causes sont multiples : problème d'oreille interne, de vision ou encore de posture.

En situation normale, notre corps maintient son équilibre de manière inconsciente et automatique. Pour cela, il a besoin de se repérer dans l'espace. Le cerveau reçoit en permanence des signaux d'organes "informateurs" : les plantes des pieds, les muscles et les articulations contiennent des capteurs de pression qui informent le cerveau. Les yeux précisent la position de la tête. Les organes de l'équilibre qui se trouvent dans l'oreille interne apportent des informations sur les mouvements du corps dans l'espace.

Enfin, le cervelet (situé à l'arrière du cerveau) intègre toutes ces données et distribue les ordres pour maintenir l'équilibre. Si l'un de ces centres d'information apporte au cerveau des données discordantes, nous ressentons une sensation de vertige.

L'oreille joue donc un rôle fondamental dans le maintien de l'équilibre. Elle contient la cochlée (organe de l'audition) mais aussi l'appareil vestibulaire, l'organe de l'équilibre. Il comporte principalement le vestibule et les trois canaux semi-circulaires qui sont dirigés dans les trois plans de l'espace et sont perpendiculaires les uns par rapport aux autres. Ils nous renseignent sur la position de notre tête.

Les cavités de l'appareil vestibulaire sont tapissées de cellules ciliées et sont remplies d'un liquide gélatineux (l'endolymphe) dans lequel on trouve des cristaux de carbonate de calcium (les otolithes). Les mouvements de la tête font bouger les cristaux et le liquide. Le liquide stimule alors les cils qui induisent une impulsion nerveuse au niveau des cellules sensorielles. Elles envoient un message au cerveau, via le nerf vestibulaire, qui interprète l'information et renseigne le corps sur sa position dans l'espace.

Déterminer la cause du vertige

Les vertiges entraînent des pertes d'équilibre très handicapantes.

Il y a de nombreuses causes de vertige, la plus fréquente étant le vertige positionnel paroxystique bénin. Il touche quatre millions de personnes chaque année, deux fois plus de femmes que d'hommes et peut commencer dès l'âge de 20 ans. Il se déclenche lors d'un changement de position, en se levant, se couchant ou encore en se retournant dans son lit. Il arrive souvent en deuxième partie de nuit. La personne a l'impression que la chambre tourne autour d'elle.

Le vertige peut s'accompagner de nausées ou de vomissements. En revanche, il n'y a généralement pas de problème auditif. Il ne dure en général que dix à vingt secondes, mais se répète. Il est donc inutile d'attendre que le vertige cesse de lui-même. Il faut consulter un ORL.

Plus on vieillit, plus le risque d'être atteint de troubles de l'équilibre est important. Au centre de recherche du CHU de Dijon, médecins et ingénieurs étudient la marche de personnes âgées de 65 à 90 ans ayant chuté au moins une fois au cours des six derniers mois. Leur objectif est de trouver les causes des pertes d'équilibre des personnes âgées.

Vertiges : établir un diagnostic

Les différents tests permettent d'orienter le diagnostic des vertiges.

Pour faire un diagnostic précis des vertiges, il est nécessaire de réaliser une batterie de tests. Ces examens analysent les mouvements oculaires et mesurent les réactions des différents éléments de l'oreille interne. Le bilan est généralement assez long et se fait dans un cabinet d'oto-rhino-laryngologiste spécialisé.

Un tour dans un fauteuil pour traiter les vertiges

Le fauteuil de diagnostic permet de faciliter les manipulations et de remettre les cristaux en place.

Ces vertiges sont parfois très perturbants, mais ils ne constituent pas une maladie. Ils n'en sont que l'expression, le symptôme qui doit faire rechercher l'affection en cause. Il est en général inutile de lancer une batterie d'examens, comme le scanner ou l'IRM : neuf fois sur dix, un examen clinique suffit.

Il est complété par un examen que l'on appelle "vestibulaire", du nom de l'organe de l'équilibre. Pour rendre l'examen vestibulaire plus performant, un médecin ORL exerçant dans le Vaucluse a perfectionné le fauteuil généralement utilisé. Il en a créé un qui sert à la fois de moyen de diagnostic et de traitement, puisqu'il permet de remettre les cristaux en place.

Pour les patients qui souffrent de vertige positionnel paroxystique bénin, les manipulations fonctionnent bien, puisque neuf fois sur dix, ces vertiges disparaissent.

Une rééducation pour retrouver l'équilibre

Des exercices d'équilibre permettent aux patients de retrouver une autonomie.

Quand la cause des vertiges est connue, on peut commencer une rééducation. Une rééducation très spécifique, peut aider le corps et le cerveau à s'adapter et à compenser d'importantes sources de déséquilibres. Les exercices sont adaptés à chaque patient et stimulent les différentes fonctions de l'équilibre.

Vertiges : le traitement par injections transtympaniques

Comment réalise-t-on les injections de corticoïdes transtympaniques ?

Certains vertiges ne sont pas améliorés par la prise de médicaments par voie orale. Dans certains cas, si le médecin ORL le juge nécessaire, une série d'injections de corticoïdes directement dans l'oreille peut être proposée aux patients.

La première étape de ce traitement consiste à injecter un anesthésiant. Deux heures sont nécessaires pour endormir tout le conduit auditif et la membrane du tympan réputée très sensible. Le médecin aspire alors le surplus de produit anesthésiant pour obtenir un conduit auditif parfaitement propre.

Dans cette oreille complètement endormie, il peut ensuite directement injecter des corticoïdes. L'aiguille traverse la membrane du tympan pour déposer le produit dans une petite fenêtre de l'oreille moyenne. "Les corticoïdes sont de puissants anti-inflammatoires qu'on utilise dans d'autres domaines que l'ORL. Et on pense que certains de ces mécanismes aigus de surdité, de vertiges sont liés à une inflammation directement au niveau de l'oreille interne et donc c'est contre cette inflammation locale qu'on veut lutter", explique le Dr Michel Kossowski, médecin ORL.

La tête du patient est ensuite inclinée vers le bas pour permettre aux corticoïdes d'atteindre l'oreille interne, la zone à l'origine des vertiges. Objectif : concentrer l'action des anti-inflammatoires pour réduire la pression des liquides dans l'oreille interne et ainsi atténuer les symptômes.

"Les injections de corticoïdes transtympaniques ne sont pas un traitement de diffusion courante, ce n'est pas non plus un traitement miraculeux et il y a des risques comme dans tout geste et notamment le fait de percer le tympan peut provoquer des micro-perforations résiduelles. Ce traitement n'est donc pas un traitement de routine", prévient le Dr Kossowski.

Les patients reçoivent entre deux et quatre injections sur une période de quinze jours. Difficile de prédire l'efficacité de ce traitement. Ses effets étant variables.

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